Publicité

F1 : Nouveautés, favoris, chances françaises... Que faut-il attendre de la saison 2024, qui commence cette semaine ?

Le 75e championnat du monde de Formule 1 débute ce samedi avec le Grand Prix de Bahreïn, à 16h. Avant l’entame de cette nouvelle saison, il est heure de présenter ce qui pourrait être un exercice à sens unique comportant malgré tout son lot d’intérêts à plusieurs échelles.

Quels changements pour la saison 2024 ?

Qui dit nouvelle saison, dit nouvelles monoplaces. L’objectif pour chaque écurie étant de concurrencer Red Bull, beaucoup d’entre elles vont essayer de s’inspirer de ce qui était présent sur la monoplace autrichienne la saison passée et de ce qui le sera cette saison puisque des modifications sont effectuées tout au long de chaque saison afin d’améliorer les performances.

Côté technique, la principale nouveauté par rapport à la saison 2023 concerne une petite ouverture sur le châssis. Appelée écope de refroidissement, cette ouverture permettra aux pilotes de bénéficier d’un certain niveau de refroidissement en cas de chaleur extrême. L’écope de refroidissement sera située au-dessus de l’extrémité du châssis avec une taille réglementée afin qu’aucune équipe n’en tire le moindre avantage. Cette nouveauté intervient après un Grand Prix du Qatar 2023 qui s’est déroulé dans des conditions extrêmes, contraignant notamment Logan Sargeant à abandonner la course au 40e tour, trop épuisé pour aller au bout.

Nouveauté toujours, si les dix constructeurs présents sur le plateau restent les mêmes, les sponsors principaux ont changé pour deux d’entre eux. Avec le départ d’Alfa Romeo, l’écurie Sauber a établi un partenariat avec la société de casino en ligne Stake. En attendant l’arrivée d’Audi qui devrait intervenir en 2026, l’écurie Sauber se nommera au moins pour cette saison "Stake F1 Team".

La deuxième écurie du groupe Red Bull, anciennement nommée AlphaTauri, change elle aussi de nom. Avec l’arrivée d’un nouveau sponsor, elle s’appellera désormais Visa Cash App RB Formula One Team. Tout le monde l'appellera "Racing Bulls".

Quel calendrier ?

Autre changement, le calendrier à 24 Grands Prix. Cette saison sera la plus dense de l’histoire avec le retour des Grands Prix d’Emilie-Romagne (annulé la saison dernière en raison d’inondations) et de Chine (annulé entre 2020 et 2023 à cause du Covid).

Sur ces 24 Grands Prix, trois d’entre eux auront lieu le samedi avec Bahreïn (2 mars), Arabie saoudite (9 mars) et Las Vegas (23 novembre).

Six courses sprint auront lieu au cours de la saison (Chine, Miami, Autriche, Austin, Brésil, Qatar) avec un nouveau format de week-end proposé par la Fédération internationale de l’automobile (FIA).

Ce format est composé d’une séance d’essais libres le vendredi, suivie de la qualification pour le sprint. La course sprint se déroulerait le samedi matin et serait suivie de la qualification pour le Grand Prix le samedi après-midi. Ce même Grand Prix ne bougera pas et restera programmé le dimanche.

Qui pour stopper Verstappen ?

Après le règne de Mercedes au championnat constructeurs entre 2014 et 2021, Red Bull a repris le flambeau depuis deux saisons. Un pilote nommé Max Verstappen y est pour beaucoup. Triple champion du monde en titre, le Néerlandais est de nouveau favori à sa succession. Les essais hivernaux ont démontré que Red Bull était au-dessus des autres écuries et l’écurie autrichienne est favorite pour conserver chez elle les titres de champion du monde pilotes et constructeurs, pour la troisième saison consécutive.

La semaine passée, Fernando Alonso était d’ailleurs très lucide sur la saison à venir. "Je n’ai pas de boule de cristal. Mais je pense que Max Verstappen est le champion du monde et Red Bull domine ce sport. Pour le moment, nous devons juste les observer et voir comment ils se comportent. Je pense que 19 pilotes dans le paddock savent déjà qu'ils ne seront pas champions du monde. Cela arrive 99% du temps dans une carrière sportive. C'est un sport brutal."

Que peut-on espérer d’Alpine et des pilotes français ?

Côté français, après une saison 2023 décevante, conclue à la 6e place du classement constructeurs, l’écurie Alpine est repartie de zéro avec son A524 et il ne faudra pas s’attendre à de grandes choses en début de saison. L'équipe française a des objectifs sur le long terme.

Bruno Famin, directeur d’Alpine Motorsports et Alpine F1 team, s’est exprimé sur le sujet de l’A524. "Nous savions que ce ne serait pas un début de saison facile. Accepter ces défis fait partie de la Formule 1 et il est important que nous travaillions tous très fort pour développer l’A524 dans les semaines et les mois à venir. La voiture a une bonne base, que nous pouvons et que nous allons développer tout au long de la saison."

Face aux médias, Pierre Gasly et Esteban Ocon ont tiré le même bilan que leur patron. Gasly n’est pas encore satisfait de sa voiture. "Nous savons évidemment que nous ne sommes pas là où nous voulons être en termes d’équilibre et de performances de la voiture. Et les sensations ne sont pas aussi bonnes que nous l’aurions souhaité. Certains objectifs n’ont pas été atteints en termes de délais, mais cela ne veut pas dire que nous ne pourrons pas les atteindre à un moment ou à un autre de la saison."

Avec les problèmes de surpoids de la monoplace mais aussi le manque d’appui aérodynamique, Esteban Ocon veut être optimiste et laisser du temps à son équipe pour améliorer la voiture. "Il va falloir du temps", estime-t-il. "Je suis sûr qu'il y a beaucoup de choses que nous pouvons encore améliorer, mais ça prendra du temps via le développement de la voiture."

Pourquoi l'affaire Horner a-t-elle perturbé l'avant-saison ?

Le transfert de Lewis Hamilton chez Ferrari a presque été relégué au second plan avec cette affaire, et la confirmation de la suprématie Red Bull aussi. Christian Horner, patron de l'écurie autrichienne, s'est trouvé pris dans la tempête ces dernières semaines. "L’affaire Horner" a débuté le 5 février quand le Telegraaf néerlandais a annoncé que le patron de Red Bull était visé par une enquête interne pour comportement "inapproprié" avec une collègue. Le 9 février, Christian Horner a été auditionné par son entreprise dans le cadre de cette enquête.

Moins d’une semaine après son audition, Red Bull devait présenter sa monoplace pour la saison 2024, le 15 février. Les doutes subsistaient sur la présence, ou non, du patron du team autrichien lors de ce moment important. Horner était finalement bien là et sa présence aurait pu être le signe d’une affaire qui se calme. Mais le Telegraaf a ensuite dévoilé qu’Horner aurait tenté de garder l’affaire secrète le plus longtemps possible, allant même jusqu’à proposer 760.000 euros à la plaignante, pour étouffer l’affaire.

Présent avec son écurie lors des essais hivernaux à Bahreïn la semaine passée, Christian Horner est du voyage à Sakhir pour le premier Grand Prix qui aura lieu ce week-end. Son sort est désormais connu puisque l’écurie Red Bull l'a blanchi ce mercredi, au terme de l'enquête interne.

Quels sont les autres enjeux à avoir en tête ?

Si Red Bull est bien l’équipe à battre, Ferrari veut revenir au sommet et semble posséder une voiture très performante pour la saison 2024. Si la Scuderia pourrait embêter Red Bull en qualifications, elle risque d’être encore trop courte pour regarder droit dans les yeux la monoplace autrichienne pendant tout un Grand Prix. Frédéric Vasseur (patron de l’écurie Ferrari) travaille sur cet objectif avec son équipe mais il faudra lui laisser du temps pour réellement rivaliser, peut-être en 2025 pour l’arrivée de Lewis Hamilton ?

Le septuple champion du monde britannique va en effet quitter l’écurie avec laquelle il a battu tous les records à l’issue de la saison. Avec sa W15, Mercedes semble avoir progressé après une saison 2023 sans aucune victoire. Le team dirigé par Toto Wolff est encore loin de Red Bull et Ferrari cependant. Cette saison devrait être celle de la transition dans l’écurie allemande avec un George Russell qui sera probablement au centre des préoccupations pour prendre le leadership occupé par Lewis Hamilton.

Pour Hamilton, il faut cependant espérer que sa dernière saison se passe de la meilleure des manières malgré un départ acté. Des pilotes comme Sebastian Vettel chez Ferrari, ont vécu une dernière saison plus que compliquée dans leur écurie, sur fond de tension permanente et d’absence de résultats.

Les écarts sont déjà là entre ce qui devrait être les trois écuries de tête pour la saison 2024. Après ce trio, d’importants écarts sont également à prévoir au sein du peloton. McLaren et Aston Martin pourraient venir jouer les trouble-fêtes tout en restant dans le top 5 comme la saison passée.

Un peu en retrait lors des essais hivernaux, les deux écuries semblent pour le moment parties pour être moins en vue que la saison passée.

Où suivre la saison de F1 2024 ?

Si la saison 2024 n’atteindra - a priori - pas un niveau de dramaturgie similaire à 2021 lors du premier sacre de Max Verstappen en tant que champion du monde, elle pourrait avoir un intérêt plus important que 2023. Ferrari progresse et pourrait se rapprocher de Red Bull, Lewis Hamilton voudra bien figurer pour son jubilé chez Mercedes et Alpine, dont on n’attend rien sur ce début de saison, pourrait offrir de belles surprises en cours d'année si le développement de sa monoplace avance.

Les courses seront à suivre sur Canal+, ainsi que sur les antennes de RMC. Toute l’actualité de la Formule 1 est également à suivre sur l'app et le site RMC Sport.

Article original publié sur RMC Sport