Des tensions entre Macron et Le Maire? Le ministre dément tout "désaccord de fond"

Après Emmanuel Macron, au tour de Bruno Le Maire de se vouloir rassurant. Le ministre de l'Économie et des Finances a assuré à la presse ce vendredi 12 avril qu'il n'y avait aucun "désaccord de fond" entre le chef de l'État et lui-même, lors d'un déplacement à Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis.

"Le débat est clos", a-t-il assuré. "Le président a rendu son arbitrage, ses décisions seront appliquées", a encore promis le ministre sur les mesures pour lutter contre le déficit.

Questionné sur son maintien ou non au ministère de l'Économie et des Finances jusqu'à la fin du mandat d'Emmanuel Macron, en 2027, Bruno Le Maire se montre prudent. "Ce n'est pas moi qui décide", rappelle-t-il.

Jeudi, Emmanuel Macron avait déjà balayé tout "désaccord" avec son ministre de l'Économie qui l'accompagnait lors d'un déplacement à Bergerac, en Dordogne.

Des désaccords internes?

Les relations entre Emmanuel Macron et son ministre de l'Économie Bruno Le Maire, qui cultive volontiers sa différence, se sont crispées ces dernières semaines autour du dérapage budgétaire.

Alors que le ministre avait évoqué un possible budget rectificatif pour 2024, le président a publiquement désapprouvé ce projet. "On doit répondre au choc conjoncturel" encaissé fin 2023, a estimé jeudi le chef de l'État.

Pour cela, "on garde le cap (plein emploi, réindustrialisation, réarmement de nos services publics) et on ferme tout de suite l'hypothèse de dire qu'on va régler ce choc conjoncturel par plus d'impôts, maladie française", a-t-il soutenu.

Rétropédalage de Le Maire sur les médicaments

Fin mars, Bruno Le Maire avait évoqué l'augmentation de la franchise des médicaments de 50 centimes à 1 euro, tout en appelant à "une prise de conscience collective sur la nécessité de faire des choix dans nos dépenses publiques".

"C'est une façon de dire le médicament ça ne peut pas être open bar", avait-il défendu.

Le ministre avait finalement rétropédalé quelques heures plus tard, son entourage évoquant une "incompréhension" sur sa réponse. "Il avait en tête des franchises des médicaments, pas le prix des médicaments", avait assuré Bercy.

Des ambitions pour 2027?

Alors que l'actuel locataire de l'Élysée ne pourra pas se représenter en 2027 et que son ex-Premier ministre Édouard Philippe est déjà candidat, les possibles ambitions présidentielles de Bruno Le Maire interrogent.

En mars dernier, notamment, Bruno Le Maire a publié "La voie française", un livre aux allures de programme politique dans lequel il met en avant sa vision politique, mentionnant la fin de l'État-providence à la française ou la souveraineté européenne.

Mi-mars, le locataire de Bercy s'est dit néanmoins "totalement engagé dans les élections européennes" de juin prochain au JDD, tout en évitant la question de 2027.

Mercredi 10 avril, la France a indiqué anticiper pour 2024 un déficit public de 5,1% du PIB, et non plus 4,4%, ce qui nécessitera de trouver encore 10 milliards d'euros supplémentaires cette année, pour un retour à 2,9% du PIB en 2027.

Article original publié sur BFMTV.com