Colombie: Le président Petro annonce rompre les liens diplomatiques avec Israël

Le président colombien Gustavo Petro brandit le drapeau national lors d'un discours à Bogota, le 1er mai 2024 (Raul ARBOLEDA)
Le président colombien Gustavo Petro brandit le drapeau national lors d'un discours à Bogota, le 1er mai 2024 (Raul ARBOLEDA)

Le président de la Colombie Gustavo Petro a annoncé mercredi vouloir rompre tout lien diplomatique avec Israël, qualifiant le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "génocidaire" avant d'être immédiatement accusé par Israël de "récompenser" le Hamas.

"Demain, les relations diplomatiques avec l'État d'Israël seront rompues", a déclaré M. Petro, premier président de gauche de l'histoire de la Colombie, dans un discours prononcé devant ses partisans à Bogota.

"On ne peut pas revenir aux époques de génocide, d'extermination d'un peuple entier", a ajouté le président. "Si la Palestine meurt, l'humanité meurt", a-t-il lancé déclenchant les vivats de la foule.

La décision par la Colombie de rompre ses liens diplomatiques avec Israël équivaut à une "récompense" pour le mouvement islamiste palestinien Hamas, a réagi mercredi le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz qualifiant d'"antisémite" le président colombien Gustavo Petro.

"Le président colombien avait promis de récompenser les meurtriers et violeurs du Hamas, aujourd'hui il a tenu promesse", écrit M. Katz sur X.

La Colombie rejoint ainsi l'Afrique du Sud, la Bolivie et Belize, qui ont déjà mis fin à leurs relations diplomatiques avec Israël.

M. Petro avait déjà le 20 février accusé Israël de commettre un "génocide" des Palestiniens dans la bande de Gaza, exprimant alors sa "pleine solidarité" avec son homologue brésilien Luiz Inacio Lula Da Silva plongé dans une crise diplomatique pour avoir dressé une comparaison entre l'offensive israélienne et l'extermination des Juifs par les nazis.

Le Brésil et la Colombie soutiennent la procédure historique intentée par l'Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) à La Haye pour violation présumée de la Convention sur le génocide de 1948.

M. Petro avait ensuite annoncé suspendre l'achat d'armements fabriqués par Israël, l'un des principaux fournisseurs des forces de sécurité du pays sud-américain, réitérant ses affirmations concernant "un génocide" en cours à Gaza qui "rappelle l'Holocauste même si les puissances mondiales n'aiment pas le reconnaître".

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