Pollution dans le métro à Paris : une étude alerte sur le niveau de particules fines

Selon une étude réalisée pendant plusieurs mois pour le compte de l’émission télévisée « Vert de rage » et rendus publics lundi 22 mai, la pollution de l’air dans le métro parisien est bien supérieure aux taux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé.
Selon une étude réalisée pendant plusieurs mois pour le compte de l’émission télévisée « Vert de rage » et rendus publics lundi 22 mai, la pollution de l’air dans le métro parisien est bien supérieure aux taux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé.

PARIS - Un air au moins deux fois plus pollué qu’en surface. Dans le métro parisien, la pollution aux particules fines atteint des valeurs bien au-delà des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon des relevés réalisés pendant plusieurs mois par des volontaires pour le compte de l’émission télévisée « Vert de rage » et rendus publics lundi 22 mai.

Pendant huit mois, des dizaines de ces volontaires se sont équipés d’outils de mesure pendant leurs trajets quotidiens afin d’établir le niveau de pollution sur le réseau de la RATP, et le comparer à celui de l’air extérieur. Cette pollution aux particules fines provient à la fois de l’air pollué des rues, qui ventile les stations, et des rames de métros elles-mêmes, qui créent des poussières lors du freinage.

En moyenne, la pollution aux particules fines PM2,5 (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) dans le métro et le RER est de 24 μg/m3, soit près de cinq fois plus que les 5 μg/m3 recommandés par l’OMS, détaille dans un communiqué lundi « Vert de rage », une émission diffusée sur France 5 qui enquête sur les scandales environnementaux. La sur-pollution, définie comme l’excès de pollution dans la station par rapport à l’extérieur, a été mesurée à 10,5 μg/m3 en moyenne.

De potentiels effets cardio-respiratoires

L’étude a été coordonnée par Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au CNRS et membre du comité scientifique de l’association Respire, à l’origine d’une plainte qui a conduit en avril à l’ouverture d’une enquête visant la RATP pour « mise en danger d’autrui et tromperie ». Ces travaux n’ont pas été publiés dans une revue scientifique, mais s’ajoutent à d’autres réalisés selon diverses méthodes au cours des années.

Il y a un an, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (l’Anses) a estimé que « le corpus d’études épidémiologiques et toxicologiques spécifiques (était) trop limité pour pouvoir tirer des conclusions fermes sur d’éventuels effets sanitaires de l’exposition des usagers à la pollution de l’air », mais elle avait relevé que les données existantes suggéraient « la possibilité » d’effets cardio-respiratoires.

« De telles mesures doivent être réalisées selon des protocoles scientifiques validés et avec du matériel de référence », a réagi auprès de l’AFP la RATP via sa responsable du service développement durable, Sophie Mazoué, remettant en cause la méthode et les appareils utilisés par l’étude de Vert de rage. La RATP dit mettre en place des mesures tels que des appareils de renouvellement de l’air et des garnitures pour les freins afin de réduire les risques.

Une étude d’ampleur réclamée par les auteurs

Preuve des actions menées et de leur efficacité : une étude épidémiologique menée sur la période 1980-2017 qui « ne montre pas d’augmentation de symptômes respiratoires et cardio-vasculaires chez nos salariés », insiste la Régie.

« Il n’y a pas de solution magique. La RATP fait des efforts en cherchant à limiter la principale cause, le freinage », a concédé Jean-Baptiste Renard ce mardi sur franceinfo. Mais cela ne réduit en rien la nécessité de « faire une étude d’ampleur », notamment parce qu’il y a « une très grande variabilité d’une station à un autre », selon l’auteur de l’étude.

L’étude réalisée par « Vert de rage » a établi un classement des stations et des lignes les plus polluées avec en tête, la ligne 5, « où la sur-pollution moyenne engendrée par le trafic » est de 18 μg/m3.

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