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Inéligibilité, Nikki Haley, mobilisation des "indépendants"... Donald Trump peut-il encore perdre l'investiture républicaine?

L'hyper favori de la droite américaine Donald Trump a remporté ce mardi 23 janvier la primaire républicaine dans l'État du New Hampshire, le rapprochant un peu plus de l'investiture et d'un match retour contre Joe Biden à la présidentielle de novembre.

L'ancien locataire de la Maison Blanche faisait face à son ancienne ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley. Après le dépouillement de près de 90% des bulletins, il la devance d'environ 11 points.

Une large victoire

Le magnat de l'immobilier avait déjà emporté haut la main la première primaire dans l'Iowa, le 15 janvier. Si le New Hampshire ne représente que 22 délégués, sur 1.215 nécessaires pour être officiellement désigné candidat républicain, il donne, par rapport à des États plus conservateurs, une meilleure indication d'un possible succès électoral national et des primaires suivantes.

Par le passé, tous les candidats qui ont remporté les deux premiers votes ont été investis par le parti. L'équipe de campagne de Joe Biden a d'ailleurs reconnu qu'avec sa victoire dans le New Hampshire, Donald Trump avait "quasiment verrouillé l'investiture par le Parti républicain".

En outre, le récent ralliement à Donald Trump du gouverneur de Floride, Ron DeSantis, un temps considéré comme son principal rival républicain, a ramené le trio de tête à un duel entre l'ancien président et Nikki Haley.

Nikki Haley toujours dans la course

Si elle a aussitôt félicité son rival pour sa victoire dans ce petit État du nord-est où elle a fait bonne figure et a de nombreux partisans, Nikki Haley a affirmé que "la course (était) loin d'être terminée".

Si la bataille est très inégale, l'analyste politique Aron Salomon a reconnu auprès de l'AFP que ce fut "un mardi soir relativement bon pour les partisans de Nikki Haley".

Depuis l'abandon de Ron DeSantis, Nikki Haley est la seule à pouvoir battre Donald Trump dans la course à l'investiture républicaine. Les derniers sondages laissent toutefois très peu de place au suspense: Donald Trump recueille 66% des intentions de vote et Nikki Haley 11% dans le baromètre de ce mardi par RealClearPolling.

Nikki Haley affirme toujours croire en la victoire. À un rythme effréné, elle a multiplié les meetings, interviews, saisi toutes les occasions d'échanger avec les électeurs. Elle fait notamment du pied à ceux dits indépendants, qui ne sont inscrits ni au Parti démocrate ni au Parti républicain mais peuvent voter aux primaires, qui considèrent Donald Trump comme une menace pour la démocratie.

Elle a même fini par se résoudre à attaquer son adversaire frontalement, évoquant son âge (il a 77 ans), s'interrogeant sur ses capacités cognitives (dans un discours récent, Donald Trump l'a confondue avec Nancy Pelosi, l'ancienne présidente démocrate de la Chambre des Représentants) ou le jugeant incapable de rassembler son camp.

Des prochaines échéances "favorables"

Le ballet très orchestré des primaires mènera ensuite les candidats en Caroline du Sud, l'État d'où est originaire Nikki Haley et dont elle a été gouverneure de 2011 à 2017. "Les électeurs de Caroline du Sud ne veulent pas d'un couronnement. Ils veulent une élection, et nous allons la leur donner parce que nous ne faisons que commencer", a lancé ce mardi la candidate.

Malgré cela pourtant, dans les sondages, l'ex-ambassadrice est loin derrière son concurrent, y compris en Caroline du Sud avec 61% d'intentions de vote pour Donald Trump et moins de 25% pour Nikki Haley. Difficile de rester dans la course après une telle défaite à domicile.

De plus, comme l'expliquait à BFMTV.com à la mi-janvier Lauric Henneton, maître de conférences à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Donald Trump fera face à des primaires encore plus favorables après le "Super Tuesday", ce jour de début mars où un grand nombre d'États votent simultanément lors de primaires ou de caucus.

Trump inéligible?

Si la course semble quasiment pliée du côté des primaires, demeure un potentiel obstacle de taille pour Donald Trump: la question de son inéligibilité. Une quinzaine d'États examinent des tentatives de retirer l'ancien président des bulletins de vote en raison de son rôle incitatif dans l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

Le Colorado et le Maine ont pris une telle décision déclarant son inéligibilité à la primaire des républicains et estimant qu'il n'était "pas apte à la fonction de président". La Cour suprême se prononcera sur le sujet le 8 février prochain.

Si elle répond par l'affirmative, et en supposant que cette réponse s'applique aussi bien aux primaires qu'à l'élection générale, Donald Trump ne pourra pas devenir le candidat républicain, quels que soient les résultats des primaires. Toutefois, la plupart des observateurs juridiques doutent qu'une majorité de juges se prononce en ce sens.

En outre, bien qu'il soit aussi confronté à d'autres procès pénaux, il semble de plus en plus improbable que le calendrier ou les circonstances de chacun d'entre eux fassent dérailler sa campagne. "Tout cela ne l'affecte pas, au contraire, car ses soutiens estiment toujours que c'est un complot des démocrates", nous expliquait ainsi Lauric Henneton, qui juge que seul un défaut de santé pourrait désormais être un frein à sa campagne.

Article original publié sur BFMTV.com