Covid-19 : que sait-on sur les cas de réinfection ?

Lucile Descamps
·5 min de lecture
Les cas de réinfection au Covid-19 sont très rares, mais ils existent.
Les cas de réinfection au Covid-19 sont très rares, mais ils existent.

Le Covid-19 est loin d’avoir révélé tous ces secrets. La possibilité de contracter plusieurs fois le coronavirus fait partie des points qui restent à éclaircir. Si les cas sont très rares, plusieurs réinfections ont été prouvées.

C’est une question qui s’est posée quelques mois seulement après le début de la pandémie de coronavirus : les cas de réinfection sont-ils possibles ?

Force est de constater que, sur ce sujet, de nombreux points restent encore à éclaircir, mais la science progresse et de plus en plus d’études montrent des résultats.

Existe-t-il des cas prouvés de réinfection ?

Ils sont rares, mais ils existent. Plusieurs cas de deuxième contamination au Covid-19 ont été documentés dans le monde. L’un d’eux au Pays-Bas, un autre en Belgique, un à Hong-Kong ou encore un aux États-Unis.

Une étude, publiée dans la revue médicale The Lancet Infectious Diseases début janvier, révèle par exemple que, de l’autre côté de l’Atlantique, un homme a été contaminé deux fois au coronavirus à seulement un mois et demi d’intervalle, et la deuxième infection a conduit à une forme plus sévère de la maladie que la première. Une analyse génétique du virus a montré qu’il s’agissait de deux souches différentes, preuve que cette homme avait bien subi une réinfection et non pas un simple réveil de sa première infection. “Nos travaux montrent qu’une infection antérieure pourrait ne pas nécessairement protéger contre une infection future”, a conclu le professeur Mark Pandori, l’un des auteurs de l’étude.

Dès l’été 2020, une publication dans le Clinical Infection Diseases montrait qu’une personne avait été réinfectée par le coronavirus 142 jours après l’avoir contracté une première fois. Pour sa deuxième contamination, ce patient était asymptomatique. Là encore, une analyse du génome virale a permis de montrer qu’il s’agissait bien de deux souches différentes.

“En l’état actuel des connaissances, la plupart des scientifiques s’accordent donc pour dire que le phénomène de réinfection demeure rare”, résume le site de l’Inserm.

VIDÉO - Coronavirus : certains malades attrapent le virus deux fois

Réinfection ou réactivation ?

Si certains cas de réinfection sont effectivement documentés et prouvés grâce à une analyse génétique, c’est loin d’être le cas pour toutes les suspicions. D’ailleurs, comme l’expliquait le docteur Damien Mascret sur France 2, certains cas supposés de recontamination pourraient en fait être plutôt attribués à une réactivation du virus, qui serait resté présent dans le corps mais discret pendant plusieurs semaines.

Une étude publiée dans The Lancet début janvier a d’ailleurs montré que, dans de rares cas, le virus pouvait rester présent longtemps dans le corps : le génome viral a été détecté jusqu’à 83 jours dans les voies respiratoires hautes, 59 jours dans les voies respiratoires basses et 126 jours dans les selles. La moyenne est, cependant, bien éloignée de ces exceptions, puisqu’elle est de 17 jours dans les voies respiratoires hautes, 14,6 jours dans les voies respiratoires basses et 17,2 jours dans les selles, toujours selon l’étude de The Lancet.

Une première infection permet-elle d’éviter de faire une forme grave ?

“Si des patients sont à nouveau exposés à la maladie, une réaction immunitaire aura lieu. En cas de recontamination, les formes graves se feront donc plus rares”, a expliqué Guy Gorochov, chef du département d’immunologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, à La Dépêche.

Rares, mais pas impossibles, puisque, comme nous l’avons vu plus haut, il existe au moins un cas de recontamination avérée, aux États-Unis, qui a conduit à une forme plus grave de la maladie que lors de la première contamination.

Quelle est la durée de protection après une contamination ?

Les études progressent sur le sujet, mais il est difficile d’avancer une seule réponse. Selon une étude anglaise, menée entre juin et novembre 2020, une infection au Covid-19 protège à 83% contre une réinfection, et ce pendant au moins 5 mois. Pour en arriver là, les auteurs se sont penchés sur le cas de plus de 6 600 soignants qui présentaient des anticorps montrant qu’ils avaient déjà eu le coronavirus. Parmi eux, 44 recontaminations ont été enregistrés, dont 42 jugés “possibles” et seulement deux jugés “probables”. Aucune de ces supposées recontaminations n’a conduit à des symptômes graves.

Une étude, menée au CHU de Toulouse entre le 10 juin et le 10 juillet sur plus de 8 700 soignants, a montré qu’une première infection au Covid-19 offrait une protection de 85% dans les six mois qui suivent.

Une autre, conduite par l'institut d'immunologie de la Jolla, en Californie, et parue dans la revue Science début janvier, a révélé que la mémoire immunitaire persistait au moins huit mois après l’infection.

Peut-on transmettre le virus si on l’a déjà eu ?

L’étude anglaise menée sur le personnel soignant entre juin et novembre 2020 semble montrer que “ les gens peuvent toujours transmettre le virus” même s’ils ont déjà été contaminés, notamment parce que certains pourraient encore être porteurs d’une quantité de virus suffisante, dans la gorge ou dans le nez, pour le transmettre. Cependant, il s’agit là de résultats préliminaires, qui doivent encore être consolidés.

Les connaissances ne cessent de progresser sur le sujet des recontaminations, mais certaines questions restent pour l’heure encore un suspend.

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