Covid-19 : Tout ce qu'il faut savoir sur les tests salivaires, prochainement disponibles

Maxime Poul
·5 min de lecture
Si après l'analyse d'une quarantaine de minutes l'échantillon apparait jaune, le résultat est positif et s'il est orange, le résultat est négatif.

Attendus depuis plusieurs semaines, les tests salivaires devraient prochainement être disponibles pour dépister contre le Covid-19. Comment ça marche, rapidité, fiabilité, où les réaliser... Yahoo Actualités vous explique tout sur ces tests moins contraignants.

Ce pourrait être un outil d’une très grande importance dans la lutte contre le Covid-19. Après les tests RT-PCR et les tests antigéniques, les tests salivaires pourraient bientôt être déployés sur le marché. Le 7 janvier dernier, les sociétés françaises Skillcell et Vogo, qui ont travaillé sur ce nouveau dispositif de dépistage contre le coronavirus SARS-CoV-2, ont annoncé que le test salivaire EasyCov était désormais remboursable par la sécurité sociale. Une première avancée qui n’a toujours pas fait évoluer la situation quant à leur utilisation à grande échelle, mais cela ne serait plus qu’une question “de semaines” d’après l’épidémiologiste à l’Institut Pasteur Arnaud Fontanet interrogé lors du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. Une arrivée jugée très importante par l’épidémiologiste qui affirme que “ces tests permettront des dépistages, en population, beaucoup plus faciles”.

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Pour l’heure, la Haute autorité de santé autorise leur emploi uniquement dans un cadre très restreint, lors d’un accompagnement par un professionnel de santé des personnes symptomatiques qui ne supportent pas le prélèvement nasopharyngé.

Comment ça marche ?

Comme son nom l’indique, le prélèvement de ces tests se fait par la salive, soit sous la langue à l’aide d’une pipette, soit en crachant la salive dans un pot. Une opération beaucoup plus simple et surtout bien moins désagréable que les tests PCR et antigéniques réalisés par écouvillon dans le nez. Le personnel soignant prélève ensuite quelques gouttes de salive pour les mettre dans un premier tube. Ce tube est chauffé pendant 10 minutes. Il faut ensuite prélever quelques gouttes à mettre dans un autre tube, le faire chauffer 30 minutes, puis lire les résultats à l’œil. Si une couleur jaune vive apparaît, la personne est positive, si elle est orange foncée, elle est négative. Une application EasyCov® reader a également été créée pour lire les résultats.

(Capture d'écran / SkillCell)
(Capture d'écran / SkillCell)

Le résultat est donc obtenu en 40 minutes grâce à une technique appelée RT-Lamp qui ne nécessite pas de machines en laboratoires comme pour les tests PCR. Le résultat est analysé directement et tous les professionnels de santé peuvent s’en équiper.

Quelle fiabilité ?

En novembre dernier, la HAS s’est prononcée sur l’efficacité du test EasyCov. Ce dernier n’a pas encore été inclus dans la stratégie de dépistage et de diagnostic du Covid-19 en raison de sa faible efficacité en dépistage des personnes asymptomatiques. Sa sensibilité est satisfaisante pour les patients symptomatiques (84 %), mais pas sa spécificité (92%) qui est en dessous des performances minimales requises par la HAS qui exige une spécificité de 99% afin de limiter les faux positifs à moins de 1% des tests réalisés. En cas de test positif, la moins bonne spécificité impose de réaliser un test RT-PCR pour être sûr du résultat.

Selon Franck Molina, chercheur au CRNS et directeur du laboratoire Sys2Diag qui a développé le test salivaire EasyCov, ce test a une sensibilité de 86%. “Cela veut dire qu’on va rater 14% des personnes positives en moyenne”, explique-t-il, avant d’évoquer un taux de spécificité à 99,5%. “C’est-à-dire que lorsque l’on est positif, on ne se trompe pas”, conclut-il.

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Par qui et pour qui ?

Le test EasyCov doit être réalisé par un professionnel de santé et la phase d’analyse peut être réalisée en laboratoire ou alors par un médecin. Le test est déjà disponible dans quelques laboratoires d’analyses médicales, notamment pour les personnes symptomatiques pour qui le prélèvement par le nez est impossible ou difficilement réalisable.

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La société espère obtenir prochainement l’autorisation de déployer ces tests salivaires dans les pharmacies comme c’est le cas des tests antigéniques. D’après ses concepteurs, EasyCov va cibler en priorité les personnes âgées en ou en situation de handicap accueillies dans les Ehpad ou les maisons de santé, les jeunes enfants, ou encore les “sportifs dont les pratiques imposent des tests de dépistage à répétition.

Les autotests sont-ils prévus ?

Si faire soi-même le test à la maison est envisagé, ce n’est pas pour tout de suite. “Nous avons encore besoin d’une phase de développement pour que le patient puisse faire le prélèvement et l’envoyer lui-même, pour des raisons de respect de chaîne du froid dans l’acheminement de l’échantillon pour l’analyse, et de délai car la salive doit être analysée dans les trois heures qui suivent le prélèvement”, explique Sofia El Annaby, business developper chez SkillCell, dans des propos relayés par le Progrès.

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De nombreux avantages

Si le prix de ces tests n’est pas encore connu, le montant devrait se situer entre 46 et 70 euros en fonction de qui le réalise, pour un coût de production d’environ 20 euros. Pour rappel, la Sécurité sociale remboursera intégralement ces tests. Peu coûteux, rapides et faciles à effectuer, ces tests salivaires tant attendus seront sans doute une arme de taille pour lutter contre le Covid-19. Leur déploiement pourrait par exemple aider au dépistage massif dans les écoles, d’autant plus que SkillCell a les moyens de fournir très rapidement “50 000 tests par jour” et de doubler voire tripler la production en 4 à 6 semaines. La semaine dernière, l’entreprise montpelliéraine SkillCell avait déjà vendu près de 300 000 tests à l’étranger.

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