Covid-19 : le confinement à Melbourne aurait permis d’éviter un variant plus mortel

Maxime Poul
·3 min de lecture
Le confinement strict mis en place à Melbourne pendant plus de 3 mois a évité la propagation d'un variant dangereux du Covid-19.

Des chercheurs estiment que le virus qui a déferlé sur l’État de Victoria en Australie lors de la deuxième vague de l’année dernière était en train de muter en un virus encore plus inquiétant.

Un confinement salvateur. Si l’efficacité des confinements pour lutter contre le coronavirus dans un pays ne fait aucun doute, celui mis en place dans l’État de Victoria (Australie) a peut être bien servi au monde entier, révèle le Guardian. Un variant du Covid-19 similaire à celui qui s’est répandue à une vitesse folle au Royaume-Uni se serait probablement développé à Victoria au mois d’août dernier si Melbourne n’avait pas imposé un des confinements les plus stricts du monde qui a duré plus de 3 mois lors de l’hiver australien.

Le Professeur Stuart Turville, de l’institut Kirby de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, a déclaré que lorsque son laboratoire a examiné des échantillons de patients positifs dans le cadre d’une étude à Sydney, ils ont observé des différences clés chez les personnes infectées par le virus lors de la seconde vague. Dans le même temps, des chercheurs à Melbourne signalaient une mutation du domaine de liaison des récepteurs appelé RBD (Receptor binding domain), un élément clé du virus situé sur la protéine “spike”, qui permet au virus de pénétrer dans nos cellules.

Pas détecté lors de la première vague en mars

En séquençant les virus des patients, les chercheurs de l’étude de Sydney se sont rendus compte que beaucoup avaient déjà le variant mentionné par leurs collègues de Melbourne, désormais connu sous le nom de S477N. Ce variant n’avait pas été détecté lors de la première vague en Australie et il semblerait que plusieurs patients avaient même commencé a accumuler des mutations supplémentaires au S477N.

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“Je pense que nous serions dans une situation différente si nous n’avions pas littéralement supprimé ce virus, qui a été semé hors de la quarantaine de Melbourne, au large du paysage australien”, a déclaré le Professeur Turville. Il estime que cette mutation était particulièrement préoccupante et évoque une capacité à se lier aux cellules 600 fois supérieure que le virus d’origine.

“Nous avons peut-être bien esquivé une balle”

Pour l’auteur de l’étude, ce variant est au moins aussi préoccupant que le variant britannique, sud-africain ou brésilien et pense qu’il est le “germe” de ces variants connus aujourd’hui. “Plus personne ne parle de ce variant de Melbourne parce que nous nous en sommes débarrassés”, assure-t-il, avant d’utiliser une métaphore catégorique : “Nous avons peut-être bien esquivé une balle.”

Le Professeur Turville et son équipe ont prélevé des anticorps sur des patients qui avaient contracté le Covid-19 lors de la première vague et se sont aperçus qu’ils étaient pas suffisamment efficaces pour résister au variant de la seconde vague. “Beaucoup de gens sont négatifs concernant le confinement à Victoria, mais nous avons extrêmement bien fait de garder ce variant dans la communauté afin qu’il ne se répande pas à l’étranger, puis de l’éliminer assez rapidement. [...] Je pense qu’il avait le potentiel de devenir notre variant local que le monde aurait appelé ‘variant australien’”.

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