Covid-19 : ce que l'on sait sur le variant sud-africain, présent dans au moins deux régions françaises

Maxime Poul
·3 min de lecture
En Afrique du Sud, pays Africain le plus touché par le Covid-19, la seconde vague épidémique est très probablement liée à l'apparition du variant 501.V2.

À l’heure où le variant britannique du coronavirus SARS-Cov-2 inquiète en France et dans une grande partie de l’Europe, un autre variant venu d’Afrique du Sud pourrait devenir tout autant, voire plus préoccupant. Explications.

Il a été baptisé 501.V2. Au mois de décembre, un variant du Covid-19 a été découvert en Afrique du Sud et a depuis été repéré dans plusieurs régions du monde. Et comme la Grande-Bretagne, l’Afrique du Sud fait face à une flambée des cas et en enregistre désormais près de 20 000 nouveaux par jour. Majoritaire en Afrique du Sud, ce variant responsable de la deuxième vague de coronavirus en plein été dans le pays inquiète les scientifiques pour plusieurs raisons.

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Une forte transmissibilité

Il partage des points communs avec le variant britannique, à commencer par sa transmissibilité. S’il n’y a pas autant de données disponibles que sur son homologue britannique, les résultats préliminaires font également état d’une forte transmissibilité. “Tous les deux présentent des modifications sur la protéine de surface du coronavirus - aussi appelée la protéine S - (qui permet au virus de s’accrocher à la cellule). Ce qui les rend si contagieux c’est justement le fait d’avoir changé un tout petit peu la protéine”, explique à Ouest France Pierre Tattevin, chef du service d’infectiologie du CHU de Rennes. Il s’agit de la mutation N501Y, connue pour augmenter les capacités d’attachement du virus au récepteur ACE2.

En revanche, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a précisé que rien n’indiquait pour l’instant que ces souches sont plus graves, avant de rappeler que le risque “en termes d’hospitalisations et de morts est élevé” en raison de sa forte transmissibilité. Comme le prouve l’épidémiologiste britannique Adam Kucharski sur son compte Twitter, un variant 50% plus transmissible pose plus de problème qu’un variant 50% plus mortel.

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Plus de mutations que le variant britannique

Cette mutation est loin d’être la seule sur ce variant d’Afrique du Sud, et c’est ce qui inquiète les scientifiques. Il contient plus de mutations sur la protéine que le variant britannique. Si rien n’a encore été prouvé, l’une d’entre elle pourrait aider le virus à contourner l’immunité donnée par une précédente contamination ou par un vaccin. La laboratoire BioNTech s’est toutefois montré rassurant en indiquant que le vaccin Pfizer/BioNTech était efficace contre une “mutation clé” des deux variants.

Le laboratoire avait également assuré il y a plusieurs semaines qu’il était capable de fournir un nouveau vaccin en six semaines pour répondre à une mutation. “En principe, la beauté de la technologie de l’ARN messager est que nous pouvons directement commencer à concevoir un vaccin qui imite complètement la nouvelle mutation”, avait affirmé Ugur Sahin, co-dirigeant de BioNtech.

Présent dans deux régions de France

Le variant 501.V2 est pour l’instant moins répandu à travers le monde que le variant britannique, qui est présent dans pas moins de 22 pays de la zone Europe. Cependant, le nombre de cas du variant sud-africain est probablement sous-estimé, selon les experts. En France, le premier cas de contamination de ce variant a été détecté la semaine dernière sur un habitant du Haut-Rhin, à son retour d’un voyage en Afrique du Sud. À ce jour, seuls 3 cas ont été détectés dans le pays, dans la région du Grand-Est et dans la région PACA.

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