Covid-19 : les gestes à adopter à Noël pour limiter les risques de contamination

Lucile Descamps
·6 min de lecture
Les gestes à adopter à Noël pour limiter les risques de transmission du Covid-19.
Les gestes à adopter à Noël pour limiter les risques de transmission du Covid-19.

Emmanuel Macron l’a annoncé : Noël pourra se faire avec ses proches, sans restriction géographique. Mais puisque l’épidémie de coronavirus est toujours là, il va tout de même falloir adopter plusieurs gestes pour limiter les risques.

C’est officiel, Noël pourra bien se faire en famille. Dans son allocution très attendue du mardi 24 novembre, Emmanuel Macron s’est efforcé de donner un cap aux mesures sanitaires pour les prochaines semaines. L’une des informations les plus attendues concernait les fêtes de fin d’année.

VIDÉO - Déconfinement : Emmanuel Macron fixe le cap et responsabilise les Français pour Noël

La levée du confinement, le 15 décembre, et le couvre-feu qui ne s’appliquera pas le 24 ni le 31 décembre, signifient qu’il sera possible de fêter Noël avec ses proches, peu importe la région de France où ils se trouvent. “Si nous ne voulons pas subir un troisième confinement, nous devons redoubler de vigilance, porter le masque, y compris à la maison. Veillons aussi à ne pas être trop nombreux à table, à respecter les gestes barrière et à aérer les pièces”, a tout de même mis en garde le président de la République.

Ce Noël sera donc bien différent des autres. Pour certains, comme pour Maria Van Kerkhove, la chargée de la gestion de la pandémie à l’OMS, il se fera virtuellement, par visioconférence. “Ne pas avoir de réunion de famille est l’option la plus sûre”, a-t-elle affirmé ce 23 novembre. Mais pour ceux qui prévoient d’ores et déjà de passer les fêtes de fin d’année en famille ou entre amis, avec des membres extérieurs au foyer, il faut prendre plusieurs précautions pour limiter les risques de transmission.

Avant la fête

Dans l’idéal, il faudrait pouvoir s’isoler avant de rencontrer les membres d’un autre foyer. Comme le conseille le professeur Neil Ferguson, l’épidémiologiste britannique qui a prôné le premier confinement - qu’il a par ailleurs lui-même enfreint - il faut donc éviter les voyages en transports en commun et privilégier la voiture.

Mais évidemment, avec la réouverture des commerces et la préparation des fêtes, l’isolement est loin d’être facile. Alors le docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste, directeur médical de Doctissimo et auteur de Coronavirus, comment se protéger ?, conseille de se tourner vers les tests antigéniques, 24 à 48h avant le repas. “Même s’ils ne sont pas fiables à 100%, ça permet de filtrer un minimum”, décrit-il, prônant également une “campagne de dépistage massive le vendredi des vacances scolaires”.

Pendant la fête

Puisqu’on sait que la majorité des contaminations se font en intérieur, notamment via les micro-gouttelettes, le moins risqué en terme de transmission du Covid-19 serait de faire Noël dehors. Une idée notamment avancée par les chercheurs britanniques de l’Independant Sage, et partagée par la ministre de l’Intérieur belge, Annelies Verlinden. “On peut changer nos habitudes : s’il fait beau et qu’il y a la possibilité de manger dehors ou sous une véranda, pourquoi pas”, commente le docteur Gérald Kierzek.

Comme le précisent les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies, cette solution s’accompagne tout de même de quelques règles de bases, notamment le port du masque et le maintient de la distanciation sociale.

Si l’évocation d’un Noël dehors vous refroidi d’avance, d’autres précautions doivent être prises. À commencer par les gestes barrières, que tout le monde connaît désormais. Garder une distance d’un mètre avec les personnes qui ne sont pas du même foyer, garder le masque autant que possible, ne pas s’embrasser, s’enlacer, ni se serrer la main, se laver les mains régulièrement...

“Ce qui est fondamental, c’est d’aérer pendant le repas”, martèle le médecin urgentiste. “Il faut ouvrir les fenêtres pour qu’il y ait une circulation d’air, quitte à devoir se couvrir plus”.

D’autre part, l’un des conseils des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies risque de paraître étonnant mais il est en fait tout à fait logique : évitez de chanter ou de crier lors des rassemblements familiaux. Ces actions engendrent une aérosolisation importante, et donc des risques de transmission du virus plus élevés.

Le repas

Si vous décidez de faire un repas, de nombreuses mesures s’imposent pour éviter les risques de contamination. La première chose à vérifier, c’est le placement à table. Les membres d’un même foyer peuvent être assis à proximité, mais il est nécessaire de maintenir une distance d’un mètre avec les autres personnes. “On peut aussi mettre les enfants d’un côté et les adultes de l’autre”, commente le docteur Gérald Kierzek.

L’autre bonne idée, c’est de disposer du gel hydro-alcoolique à chaque bout de la table. En clair, il s’agit d’adapter les gestes qui nous sont désormais familiers au repas de Noël.

Il faut changer quelques habitudes. Finis les buffets ou les gâteaux apéritifs dans un même bol. “Il faut éviter les plats dans lesquels tout le monde pioche, et privilégier les choses individuelles”, précise l’urgentiste.

Autre tradition qui risque d’être mise à mal : la boisson. Comme le rappellent les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies, “l’alcool peut altérer le jugement”. Quelques verres de trop risquent donc de balayer bien vite les gestes barrières les plus élémentaires.

Concernant le nettoyage des surfaces communes, les scientifiques sont de plus en plus nombreux à dire que la contamination indirecte par les surfaces est rare, comme le rapporte le New York Times. Si le lavage régulier des mains est toujours vivement encouragé, la désinfection des objets touchés par plusieurs personnes n’apparaît plus comme primordiale.

Surtout, elle risque de “détourner l’attention sur la transmission par aérosol”, décrit le docteur Kevin P. Fennelly, spécialiste en infection respiratoire au sein de l’Institut national de Santé américain. Il ne faut pas que le nettoyage méticuleux des surfaces communes donne un sentiment de sécurité quand la transmission aérienne est en fait ce qui représente le plus de risques.

En clair, pour pouvoir profiter des fêtes de fin d’année, il est nécessaire de garder en tête les gestes barrières, et de les adapter à l’événement, quitte à changer quelques habitudes.

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