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Affaire Delphine Jubillar: les avocats de Cédric Jubillar dénoncent un réquisitoire "indigent"

Le réquisitoire du parquet de Toulouse, demandant le renvoi devant la cour d'assises de Cédric Jubillar, suspecté du meurtre de son épouse Delphine, est "indigent", ont estimé ses avocats, Mes Alexandre Martin, Emmanuelle Franck et Jean-Baptiste Alary dans une interview accordée ce jeudi à La Dépêche du Midi.

Delphine Jubillar, mère de deux enfants, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, près d'Albi. Après trois ans d'instruction, l'infirmière de 33 ans n'a jamais été retrouvée.

Cédric Jubillar, qui a signalé la disparition de sa femme vers 4h10, le 16 décembre 2020 au matin, a toujours clamé son innocence. Le couple, qui a deux enfants, était alors en instance de divorce. Le 18 juin 2021, six mois après la disparition de sa femme, l'homme de 36 ans a été mis en examen pour "meurtre sur conjoint" et écroué.

Pour la procureure de la République de Toulouse, il existe "des charges suffisantes à l’encontre de Cédric Jubillar" pour le renvoyer devant une cour criminelle pour le meurtre de son épouse, a-t-elle expliqué dans son réquisitoire définitif, un document de 39 pages, que BFMTV.com a pu consulter.

Des éléments contradictoires

Mais pour les avocats de Cédric Jubillar, "c’est un réquisitoire à l’image de l’enquête et de l’instruction: indigent". Ils estiment que la "prétendue culpabilité" de leur client est exposée "en quatre pages sans aucune articulation de preuves, sans aucune démonstration scientifique, avec des raisonnements déductifs, des approximations, de contre-vérités y compris des mensonges".

Pourtant, le ministère public lui, estime que, malgré l'absence de corps, il existe des éléments permettant d'affirmer que Delphine Jubillar "a été tuée" et n'exclut pas une "mort violente", celle-ci "n'étant pas nécessairement accompagnée de sang, tels la strangulation ou l'étouffement".

Les avocats, eux, considèrent qu'il n'y a "aucune construction, aucune cohérence dans les éléments avancés". Dans son réquisitoire, le parquet de Toulouse évoque le témoignage du fils du couple, Louis, âgé de 6 ans, qui a relaté une dispute entre ses parents, à l'intérieur de la maison, le soir du 15 décembre. Mais le ministère public s'appuie également sur des cris entendus par des voisines, provenant du secteur du jardin de la famille Jubillar". Des éléments qui "se contredisent" pour les avocats de Cédric Jubillar.

Des pistes qui n'ont pas été exploitées

La procureure revient également sur le véhicule de Delphine Jubillar, retrouvé garé sur la pente de garage devant le pavillon des Jubillar, stationné en "descente", à l'inverse des habitudes de la mère de famille. Les expertises avaient conclu qu'il y avait eu une "présence humaine" dans la voiture au cours de la nuit. Un argument d'une "inanité totale" que balaie d'un revers de la main les conseils de l'homme de 36 ans.

"Ceux qui ont montré la faiblesse de cet argument-là, ce sont les enquêteurs eux-mêmes quand, forts du témoignage du voisin de cellule de Cédric Jubillar qui évoquait l’utilisation d’un autre véhicule que celui du couple, les gendarmes sont partis bille en tête", explique la défense de Cédric Jubillar. "

Ils ont considéré que ce soir-là, ce n’était pas la 207 bleue des Jubillar qui avait été utilisée, mais celle d’un copain propriétaire d’une voiture blanche, parce qu’il fallait absolument que cela colle avec les déclarations de ce voisin de cellule. Or, pendant un an et demi, on nous a expliqué que c’était le véhicule du couple Jubillar qui avait servi pour transporter le corps de Delphine, c’est pour cela qu’il a changé de sens durant la nuit du 15 au 16 décembre", ajoutent-ils.

Pour les avocats, "toute autre piste que celle de Cédric Jubillar n’a pas été exploitée".

"Dès les premiers jours, les enquêteurs ont considéré que Cédric Jubillar était coupable", fustigent-ils.

Les avocats de Cédric Jubillar ont la possibilité de formuler, sous dix jours, des observations à la suite de ces réquisitions.

Article original publié sur BFMTV.com