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Accord France-Algérie, immigration... Emmanuel Macron s'en prend à LR et à Édouard Philippe

À la veille de la niche parlementaire de la droite à l'Assemblée nationale, le chef de l'État distribue les mauvais points. Pour cette journée lors de laquelle les Républicains ont la main sur l'agenda, le patron du mouvement Éric Ciotti et le président du groupe Olivier Marleix ont décidé de mettre sur la table les questions migratoires. Au menu: une proposition de résolution pour mettre fin à l'accord entre l'Algérie et la France.

Ce traité signé en 1968, six ans après l'indépendance du pays, a créé un statut unique pour les ressortissants algériens en matière de circulation, de séjour et d'emploi.

"Je n'avais pas compris que la politique étrangère de la France était définie au Parlement"

Édouard Philippe, qui avait déjà vivement critiqué cet accord dans une interview à L'Express durant l'été, a appelé ses troupes à voter pour la fin de ce traité. De quoi agacer passablement Emmanuel Macron.

"Je n’avais pas compris que la politique étrangère de la France était définie au Parlement", a ironisé le président de la République lors du Conseil des ministres ce mercredi, d'après un participant auprès de BFMTV.

Très concrètement, ce texte écarte les Algériens du droit commun en matière d'immigration en France. Le regroupement familial leur est facilité comme l'accès à certaines professions, tout en étant plus restrictif sur les visas étudiants.

Les députés Renaissance ne voteront pas pour la fin de l'accord entre Paris et Alger

Les Algériens peuvent également solliciter une autorisation de rester en France pendant 10 ans après trois ans de séjour, contre cinq pour les autres nationalités. 600.000 titres de séjours à des ressortissants algériens ont été accordés en 2022.

Si certains à Renaissance reconnaissent que cet accord n'est plus "opérationnel", à l'instar de la vice-présidente du groupe Marie Lebec, le choix a été fait de ne pas toucher à cet accord, d'autant plus qu'après une période de froid, les relations avec Alger se sont améliorées ces derniers mois. La diplomatie est également le "domaine réservé" du chef de l'État dans les us et coutumes politiques.

"Ils sont drôles"

Emmanuel Macron ne s'est pas non plus privé d'attaquer l'un des autres textes qui sera débattu ce jeudi dans l'hémicycle: une proposition de loi constitutionnelle sur l'immigration.

Elle cherche à étendre au champ du référendum les questions d'immigration avec l'idée d'interroger les Français sur ce sujet et n'a guère de chance d'être votée à l'Assemblée nationale.

"Ils sont drôles. Sur l’immigration les mêmes qui refusent d’élargir le champ du référendum veulent maintenant changer la Constitution", a ainsi ironisé le locataire de l'Élysée, toujours en Conseil des ministres.

Éric Ciotti réclame depuis des mois un référendum sur l'immigration, comme il a pu l'expliquer à Emmanuel Macron lors des Rencontres de Saint-Denis en août dernier autour des chefs de partis. Si le président de la République avait ouvert la porte dans un courrier à cette possibilité, il a finalement refermé lui-même cette possibilité fin novembre lors de la deuxième session de ces échanges. La droite avait d'ailleurs boudé ces rencontres.

Les propos du chef de l'État pourraient en tout cas démontrer une certaine fébrilité dans le camp de la macronie, à quelques jours de l'arrivée de la loi immigration dans l'hémicycle, fortement poussée depuis des mois par l'Élysée.

Avec un sérieux risque de revers pour la majorité: les députés LR ont assuré ce mercredi lors d'une conférence de presse "ne pas vouloir voter" la version adoptée par la commission des lois la semaine dernière.

Article original publié sur BFMTV.com