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Comment Nordahl Lelandais a-t-il pu devenir père en prison?

Nordahl Lelandais, le meurtrier du caporal Arthur Noyer et de la petite Maëlys de Araujo, est devenu père il y a deux mois, a révélé vendredi 12 janvier Le Parisien. Lelandais est emprisonné depuis 2017.

Il a été condamné en février 2022 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de 22 ans pour l'enlèvement et le meurtre de Maëlys, 8 ans, lors d'une soirée de mariage en août 2017, et à 20 ans de prison en mai 2021 pour le meurtre d'Arthur Noyer qu'il avait pris en stop à Chambéry en avril 2017. Lelandais aurait eu plusieurs relations sexuelles avec des femmes ces dernières années. Il n'est pas le premier détenu à avoir un enfant alors qu'il se trouve en prison.

Plusieurs types de parloirs

Il existe plusieurs lieux où les détenus peuvent avoir des relations sexuelles dans un centre pénitentiaire. Le premier est le parloir. Il en existe plusieurs types. Le plus connu du grand public est celui avec une vitre où les deux parties communiquent via un hygiaphone. Mais ce n'et pas le plus répandu. Les détenus concernés par ce parloir sont ceux qui font l'objet d'une sanction disciplinaire ou ceux pour lesquels la prison redoute un incident, selon l'Observatoire international des prisons (OIP), une association de défense des droits des personnes détenues.

Rédoine Faïd par exemple ne bénéficie que d'un parloir avec un hygiaphone et demande un allègement de ces conditions de visite. C'est à l'occasion d'un parloir que le braqueur s'est évadé de la prison de Sequedin, dans le Nord, en 2013 puis de la prison de Réau en 2018.

Les autres prisonniers reçoivent des visites dans un parloir ordinaire, soit une petite pièce avec une porte vitrée où le détenu est seul avec son visiteur et fait l'objet d'une fouille avant et après l'entrevue. Il arrive qu'ils y aient des relations sexuelles, mais si elles sont découvertes, elles "peuvent donner lieu à des sanctions disciplinaires pour les personnes détenues et à la suspension ou au retrait du permis de visite du visiteur pour 'outrage à la pudeur'", selon l'OIP. Un parloir ordinaire peut aussi être "une salle commune où sont rassemblés tous les visiteurs et détenus visités, généralement avec des tables et parfois des demi-cloisons pour les séparer", explique l'association sur son site.

Des unités de vie familiale pour favoriser la réinsertion

"En revanche, en salon familial et en UVF, l'intimité est respectée", ajoute l'OIP. Les salons familiaux sont des petits studios "spécialement conçus afin de permettre aux personnes détenues de recevoir, sans surveillance continue et directe, des visites des membres majeurs de leur famille ou de proches majeurs accompagnés, le cas échéant, d'un ou de plusieurs enfants mineurs, pendant une durée de six heures" maximum pendant la journée, selon le Code de procédure pénale. Au 1er janvier 2022, il existait 131 salons familiaux dans 38 établissements pénitentiaires en France, selon le ministère de la Justice.

Une UVF, ou unité de vie familiale, est un petit appartement où les personnes détenues peuvent recevoir leurs proches jusqu'à trois jours. Elles y organisent librement leur temps et font l'objet de moins de surveillance.

Les UVF ont pour but de permettre aux personnes détenues "d’établir ou de rétablir une relation affective, dans des conditions d’intimité plus favorables et sur un temps plus long que dans le cadre de parloirs classiques", selon une note rédigée en 2014 par la Direction de l'administration pénitentiaire. Celle-ci souligne que "le maintien et le renforcement de la vie privée et familiale et des liens extérieurs des personnes détenues constituent des éléments" qui favorisent leur réinsertion et la prévention de la récidive.

Un accès difficile

L'accès à une UVF ou à un salon familial doit faire l'objet d'une autorisation de l'autorité judiciaire ou pénitentiaire selon les cas, explique l'OIP, qui souligne que dans les faits, "peu de détenus en bénéficient étant donné le faible nombre d’établissements dotés" de ces dispositifs. Au 1er janvier 2022, il existait 174 UVF dans 58 établissements pénitentiaires, pour près de 70.000 personnes incarcérées en France.

Le Parisien ne précise pas dans quelles circonstances l'enfant de Nordahl Lelandais a été conçu. "Comme tout détenu, il a le droit de reconstruire une vie derrière les barreaux. La privation de liberté n’entraîne pas la suppression des autres droits, notamment celui d’avoir une compagne ou de devenir père", a commenté auprès du Parisien l’un de ses avocats, Me Mathieu Moutous.

Article original publié sur BFMTV.com