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Droit du sol: critiqué après ses annonces, Darmanin suggère aux "beaux esprits parisiens" d'aller à Mayotte

Jamais avare en formule choc et toujours prompt à se présenter comme un représentant des classes populaires, Gérald Darmanin a défendu la suppression du droit du sol à Mayotte dans son style, lors d'une interview pour Ouest-France ce lundi 12 février.

Face aux critiques de la gauche, le ministre de l'Intérieur a conseillé aux "beaux esprits parisiens" de sortir "du périphérique" pour se rendre sur l'archipel, paralysé par des habitants en colère contre l'insécurité et l'immigration incontrôlée. Cette décision, annoncée dimanche, répond aux demandes de "la population locale" et même à celles "du responsable local de La France insoumise", a-t-il assuré.

Congrès ou référendum?

Soutenant un "changement très important de notre droit", le locataire de la place Beauvau l'a présenté comme une façon de "redonner de l'espoir à Mayotte". Sans cela, "la population voisine continuera à venir très nombreuse", a-t-il averti. Reste néanmoins à trouver une issue politique pour modifier la Constitution et ainsi différencier les règles de l'archipel de celles du reste du territoire.

Pour cela, "il appartiendra au président de la République de décider de réunir le Congrès (Assemblée nationale et Sénat)" a avancé Gérald Darmanin.

Lundi 12 février, la secrétaire d'État Sabrina Agresti-Roubache avait indiqué sur BFMTV-RMC que l'autre possibilité, celle d'un référendum, faisait également "partie de ce qui est sur la table".

Si le président de la République tranche en faveur d'un Congrès, les deux chambres du Parlement devront voter un texte aux 3/5 de leurs représentants. Ce qui, a priori, paraît possible, le parti Les Républicains et le Rassemblement national étant favorables à cette mesure.

Darmanin n'a "aucun doute" sur la possibilité de trouver une majorité

Dans la pratique, il faudra néanmoins que les deux chambres se mettent d'accord sur la même mouture et cela alors que la majorité sénatoriale de droite pourrait être tentée de pousser des mesures supplémentaires, comme l'a noté Politico. D'autant plus après que plusieurs de ses dispositions ont été retoquées par le Conseil constitutionnel dans le cadre de la loi immigration.

La droite et son extrême ont d'ailleurs d'ores et déjà surenchéri. Si cela n'indique en rien qu'elles ne voteraient pas la fin du droit du sol à Mayotte, elles demandent au gouvernement d'aller plus loin et d'étendre cette mesure à l'ensemble du territoire. À cette situation s'ajoute l'obstacle d'un calendrier chargé, l'exécutif ayant déjà annoncé plusieurs révisions constitutionnelles, concernant l'inscription de l'IVG dans la Constitution, la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie ou encore l'avenir de la Corse.

De son côté, Gérald Darmanin a assuré dans Ouest-France n'avoir "aucun doute" sur la possibilité de trouver une majorité. "Je ne suis pas dans l'idéologie", mais plutôt dans "le pragmatisme", a expliqué le ministre. Avant d'insister à nouveau sur le fait que "les Mahorais adhèrent largement" à son annonce. "Ils ont d'ailleurs dit qu’ils lèveront les barrages à la suite de notre déplacement, lorsqu’ils recevront par écrit ce que nous leur avons proposé", a-t-il encore observé.

Article original publié sur BFMTV.com