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L'extrême droite et la droite demandent d'étendre l'interdiction du droit du sol sur tout le territoire

La fin du droit du sol à Mayotte? La droite et son extrême applaudissent la mesure annoncée par Gérarld Darmanin ce dimanche 11 février, dans le cadre d'une réforme constitutionnelle, mais demandent au ministre de l'Intérieur d'aller plus loin, en étendant cette politique à l'ensemble du territoire français.

"C'est un bon début", salue Jordan Bardella sur France Info, avançant que "cela fait 20 ans" que le Rassemblement national, dont il est le président, réclame cette mesure. Pour autant, il ne s'agit que d'une "partie de la réponse", selon lui.

"Supprimer le droit du sol dans toute la France"

"Pourquoi est-ce que ce qui est possible à Mayotte, ne le serait pas dans l’ensemble du pays", questionne l'élu d'extrême droite. En dépit de la situation singulière à bien des égards du département le plus pauvre et le plus jeune de France, qui se retrouve soumis à une forte pression migratoire.

Jordan Bardella en fait cependant une problématique assimilable à l'ensemble du pays: "Ce qui est en train de se passer à Mayotte est précisément le futur de la métropole si on ne reprend pas dès maintenant le contrôle de notre pays", lance le député européen.

Même refrain du côté d'Éric Zemmour. Interrogé par France 2, le président de Reconquête appelle lui aussi à "supprimer le droit du sol dans toute la France", allant jusqu'à décrire Mayotte comme le "miroir grossissant et accéléré de la France métropolitaine".

La veille, Marion Maréchal, vice-présidente exécutive de la formation d'extrême droite, a agité sur BFMTV la menace d'une "perte totale de contrôle de l'immigration clandestine et (...) légale".

"C'est ce que vivra la métropole dans 30, 40, 50 ans si nous ne faisons rien", a averti la tête de liste de Reconquête aux prochaines élections européennes.

"En même temps macronien"

Si elle s'est félicité de la mesure annoncée par Gérarld Darmamin, la nièce de Marine Le Pen en a déploré une autre, parlant d"arnaque". En cause: la fin du "visa territorialisé", un dispositif qui empêche les détenteurs d'un titre de séjour à Mayotte de venir dans l'Hexagone et dont la suppression est une des revendications des collectifs citoyens.

Pour la nièce de Marine Le Pen, cela reviendrait à "organiser le transfert de l'immigration de Mayotte vers la métropole".

Les mouvements de ressortissants étrangers vers l'Hexagone qui découleront de la suppression de cette disposition concerneront "soit des réfugiés (opérations déjà prévues et qui sont déjà possibles dans le cadre juridique actuel), soit des étrangers réguliers qui ont un titre de séjour", a souligné l'entourage de Gérald Darmanin auprès de l'AFP. En outre, le nombre de titres de séjour délivrés va être diminué de "90%" à Mayotte, a précisé la source.

Sur le même ton que Marion Maréchal, Éric Ciotti a pointé sur X (ex-Twitter) un "en même temps macronien". Le président du parti Les Républicains a déploré la "fin des visas territorialisés", même s'il s'est réjouit de la fin du droit du sol à Mayotte, laquelle va dans "le bon sens", d'après lui. Comme l'extrême droite, lui aussi plaide pour mettre fin au droit du sol sur l'ensemble du territoire.

Article original publié sur BFMTV.com