La Suède, ce pays qui refuse le confinement face au coronavirus

Stockholm, le samedi 28 mars 2020 (Photo by Jonathan NACKSTRAND / AFP)

Avec 3 700 cas diagnostiqués et 110 morts à ce jour, la Suède n’est pas épargnée par la pandémie de Covid-19. Pourtant, le royaume du Nord continue de vivre comme si de rien n’était.

Elle résiste. Non pas au virus SARS-CoV-2, mais à la tentation du confinement. Alors que plus de la moitié de l’humanité est contrainte à rester chez elle, la Suède continue de suivre la voie douce, en proposant des directives plutôt que des règles coercitives. L’économie tourne, les écoles, restaurants, bars ou magasins restent ouverts. Dans les rues de Stockholm et d’ailleurs, les gens se promènent et la vie continue.

“Chaque personne a une lourde responsabilité”

Vendredi dernier, le Premier Ministre Stefan Löfven a tout de même concédé une seconde mesure obligatoire : interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes, alors que la jauge était précédemment fixée à 500. “Une session extraordinaire du conseil des ministres a décidé aujourd’hui de limiter les rassemblements à 50 personnes, suivant une recommandation de l’Agence publique de la Santé ce matin” a-t-il annoncé en fin de semaine. Pour le reste, les autorités misent sur le sens de la responsabilité de leurs administrés.

“Nous qui sommes adultes, nous devons être exactement cela : des adultes. Ne pas répandre de panique ou de rumeurs”, a déclaré le Stefan Löfven. “Personne n'est seul dans cette crise, mais chaque personne a une lourde responsabilité.” Et parce que les Suédois ont à la fois confiance dans leurs dirigeants et le sens du bien commun, ils suivent les indications : respecter la distanciation sociale, pratiquer les gestes barrières, éviter la foule lorsqu’on est une personne à risque, télétravailler dans la mesure du possible. Suffisant ?

Crise sanitaire versus situation économique et sociale

Dans un reportage de la BBC, deux sons de cloches se font entendre - et ils font écho aux débats et contradictions qui agitent la France. D’un côté, Andreas Hatzigeorgiou, PDG de la Chambre de commerce de Stockholm, explique que “le monde des affaires pense vraiment que le gouvernement suédois et l'approche suédoise sont plus raisonnables que dans de nombreux autres pays.” De l’autre, le docteur Emma Frans, épidémiologiste. Si elle “pense que les gens sont enclins à écouter les recommandations”, elle pointe aussi l’absence de coercition et de fermetures généralisées : “Dans ce genre de situation critique, je ne suis pas sûr que ce soit suffisant», dit-elle. Les effets sanitaires d’une telle approche seront à mesurer à l’aune des conséquences économiques et sociales des mesures de confinement. Qui promettent d’être lourdes, très lourdes.

TOUT SAVOIR SUR LE CORONAVIRUS

>> Comment attrape-t-on le Covid-19 ?
>> 
Pour qui le Covid-19 est-il dangereux ?
>> 
Quels sont les symptômes du Covid-19 ?
>> 
Pourquoi la création d'un vaccin prend autant de temps ?
>> 
Pourquoi parle-t-on de "cluster" ?
>> 
Comment parler du Covid-19 à ses enfants ?