Coronavirus : quand les politiques ne respectent pas leurs propres consignes

Lors de la visite d'une fabrique de masque, Christophe Castaner a enfreint les règles le temps d'une photo.

Les membres du gouvernement ne sont pas toujours des exemples dans le respect des règles imposées pour lutter contre le Covid-19. En France ou ailleurs, plusieurs semblent partisans du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Si cet adage n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer durant cette crise sanitaire tant le nouveau coronavirus a révélé des comportements éloignés des discours.

Et ce, parfois, de la part des autorités et des décideurs eux-mêmes. Ce fut notamment le cas de l’autre côté de la Manche. Le Royaume-Uni a connu, ces dernières semaines, plusieurs “scandales” coronavirus.

Dominic Cummings, un voyage malgré des symptômes

Le dernier en date concerne Dominic Cummings, un proche conseiller de Boris Johnson, très impliqué dans la campagne de 2016 pour le Brexit. Les médias britanniques ont dévoilé, ce 23 mai, qu’il avait enfreint le confinement à la fin du mois de mars dernier. Il a rendu visite à ses parents septuagénaires, à plus de 400 kilomètres de chez lui, alors même qu’il présentait des symptômes de Covid-19.

Selon le Sunday Mirror, Dominic Cummings aurait fait un autre voyage au même endroit en avril. À l’époque des faits, le pays était déjà confiné et seuls les déplacements nécessaires étaient autorisés. Quant aux personnes craignant d’avoir contracté le nouveau coronavirus, elles étaient déjà vivement invitées à rester chez elles pour 15 jours, comme le rappelle BMFTV.

Face à ces révélations, le gouvernement a expliqué que le conseiller avait agi ainsi parce qu’il avait besoin d’aide pour faire garder son fils, et qu’il avait pris toutes les précautions nécessaires, notamment celle de séjourner dans un bâtiment différent de celui de ses parents. Lui-même a affirmé avoir fait “la bonne chose”. Quant à Boris Johnson, il lui a renouvelé sa confiance. “Je pense qu’il a agi de manière responsable, légale et avec intégrité”, a commenté le chef du gouvernement. L’opinion publique lui est un peu moins favorable et demande la démission du contrevenant. Même certains conservateurs se désolidarisent.

Neil Ferguson et sa maîtresse

Quelques semaines plus tôt, la Grande-Bretagne avait déjà connu une histoire du même acabit. Elle concernait cette fois Neil Ferguson, un épidémiologiste et conseiller du gouvernement durant la crise sanitaire. Ce scientifique de l’Imperial College avait été surnommé Doctor Lockdown (soit docteur confinement), tant il défendait cette pratique pour venir à bout du nouveau coronavirus.

Mais, début mai, The Telegraph a dévoilé que Neil Ferguson avait lui-même enfreint le confinement pour faire venir une femme, soupçonnée d’être sa maîtresse. Le scientifique a démissionné dès le 5 mai, se justifiant par le fait qu’il se pensait immunisé, puisqu’il avait été testé positif au Covid-19 et sortait de ses 15 jours d’isolement.

Catherine Calderwood dans sa maison de vacances

La cheffe des services sanitaires écossais a également joué avec le feu durant le confinement. S’étant pourtant faite la porte-parole de cette pratique, Catherine Calderwood l’a enfreinte à deux reprises. Au début du mois d’avril, elle a été photographiée dans sa maison de campagne, sur la côte est de l’Écosse. Ne cherchant pas à nier, elle a même expliqué que ce n’était pas la seule fois où elle s’était rendue dans sa maison de vacances pendant le confinement. Elle a choisi de quitter ses fonctions.

Un député critiqué par la police

Le député britannique Stephen Kinnock a choisi d’enfreindre le confinement publiquement. Il a affiché, sur les réseaux sociaux, une photo de lui s’étant rendu chez ses parents pour l’anniversaire de son père le 28 mars dernier, soit seulement cinq jours après le début du confinement.

Si l’image montre que la distanciation sociale est respectée, le député n’était tout de même pas autorisé à faire plusieurs centaines de kilomètres pour un simple anniversaire. Et les forces de l’ordre lui ont fait remarquer sur Twitter, avec cette réponse : “Nous savons que fêter l’anniversaire de votre père est une chose agréable, mais ce n’est pas un déplacement essentiel. Nous avons tous notre rôle à jouer, nous vous incitons à suivre les restrictions du gouvernement, elles existent pour nous maintenir en sécurité”.

Le président autrichien s'attarde au restaurant

Le Royaume-Uni n’est évidemment pas le seul pays où les dirigeants ne respectent pas les règles imposées à la population. En Autriche, c’est même le président qui s’est retrouvé hors la loi, ce samedi 23 mai. Le pays a progressivement levé les restrictions depuis mi-avril. Les restaurants et les bars ont désormais le droit d’ouvrir, mais un couvre-feu est imposé à 23h.

Or, ce week-end du 23 mai, Alexandre Van Der Ballen a été repéré par la police à plus de minuit sur la terrasse d’un restaurant de Vienne, comme l’ont rapporté des médias locaux, repris par BFMTV. Le président autrichien a tout de suite reconnu les faits et s’en est excusé sur son compte Twitter. “C’était ma première sortie depuis le confinement, avec deux amis et mon épouse. Nous discutions et avons perdu la notion du temps. Je suis vraiment désolé, c’était une erreur”, a-t-il écrit. Le restaurant avait bel et bien fermé ses portes à l’heure prévue, mais il avait autorisé ses clients à rester sur la terrasse.

Christophe Castaner, bas les masques

Christophe Castaner a beau être ministre de l’Intérieur, il n’a pas toujours respecté les règles imposées par le gouvernement. Il semble quelque peu réticent aux gestes barrières, et notamment au port du masque. Ironie du sort, cette mauvaise habitude a été dévoilée... lors de la visite d’une usine de masques. Les faits ont eu lieu le 6 mai dernier, dans les locaux de l’entreprise Mortelecque, à Annoeullin (Nord), comme le rapporte France 3.

Le ministre de l’Intérieur a bien porté une protection tout au long de la visite, lorsque les caméras étaient présentes. Il s’est d’ailleurs fendu de plusieurs conseils sur le sujet, affirmant notamment que “les Français sont responsables, civiques et ils veilleront à ce que tous les efforts faits par le collectif de la Nation, ne soient pas perdus par des comportements idiots".

Mais la visite s’est achevée par une photo de groupe, prise sans masque et dans une proximité physique devenue surprenante durant la crise sanitaire. L’image a très rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Le cabinet de Christophe Castaner s’est excusé auprès du Figaro : "Cette photo prise, à la demande des couturières fières de leur travail, n'aurait pas dû être prise dans ces conditions".

Christophe Castaner, un peu trop proche

Les gestes barrières ne sont définitivement pas le fort du ministre de l’Intérieur, puisqu’il les a à nouveau allègrement enfreints le 16 mai dernier. Christophe Castaner était alors en déplacement à Veules-les-Roses, en Seine-Maritime, à l’occasion de la réouverture de la plage. Le ministre ne portait pas de masque. Jusqu’ici, rien de bien grave puisque la rencontre avait lieu en extérieur. Le problème, c’est qu’il n’a pas du tout respecté les distances de sécurité prônées par le gouvernement au moment de se prendre en photo avec un petit garçon.

Christophe Castaner s’est accroupi et approché à quelques dizaines de centimètres de l’enfant. Un épisode filmé et diffusé en direct sur BFMTV.

Donald Trump, hors-la-loi dans le Michigan

Le président américain l’a fait savoir à de nombreuses reprises, il n’aime pas porter de masque - et surtout pas en public - même si les autorités sanitaires du pays le recommandent. L’État du Michigan a même fait passer un décret qui impose d’avoir “une protection faciale” dans les espaces fermés pour toutes les personnes médicalement aptes à en porter.

Or, Donald Trump est venu visiter une usine Ford dans cet état du nord le 22 mai dernier. Et il est apparu le visage libre sous les yeux des caméras, alors que toutes les autres personnes présentes avaient respecté les règles. La raison d’une telle infraction ? Le républicain ne voulait pas donner aux journaliste “le plaisir de le voir” masqué. Mais, selon des témoins, il s’est tout de même couvert le visage durant le reste du déplacement, lorsque les caméras étaient éteintes. Une photo de Donald Trump masqué a même été dévoilée dans plusieurs médias.

Une attitude qui n’étonne plus vraiment venant du magnat de l’immobilier. D’autant que, de l’autre côté de l’Atlantique, le masque est devenu un combat politique.

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