Coronavirus : le confinement va-t-il tous nous rendre dépendants aux écrans ?

En cette période de confinement, l'exposition aux écrans est plus importante qu'en temps normal. De quoi nous rendre dépendants ?

Entre la nécessite d’occuper les enfants et le temps libre plus important, le confinement risque d’augmenter grandement notre consommation d’écran. Au point de nous rendre tous dépendants ?

Pendant le confinement, mis en place pour tenter d’endiguer l’épidémie de Covid-19, l’une des principales activités est... de trouver une activité. Beaucoup de professionnels doivent poursuivre leur travail, d’autres exercent leurs fonctions à distance. Mais une partie de la population cherche des occupations à faire à la maison, tant pour les adultes que pour les enfants.

Et pendant cette période particulière, les écrans sont très sollicités. Dans le cadre de l’opération Nation apprenante, mise en place par le ministère de l’Éducation, des vidéos scolaires sont par exemple diffusées tous les jours à la télévision et disponibles en replay. De quoi inciter les enfants à s’installer devant le poste.

L’OMS participe même à une campagne de communication avec les géants des jeux vidéo, encourageant à “Play apart together”, en Français “jouer ensemble mais chacun chez soi”.

Un risque de dépendance

Ces six semaines minimum de confinement risquent-elles de nous rendre tous accros aux écrans ? Tout d’abord, il faut savoir que “les écrans n’ont pas la capacité de générer une addiction, au sens neuro-biologique du terme, ils peuvent en revanche engendrer une dépendance”, nous décrit Bernard Antoine, addictologue, tabacologue et co-auteur de Doser les écrans en famille, avec Isabelle Frenay. La différence, c’est que l’addiction est une pathologie irréversible alors que la dépendance crée un manque mais est réversible.

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“Les mécanismes d’habituation peuvent commencer à se mettre en place au bout de 6 semaines”, décrit le spécialiste. De quoi conduire à une dépendance, donc. Les enfants, adolescents et jeunes adultes - le cerveau se développe jusqu’à 22 ans - y sont plus à risque.

Ce n’est pas le seul problème. L’exposition trop importante aux écrans va aussi “perturber le cerveau”, le plongeant dans un état passif au détriment “du cognitif”. Elle risque aussi de faire perdre “la faculté d’investir de l’effort” et de créer des troubles de l’attention.

Certains écrans meilleurs que d’autres

Tout n’est cependant pas à jeter, selon l’addictologue. Si la télévision entraîne un comportement “passif”, elle offre au moins une “porte de sortie numérique” : il suffit de l’éteindre. C’est plus difficile avec les smartphones et tablettes. Tout comme certains jeux vidéo, qui “engendrent une dépendance comportementale et cognitive”. C’est le cas de ceux nécessitant une connexion quotidienne pour ne pas perdre de points, par exemple.

En revanche, d’autres “peuvent développer les cognitions”, comme par exemple les jeux de stratégie ou de coopération à plusieurs, nous assure Bernard Antoine. Il existe aussi, selon le spécialiste, de très bons “programmes éducatifs sur les écrans”. Le tout est de savoir “gérer son temps”.

“Il faut que les écrans vous servent, mais ne pas être au service des écrans”, conclut l’addictologue. Un conseil qui n’est cependant pas toujours facile à suivre, selon les conditions de confinement.

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