Covid-19 : avant Emmanuel Macron, de nombreux chefs d'État déjà touchés

Lucile Descamps
·7 min de lecture
Emmanuel Macron est loin d'être le premier chef de l'État positif au coronavirus. Donald Trump, Boris Johnson ou encore Jair Bolsonaro sont déjà passés par là.
Emmanuel Macron est loin d'être le premier chef de l'État positif au coronavirus. Donald Trump, Boris Johnson ou encore Jair Bolsonaro sont déjà passés par là.

Emmanuel Macron a été testé positif au coronavirus ce 17 novembre et il est loin d’être le premier chef d’État contaminé. Hospitalisation à l’étranger, chloroquine, soins intensifs... tous ne l’ont pas vécu de la même façon.

Après plus de neuf mois à être passé entre les mailles du filet, Emmanuel Macron a finalement été contaminé par le coronavirus, comme l’a dévoilé l’Élysée, ce jeudi 17 décembre. Comme tous les Français touchés par le virus, le président de la République va rester sept jours à l’isolement.

Ses cas contacts sont actuellement tracés, et doivent, eux aussi, s’isoler avant de repasser un test de dépistage. Parmi eux, le Premier ministre, Jean Castex, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, mais aussi le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez.

VIDÉO - Macron a contracté le Covid-19, Castex testé négatif mais à l'isolement

Boris Johnson en soins intensifs

Emmanuel Macron est loin d’être le premier chef d’État à avoir attrapé le Covid-19. À la fin du mois de mars, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a été diagnostiqué positif. Ses symptômes persistants l’ont conduit a l’hôpital, dans un premier temps pour réaliser des examens. Mais son état s’est rapidement dégradé, et le quinquagénaire a dû être transféré en soins intensifs le lundi 6 avril. Le chef de la diplomatie, Dominic Raab, a été chargé d’assurer l’intérim pendant ce temps.

Après quatre jours, Boris Johnson a pu quitter le service de soins intensifs mais est resté sous étroite surveillance à l’hôpital. Une fois remis, le Premier ministre a imputé à plusieurs reprises la gravité de sa maladie à son surpoids. Il a d’ailleurs lancé, durant l’été, un plan pour lutter contre l’obésité au Royaume-Uni.

Jair Bolsonaro et l’hydroxychloroquine

Durant l’été, c’est le président brésilien Jair Bolsonaro qui a, à son tour, été testé positif au Covid-19. Il s’est confiné dans le palais d’Alvorada, d’où il a continué à gouverner. Même s’il n’a présenté que de légers symptômes, le chef de l’État est resté longtemps à l’isolement puisqu’il a été testé positif une première fois le 7 juillet, puis à nouveau le 15 et encore le 22, rappellent Les Échos. Cependant, il a fait preuve de légèreté sur le sujet à plusieurs reprises. Pendant sa période d’isolement, il a notamment été vu se baladant à moto et discutant sans masque avec des employés, rapportait 20 Minutes à l’époque.

Par ailleurs, Jair Bolsonaro s’est vu prescrire la très controversée hydroxychloroquine, assurant que ce traitement avait “fonctionné”, même si des études ont montré son inutilité contre le coronavirus. Avant d’être malade, le président brésilien a très largement sous-estimé le coronavirus, qu’il a très longtemps comparé à une “petite grippe”. Face à des chiffres de contamination de plus en plus alarmants au Brésil, Jair Bolsonaro a quelque peu adapté son discours, assumant de ne pas prendre de mesures drastiques pour maintenir l’économie à flot.

Au mois d’août, après avoir lui-même été touché par le virus, et surtout face au très important nombre de morts liées à la maladie dans le pays, le chef de l’État brésilien a fait preuve d’un certain fatalisme. “Nous regrettons tous les morts, on va atteindre les 100 000, mais la vie continue et il faut trouver une façon de s’en sortir”, a-t-il résumé lors d’une cérémonie le 7 août. Le pays compte aujourd’hui plus de 183 000 morts.

Le président du Honduras à l’hôpital

Plusieurs chefs d’État d’Amérique latine et du Sud ont également contracté le coronavirus durant l’été, rappelle France Inter. Le premier d’entre eux a été le président hondurien, Juan Orlando Hernandez, qui a annoncé le 17 juin dernier être touché par le virus, tout comme sa femme. Il a été admis dans un hôpital militaire de la capitale Tegucigalpa. Si ses médecins ont affirmé que son état de santé était “bon”, ils ont tout de même précisé qu’il souffrait de “quelques infiltrations pulmonaires”, rappelle Le Monde. Il y a passé plus de 15 jours avant de pouvoir, finalement, rentrer chez lui. “Je ne souhaite à personne [d’avoir le coronavirus]”, a-t-il commenté à sa sortie d’hôpital, après avoir remercié le personnel, rapporte CNN.

Luis Abinader, élu président de République Dominicaine le 6 juillet dernier a, quant a lui, été malade fin juin, en pleine campagne présidentielle. Le 10 juillet, c’est la présidente de Bolivie par intérim, Jeanine Añez, qui a annoncé avoir été testée positive au Covid-19. Elle s’est mise à l’isolement pendant deux semaines, continuant à assurer ses fonctions à distance. Trois membres du gouvernement bolivien avait été déclarés positifs quelques jours avant.

Donald Trump touché en pleine campagne

Celui qui est encore président des États-Unis pour quelques semaines a également été touché par le coronavirus, le 2 octobre, soit un mois avant l’élection présidentielle. S’il n’est pas allé jusqu’aux soins intensifs, le Républicain, âgé de 74 ans, a tout de même dû être hospitalisé pendant trois jours, notamment en raison de difficultés respiratoires.

Alors en pleine campagne présidentielle, il s’est offert une petite sortie controversée en voiture, devant l’établissement où il avait été admis, pour saluer ses sympathisants. Le lendemain, c’est à pied qu’il a définitivement quitté l’hôpital.

Donald Trump a reçu trois traitements différents contre le Covid-19 : du remdesivir, un antiviral qui n’est à ce jour pas recommandé par l’OMS dans le cadre du coronavirus ; de la dexaméthasone, un corticoïde destiné aux malades sévères hospitalisés ; et un traitement expérimental composé d'anticorps de synthèse, rappelle le JDD. Melania Trump, la femme du président sortant, a également été testée positive au Covid-19.

Secret autour du président algérien

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, âgé de 75 ans, n’a pas non plus échappé au coronavirus. Il a, dans un premier temps, annoncé se placer à l’isolement le 24 octobre dernier, après avoir été en contact avec des personnes atteintes du Covid-19. Quelques jours plus tard, le 28 octobre, il a été hospitalisé en Allemagne, officiellement pour des “examens médicaux approfondis”, rapporte Le Parisien. Le 3 novembre, la présidence a finalement annoncé qu’il souffrait bien du Covid-19.

Après un mois d’hospitalisation et au total deux mois d’absence médiatique, il a fait une première apparition télévisée le 13 décembre, affirmant qu’il avait encore besoin de “deux ou trois semaines” de convalescence.

Cas à la chaîne en Europe

Le 24 octobre, le président polonais Andrzej Duda a également été testé positif au Covid-19, mais son secrétaire d’État a affirmé qu’il “allait bien”. Rien n’a été confirmé sur l’origine de la contamination, comme le précise Sud Ouest, mais il avait rencontré le président bulgare quelques jours auparavant, à l’occasion d’un forum d’investissement en Estonie. Ce dernier avait ensuite dû s’isoler puisqu’il avait découvert être cas contact.

D’ailleurs, le 25 octobre, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, annonçait à son tour être positif au coronavirus, et précisait qu’il se faisait soigner chez lui.

C’est désormais Emmanuel Macron qui fait directement face au virus, à peine une semaine avant Noël, et quelques jours seulement, avant son anniversaire.

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