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Cas de gale dans des écoles et des Ehpad : faut-il s'inquiéter ?

Plusieurs foyers de gale se sont récemment déclarés dans des lieux de vie collectifs, suscitant l'inquiétude quant à une recrudescence de cette maladie contagieuse.

Démangeaisons nocturnes, lésions caractéristiques sur la peau... La gale, cette maladie contagieuse causée par un acarien, est-elle en recrudescence? Ces derniers mois, le parasite s'est répandu dans un lycée dans l'Hérault, des collèges de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées ou encore un Ehpad du Cher.

Faut-il s'inquiéter d'une recrudescence? Aucun chiffre officiel ne confirme une telle tendance. La maladie ne faisant pas l'objet d'une obligation de déclaration, Santé Publique France ne réalise pas de suivi précis.

Peu de données officielles mais des indices

La dernière communication de l'établissement public à ce sujet remonte à 2011. Dans un bilan portant sur plusieurs enquêtes régionales, Santé publique France notait une augmentation de l'incidence de la gale sur la période 2008-2010, estimant son incidence à 350 cas pour 100.000 habitants chaque année.

"La gale sévit par 'petites épidémies' dans les collectivités: maisons de retraite, services hospitaliers, écoles, crèches... Des épisodes de gale sont régulièrement signalés", indique de son côté le site de l'Assurance maladie.

"Comme pour les poux, les cas de gale sont considérés comme des dermatoses parasitaires bénignes", explique à BFMTV le professeur Olivier Chosidow, dermatologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

"Il n'y a pas de données robustes permettant d'affirmer que la gale est en augmentation", indique le médecin, qui met toutefois en avant l'existence de "données convergentes" qui laissent à penser à une hausse des cas, comme une augmentation de prescriptions de médicaments.

Épidémie "cauchemardesque" au Royaume-Uni

Son inquiétude est renforcée par la situation outre-Manche. Dans un article du Guardian publié en janvier dernier, des dermatologues britanniques ont sonné l'alarme au sujet d'une augmentation "cauchemardesque" des cas de gale.

Maladie parfois jugée "honteuse" par les patients, la gale pourrait par ailleurs faire l'objet d'un sous-diagnostic. L'Assurance maladie est pourtant très claire: "la gale peut toucher tous types de personnes, quels que soient leur âge, leur hygiène et leur milieu social".

La maladie se transmet par contact physique régulier et prolongé, ce qui explique sa diffusion dans les familles et les collectivités. La lésion apparaît le plus souvent au niveau des mains, entre les doigts, autour des poignets et dans les plis du coude.

Les démangeaisons sont causées par les sillons que creuse l'acarien - le sarcopte - sous la peau. Un dermatoscope, sorte de microscope de la peau, permet de réaliser le diagnostic. La gale se traite ensuite avec un antiparasitaire, comme l'ivermectine.

Article original publié sur BFMTV.com

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