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Scorbut, gale, rachitisme... Ces maladies anciennes en recrudescence au Royaume-Uni

Des maladies "de l'ère victorienne" sont en hausse outre-Manche. Les professionnels de santé alertent notamment sur la pauvreté et la malnutrition qui augmentent dans le pays.

Des maladies du passé que beaucoup croient oubliées. Pourtant, nombre d'entre elles continuent de perdurer dans le monde et certaines sont même en augmentation. C'est notamment le cas au Royaume-Uni où des professionnels de santé alertent sur une recrudescence des "maladies de l'ère victorienne", soit les maladies qui ont fait des ravages notamment au cours du 19e siècle.

Pauvreté, malnutrition, moindre peur du sida, méfiance vaccinale... Les causes de ces augmentations sont multiples. Si, auprès de The Times, la Dr Clare Gerada, présidente du collège royal des médecins généralistes, assure que "nous ne finirons pas comme les Victoriens" car nous avons aujourd'hui des médicaments efficaces, la situation inquiète.

Une hausse importante

Depuis la crise sanitaire du Covid-19, le nombre de Britanniques atteints de la gale a fortement augmenté. Cette maladie, due aux acariens, entraîne de vives démangeaisons, des lésions et des troubles du sommeil.

Selon le collège royal des médecins généralistes, le nombre de cas de gale est actuellement de trois pour 100.000 habitants en Angleterre, soit le double de la moyenne sur cinq ans. Au nord de la région, ce taux monte à six pour 100.000, indique The Guardian.

Le quotidien britannique rapporte également que les cas de rachitisme, maladie causée par le manque de soleil et de vitamines D, sont en augmentation, tout comme ceux de scorbut, lié à une consommation insuffisante de fruits et légumes frais, entraînant une carence en vitamines C.

Le scorbut peut entraîner une extrême fatigue, des saignements des gencives, des pertes dentaires, des douleurs articulaires ou des troubles de la cicatrisation, tandis que le rachitisme affecte le développement des os.

La pauvreté et la malnutrition en cause

Ces deux maladies anciennes sont des indicateurs de la malnutrition. En Angleterre, les hospitalisations pour cette raison sont quatre fois supérieures aujourd'hui qu'il y a 12 ans. Selon The Times, une personne sur six au Royaume-Uni est était "en situation de pauvreté relative" en 2021-2022.

Autrefois, le scorbut touchait particulièrement les marins qui passaient des mois en mer sans consommer ni fruits ni légumes. De nos jours, les professionnels de santé pointent les difficultés croissantes de la population à avoir une bonne alimentation.

En outre, l'obésité est également un signal de la malnutrition. La plupart des enfants obèses sont plus susceptibles de souffrir d'une carence en vitamines D "parce qu'ils ne reçoivent pas les bonnes calories", explique Clare Gerada, et donc de souffrir de rachitisme.

Dans The Guardian, Sir Michael Marmot, directeur de l'institut d'équité sanitaire de l'université de Londres, affirme que la recrudescence de ces pathologies reflète la pauvreté mais aussi les coupes budgétaires dans les services publics. En effet, pour la gale par exemple, la pénurie de médicaments empêche de freiner la progression de la maladie.

D'autres maladies en augmentation

Autre sujet d'inquiétude: les cas de rougeole qui explosent. Selon l'Agence britannique de sécurité sanitaire, ils sont quatre fois plus nombreux en 2023 qu'en 2021. Cette tendance serait en partie due à une réticence vaccinale en hausse, notamment depuis le Covid-19.

Les autorités sanitaires britanniques pointent également une lassitude à l'égard des calendriers de vaccination des enfants et la difficulté d'accès aux vaccins, notamment en raison d'un manque de professionnels de santé à travers le pays.

Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'on pourrait éradiquer cette maladie grâce à la vaccination, il faut toutefois 95% de couverture vaccinale pour l'empêcher de circuler. À Hackney, dans l'est de Londres, ce chiffre n'est que de 56%. En Irlande du Nord, rapporte The Express, un programme de vaccination de rattrapage est actuellement en cours.

D'autres maladies sont également en augmentation outre-Manche, à l'instar d'IST (infections sexuellement transmissibles) comme la syphilis et la gonorrhée. En cause, des temps d'attente très longs pour avoir un rendez-vous de dépistage puis de traitement mais aussi des précautions moindres prises par la population, qui, par exemple, craint moins le sida qu'avant.

Article original publié sur BFMTV.com

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