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Yann Barthès à l'Assemblée : ce qu'il faut retenir de l'audition de l'animateur de Quotidien

La commission d'enquête sur l'attribution des fréquences TNT a entendu ce mercredi matin l'animateur phare de TMC, ses coproducteurs et un dirigeant du groupe TF1.

Yann Barthès a répondu ce mercredi aux questions de la commission d'enquête sur les fréquences de la TNT (Photo : Bertrand GUAY / AFP)

Pour une fois, c'est lui qui a répondu aux questions. Quelques jours après son grand rival Cyril Hanouna, l'animateur TV Yann Barthès était auditionné ce mercredi 27 mars par la commission d’enquête de l'Assemblée nationale sur l’attribution, le contenu et le contrôle des autorisations de services de télévision à caractère national sur la TNT, qui planche actuellement sur la réattribution des fréquences programmée pour 2025.

En compagnie notamment de deux autres membres de sa société de production Bangumi (le journaliste Julien Bellver et le producteur Laurent Bon), mais aussi du directeur général adjoint des contenus du groupe TF1 Ara Aprikian, l'animateur vedette de TMC a notamment été interrogé sur le choix de ne pas inviter de membres du Rassemblement National (RN) dans son émission Quotidien.

"Je ne vais pas vous dire que je suis ravi d'être là"

En introduction, Yann Barthès a d'ailleurs rappelé que l'audition du jour avait été demandée par des députés RN. "J'ai juré de dire la vérité, toute la vérité, donc je ne vais pas vous dire que je suis ravi d'être là, mais c'est néanmoins une expérience, donc je la prends comme telle, a d'abord lancé l'animateur. Nous sommes convoqués à la demande de cinq députés du Front National... du Rassemblement National pardon, et c'est inédit d'être convoqué à deux reprises".

"Notre co-gérante Elodie Bernard est déjà passée devant cette même commission il y a quelques semaines, a poursuivi Yann Barthès. Parmi les cinq députés RN qui ont demandé à ce que nous repassions aujourd'hui, aucun n'était présent lors de notre premier passage (...) par chance, certains sont là aujourd'hui."

Echanges tendus avec les députés RN

La question des relations houleuses entre le RN et Quotidien a immédiatement été mise au cœur des débats. "Il aurait été inconcevable de ne pas auditionner les acteurs de la seule émission du PAF, la seule, qui assume exclure une partie du spectre politique de sa programmation", a ainsi attaqué d'emblée le député RN Thomas Ménagé. "Je voulais savoir pourquoi vous vouliez absolument venir dans une émission qui ne vous plaît pas", a ensuite rétorqué Yann Barthès, interrompant une réponse de son producteur Laurent Bon.

Un peu plus tard au cours de l'audition, l'animateur de Quotidien a montré et évoqué une "liste de violences subies sur le terrain" par les journalistes de l'émission en couvrant le RN. Pour finir sur ce thème, Laurent Bon a assuré que la décision de ne pas inviter de membre du parti d'extrême droite était "collective" : "Ce sont les journaliste de la rédaction qui sont sur le terrain, nous on est au chaud en régie ou à la rédaction, on ne vit pas ce qu'ils vivent. Quand vous avez des hommes et des femmes politiques qui dénigrent leur travail, ce sont ces journalistes chevronnés qui décident de ne plus les inviter."

"On a quitté Canal parce qu'on a senti qu'un certain vent tournait"

Interrogé par l'un des rapporteurs de la commission d'enquête, le député LFI Aurélien Saintoul, Yann Barthès est revenu sur les raisons et le contexte de son départ en 2016 de Canal +, chaîne sur laquelle était diffusé Le Petit Journal, prédécesseur de Quotidien. "On a quitté Canal parce qu'on a senti qu'un certain vent tournait, on avait pas envie d'être mis à la porte", explique l'animateur en référence au rachat de la chaîne par Vincent Bolloré quelques mois plus tôt.

"On avait des salariés, une société, donc on a voulu partir avant le crash, complète Yann Barthès. Gilles Pélisson et Ara Aprikian nous ont appelés, ils nous ont proposés le projet et ça nous a plus. On n'était pas des salariés de Canal +, c'est la direction de la chaîne qui prenait des décisions. Donc de peur de ne pas être reconduits, on a préféré partir."

Retour sur la polémique des propos jugés racistes de Nicolas Sarkozy

Le présentateur de Quotidien a également été invité à s'exprimer sur un dérapage survenu sur le plateau de son émission en septembre 2020. Au cours de l'interview de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, ce dernier avait émis un sous-entendu raciste choquant, établissant un lien douteux entre les mots "singe" et "nègre". "Sur les réseaux sociaux, ça a clairement été sorti du contexte", s'est défendu Yann Barthès, interrogé sur le sujet par la député LFI Sarah Legrain.

"Je pense qu'à ce moment-là - je ne vais pas défendre Nicolas Sarkozy - mais je ne peux pas imaginer une seconde que Nicolas Sarkozy compare des personnes de couleur à des singes, a ensuite assuré l'animateur. Quand il le prononce, je ne peux pas l'imaginer une seconde. Et je pense sincèrement qu'il n'a pas dit ça (...) ces deux mots se sont entrechoqués et il y a eu une polémique en les sortant sur les réseaux sociaux."

La pique de Cyril Hanouna

Entendu lui aussi par les députés la semaine dernière, Cyril Hanouna en a profité pour se moquer de son concurrent. Alors que Yann Barthès était invité à se présenter et à expliquer son travail au début de son audition, l'animateur de Quotidien a réalisé qu'il lui manquait une feuille de son discours d'introduction. Une scène aussi cocasse qu'anecdotique que n'a pas manqué de relayer Cyril Hanouna.