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Cyril Hanouna à l'Assemblée : ce qu'il faut retenir de l'audition de l'animateur de TPMP

Le présentateur de TPMP a été interrogé par une commission d’enquête parlementaire au sujet des différents rappels à l'ordre et sanctions touchant son émission.

Cyril Hanouna a été entendu ce jeudi par la commission d'enquête sur les fréquences de la TNT. (Photo : ALAIN JOCARD / AFP)

Une audition très médiatisée pour un personnage médiatique controversé. Au lendemain de son patron Vincent Bolloré, le présentateur de la chaîne C8 Cyril Hanouna a répondu ce jeudi 14 mars aux questions des membres de la commission d’enquête de l'Assemblée nationale sur l’attribution, le contenu et le contrôle des autorisations de services de télévision à caractère national sur la TNT, dans le cadre de la réattribution des fréquences programmée pour 2025.

Les débats ont principalement porté sur les nombreuses sanctions, et autres rappels à l'ordre, dont a fait l'objet Touche Pas à Mon Poste (TPMP), l'émission phare de Cyril Hanouna, ces dernières années. S'il a reconnu plusieurs "erreurs", l'animateur star de C8 s'est surtout appliqué à minimiser les faits qui lui sont reprochés, à contourner les questions et à dénoncer un "acharnement" contre lui et son émission.

Sur l'affaire Louis Boyard

L'une des premières questions posées dans le cadre de cette audition a porté sur l'altercation en direct à la télévision avec le député de La France Insoumise Louis Boyard. Le 10 novembre 2022, Cyril Hanouna avait copieusement insulté le parlementaire sur son plateau, séquence qui avait conduit à une amende de 3,5 millions d'euros, infligée à C8 par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom, qui a remplacé le Conseil supérieur de l'audiovisuel en 2022).

"J'ai reçu de nombreux députés sur mon plateau et le seul avec qui j'ai eu des problèmes, c'est Louis Boyard, s'est défendu l'animateur. C'est un cas un peu particulier, parce que Louis Boyard, c'était un de nos chroniqueurs. (...) Je l'invite gentiment sur un sujet et il avait prémédité son happening. Il s'est dit : 'Je vais essayer de faire sortir de ses gonds", ce qu'il a réussi d'ailleurs. Je regrette les propos que j'ai tenus, mais quand Louis Boyard venait sur le plateau, je le voyais comme un pote, un pote qui m'a trahi en direct".

Sur l'affaire de la fausse vidéo de la "drogue du zombie"

Le 12 septembre dernier, Cyril Hanouna avait diffusé dans l'une de ses émissions une séquence, tournée à Rouen (Seine-Maritime), et censée montrer des personnes sous l'emprise de la "drogue du zombie" (un mélange de Fentanyl et de Xylazine). Il s'agissait en réalité de personnes malades filmées à leur insu. À la suite de la diffusion de cette fake news, l'Arcom a ouvert une nouvelle procédure.

"On n'est pas les seuls à s'être fait prendre par cette fausse information et on s'en est excusé le lendemain, a plaidé Cyril Hanouna devant les députés. Mais je préfère toujours mettre en garde les gens contre des drogues que de ne pas le faire. (...) Il y a aussi des gens qui nous donnent des infos et parfois on peut les vérifier, mais là on est en direct et d'habitude il y a toujours un contradicteur. C'est une petite erreur de notre part."

Sur les attaques contre Olivier Schrameck, ancien président du CSA

Les problèmes de Cyril Hanouna avec les autorités de régulation audiovisuelles ne datent pas d'hier. Régulièrement épinglé par le CSA du temps de la présidence d'Olivier Schrameck (entre 2013 et 2019), l'animateur avait à l'époque multiplié les provocations à l'antenne ciblant ce dernier. Il a été interrogé sur le sujet par la commission d'enquête.

"À l'époque, on était vraiment une émission de divertissement, à 95% dans le divertissement, a répondu le présentateur TV. C'est un happening comme un autre, comme en faisaient Fabrice Collaro à l'époque, comme le faisaient les Nuls ou les Inconnus, des parodies, des vannes... C'est pas méchant."

Sur l'affaire Lola

À la suite du meurtre de la petite Lola, en octobre 2023, C8 avait de nouveau été épinglée par l'Arcom, en raison de propos tenus dans TPMP. À l'antenne, Cyril Hanouna avait demandé la "perpétuité directe" et un "procès immédiat" pour la principale suspecte de l'affaire, également qualifiée de "présumée coupable".

"L'affaire Lola a bouleversé tout le plateau et moi le premier, a expliqué l'animateur aux députés. J'ai réagi en père de famille. Quand ce crime a eu lieu, on s'est tous mis à la place des parents de Lola. (...) Je me suis mis à la place de ce papa si j'avais eu ce problème avec ma fille. J'ai une fille du même âge, donc c'est vrai que je me suis transposé dans sa situation à lui".

Sur le nombre important de sanctions contre ses émissions

Interrogé à de nombreuses reprises sur le fait que les sanctions successives du CSA, puis de l'Arcom, n'ont pas eu pour effet de mette fin aux dérapages fréquents dans ses émissions, Cyril Hanouna a botté en touche et affirmé que ces sanctions répétées étaient uniquement dues à un "acharnement" de l'autorité de régulation.

"Il y a un vrai acharnement sur mes émissions, on le sait, a notamment affirmé l'animateur vedette de C8. On n'est pas dupes, on doit faire trois fois plus attention que les autres. À événement similaire, on va prendre une sanction, alors qu'une autre chaîne ou un autre animateur ne va pas la prendre. Je sais que je dérange. Vous croyez qu'on ne dérange pas les autres chaînes quand on fait deux millions de téléspectateurs tous les soirs ? (...) Je pense qu'il y a vraiment une forme de lobby qui fait qu'aujourd'hui des gens veulent me faire sortir du paysage audiovisuel parce que je dis des choses que personne ne dit à l'antenne et forcément, ça dérange. Mon franc-parler et ma liberté dérangent", a déclaré l'animateur controversé.

Sur la neutralité politique de ses émissions

À plusieurs reprises, des députés ont tenté d'interroger l'animateur sur la tonalité politique de ses émissions. Accusé notamment de faire la part belle aux intervenants appartenant à la mouvance d'extrême droite, en accord avec les engagements du président du groupe Canal+ Vincent Bolloré, Cyril Hanouna s'est farouchement défendu de tout prosélytisme politique.

"Je ne suis à la botte de personne, a soutenu Cyril Hanouna devant les parlementaires. Personne ne peut dire pour qui je vote, pour qui je voterai, et je ne juge jamais les Français dans mon émission sur leur vote. Tous les soirs, je me mets à la place des Français, il y en a qui ont de nombreuses difficultés et je ne suis pas là pour leur dire 'il faut voter pour untel ou untel'. Je suis là pour donner la parole à tout le monde et montrer toutes les forces en présence qui représentent la France".