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Des soirées raclette aux stages de reprise, à quoi ressemble la pause hivernale d’un cycliste professionnel?

"Ces deux dernières semaines, honnêtement, je pense que j’ai été ivre douze soirs sur quatorze. Depuis que je suis revenu à Cardiff, c’est complètement dingue. C’est comme ça qu’on rencontre ses potes." Non, cette confession n'est pas celle d'un étudiant français parti enchaîner les cuites au Jack Daniel's durant son Erasmus en terres galloises. L'aveu est signé Geraint Thomas.

Interrogé dans les colonnes du Times début novembre sur son programme automnal, le vainqueur du Tour de France 2018 et deuxième du dernier Giro a fait dans la transparence la plus totale.

Je ne bois pas pendant la saison, hormis quelques verres, mais hors saison on se laisse aller

Nuits de beuverie et réveils à midi, ce serait donc ça le quotidien d’un cycliste professionnel en pleine coupure? "Pas vraiment, sourit Pierre Rolland, seize saisons au compteur chez les pros entre 2006 et 2022. Geraint, c'est l'un des derniers Mohicans. Il a 37 ans, un immense palmarès et plus rien à prouver. Il a une hygiène de vie irréprochable toute l'année, mais quand l'hiver arrive il sait se faire plaisir. Il en a besoin. Dans le vélo d'aujourd'hui, c'est une exception. Je vous garantis que la grande majorité des coureurs ne débranche pas autant."

Alors à quoi ressemble cette période charnière pour le commun des coursiers et comment trouver le bon équilibre pour décompresser sans arriver hors de forme à la reprise? C'est généralement en octobre, à la sortie des dernières courses tracées en Italie ou en Asie, que la bécane est (enfin) rangée au garage. Au bout d'un calendrier démarré neuf mois plus tôt, le moment est venu pour le cyclisme de se mettre sur "off". Pour une parenthèse plus ou moins longue. Avec, souvent, du repos complet pour commencer, comme l'explique Aurélien Paret-Peintre.

Ce n’est pas non plus du dégoût mais sur la fin de saison, on en a marre

"On veut faire autre chose, voir autre chose et ne plus penser 'vélo, vélo, vélo'. Moi j'en profite pour partir en vacances au soleil. C'est le meilleur moyen de souffler. Rien faire, ça fait du bien aussi et c'est sympa de s'en rappeler (rires). A part des petits foots avec des copains, je suis un partisan du zéro sport pendant cinq à six semaines", opine le coureur de 27 ans de la formation Decathlon-AG2R La Mondiale.

Un mois de pause, le "bon compromis"

Pour se refaire la cerise et recharger les batteries, pas de règle précise dans le peloton. Chacun fait selon ses habitudes. Farniente le plus total pour certains, une dose de natation, course à pied, padel ou bricolage pour d'autres, histoire de ne pas laisser la machine rouiller et de s'aérer l'esprit. Dans la case des purs infatigables, citons le Polonais d'Ineos Grenadiers Michal Kwiatkowski, qui s'est farci le marathon de New York en novembre, et le Breton David Gaudu, qui a brillé en décembre sur les sentiers enneigés du mythique trail de la SaintéLyon. A chacun sa méthode, comme l'explique Nicolas Boisson, entraîneur chez Groupama-FDJ.

Il y a ceux qui s'arrêtent complètement trois semaines et ceux qui poussent jusqu'à six semaines

"Il y a ceux qui décrochent totalement et ceux qui en profitent pour tester de nouvelles activités. Ça dépend de différents paramètres comme leur état de fatigue, leurs objectifs, leurs sensations... Un mois de repos, ça semble être un bon compromis. Au-delà, il y a le risque de perdre en force et en endurance", avertit le membre du pôle performance de l'équipe française.

Loin des pubs chers à Geraint Thomas, Quentin Pacher a lui pris ses billets pour la Thaïlande et l'Indonésie, pour être sûr de réussir "un grand reset" mental et physique.

Le fait d'être à l'autre bout du monde et de changer de fuseau horaire, je crois que ça aide plutôt bien

A 32 ans, le Libournais, lieutenant de David Gaudu et Thibaut Pinot sur le Tour de France 2023, attaque sa troisième année chez Groupama-FDJ. Et il se connaît suffisamment pour gérer au mieux cette période sans culpabiliser.

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"Même si c'est une passion, on fait un métier où tout ce qui entoure la performance, l'alimentation ou l'entraînement est hyper calibré et planifié, dit-il. C'est très prenant onze mois sur douze, tous les jours. Pour durer dans le temps, il faut pouvoir s'accorder ce moment sans contrainte. Sinon, comme pour tous les athlètes de haut niveau, on peut vite se retrouver dans un tunnel où tout s’enchaîne et ce sera contre-productif sur le long terme. Moi je sais que je me suis bien reposé quand je commence à ressentir une petite frustration et que j'ai cette envie de reprendre l'entraînement avec une motivation toute neuve. Ça passe par un vrai lâcher-prise."

Trois-quatre kilos en plus, "ça se perd vite"

Y compris dans l'assiette? Si le combo pizza-coca-Netflix reste vivement déconseillé, pas question pour autant de passer ses vacances les yeux rivés sur la balance. "Quand j'ai pris ma retraite en 2017, la nutrition n'avait pas une place aussi décisive qu'aujourd'hui dans notre sport. C'est devenu très pointu. Rien n'est laissé au hasard parce qu'on sait que c'est un élément fondamental de la performance. Avant, pendant et après l'effort, l’alimentation tient un rôle clé et ça peut représenter une charge mentale importante pour les coureurs. L'idée c'est de ne pas les embêter avec ça pendant leur pause. Même s'il est préférable de ne pas prendre plus de trois-quatre kilos...", relève l'ancien professionnel Fabrice Jeandesboz, qui a trouvé sa reconversion en tant que nutritionniste dans son cabinet en Bretagne et au sein de l’équipe Cofidis.

Spécialisé dans l'accompagnement nutritionnel des sportifs, passé par l'Insep et le club de football de Liverpool, Julien Louis collabore de son côté avec l'équipe Decathlon-AG2R La Mondiale. Son discours ne varie pas d'un iota.

Prendre quatre kilos, c'est tout à fait normal quand tu as moins de dépenses mais des apports toujours importants

"Même si ça prend un peu plus de temps pour les coureurs dotés d'un plus gros gabarit et au métabolisme lent, ça se perd vite. Et puis ils sont de plus en plus habitués à faire attention à leur alimentation. Ils apprécient les bons produits, ils ne vont pas passer leur hiver au fast-food. Honnêtement, quand on fait la première pesée de reprise fin novembre ou début décembre, on se rend compte qu'il y a une prise de poids chez quasiment tous les coureurs, mais qu'elle est raisonnée."

Autrement dit, mieux vaut éviter de se gaver à chaque dîner des belles terrines de foie gras préparées par les beaux-parents. A l'inverse, le coureur cycliste sait qu'il a de la marge avant d'être envoyé en cure d’amaigrissement dans la station thermale de Merano.

"On allait acheter les trucs les plus horribles"

Et contrairement à ce que certaines silhouettes rachitiques peuvent parfois laisser croire, se contenter d'une feuille de salade verte matin, midi et soir ne figure pas non plus au menu, ni en vacances ni le reste de la saison. "Je ne fais pas du tout attention pendant la coupure et j'ai la chance avec ma morphologie de ne pas énormément grossir, confie Aurélien Paret-Peintre. Le seul conseil du nutritionniste, c’est de respecter un rythme de trois repas par jour pour garder un minimum de muscles. Moi je mange ce qui me fait plaisir. Par exemple, j’adore la viande rouge, donc en octobre je me fais un peu un régime à base de côtes de bœuf!" Et pour un Haut-Savoyard, il serait malvenu de tirer un trait sur les immanquables du pays.

Le fromage, la fondue, la raclette... On ne peut pas passer à côté, l'hiver

"On est humain, on a envie de profiter un peu en faisant des petites soirées, des petits gueuletons. Les soirées arrosées avec les copains, on ne peut pas en faire pendant la saison. Là, c'est difficile de se défiler ou de trouver une excuse en disant qu'on a entraînement le lendemain. Il faut savourer ces moments sans en abuser pour ne pas traîner trop de kilos en plus à la reprise. Moi je sais que j'en prends au maximum deux ou trois et que je n'aurai pas de mal à les perdre."

Quentin Pacher n'est pas non plus du genre à se peser au saut du lit. Pas plus qu'il ne vide les placards ou se rue au McDo. "Quand j'étais en sport-étude, c'était compulsif, se souvient-il. Le premier jour de la coupure, on allait au supermarché pour acheter les trucs les plus horribles qu’on n’avait pas le droit de manger durant la saison, comme des bonbons ou ce genre de choses. Pendant une semaine, c’était n’importe quoi. Mais heureusement j’ai vite mûri et ça fait longtemps que je ne suis plus là-dedans (rires)."

Maintenant, je ne me refuse rien, il n'y a pas de calcul

"La seule chose, c'est qu'on a tendance à perdre de la masse musculaire et prendre un peu de gras comme on est moins actif. Au final, je ne prends pas beaucoup de poids." Concrètement, le coureur capable de se pointer à la reprise avec un excédent de dix kilos sur le porte-bagages est une espèce en voie de disparition. Au grand dam des nostalgiques de Jan Ullrich, qui à sa grande époque n'était pas le meilleur ambassadeur du "cinq fruits et légumes par jour", ou d'un Carlos Betancur.

Le souvenir de Betancur et ses "vêtements qui faisaient garrot"

Au sujet du replet grimpeur colombien, jamais le dernier à reprendre une pinte mais tout de même vainqueur en 2014 de Paris-Nice sous la liquette d'AG2R, Jérôme Coppel raconte qu'il avait "parfois les vêtements qui faisaient garrot". "Il pouvait prendre beaucoup de poids en coupure, reprend l'ex-champion de France du contre-la-montre (2015) et actuel consultant pour RMC.

Je l'ai vu débarquer sur un Paris-Nice, qui se dispute pourtant en mars, avec au moins dix kilos de plus que son poids de forme idéal

"Je me rappelle aussi de Jimmy Casper, un ami, qui pouvait se pointer en décembre avec huit kilos de trop. Mais ça ne l’empêchait pas derrière de s'affûter et de gagner des courses. C'était un autre monde. J'ai vu la différence entre mes débuts en 2008 et ma fin de carrière en 2016. Il n'y a quasiment plus de coureur qui commence une saison avec plus de trois-quatre kilos."

Parce que le vélo s'est modernisé, en poussant toujours plus loin le curseur de la compétitivité. Quand les courses de janvier, février et même mars servaient avant tout à affiner le mollet il y a quelques années, le peloton sait aujourd'hui qu'il doit être prêt d'entrée. Rien que la saison dernière, le glouton Tadej Pogacar a levé les bras à peine remonté sur sa selle, en février, en Espagne. Il ne faut pas non plus s'attendre à voir Jonas Vingegaard, son bourreau sur les deux derniers Tours de France, prendre le départ à la fin du mois du Gran Camino, en Galice, pour y faire simplement de la figuration.

"Nous on pouvait aller fin janvier sur l’Étoile de Bessèges en préparation, en se disant: ‘OK, je suis loin d'être prêt, mais pas d’inquiétude, je vise Paris-Nice ou les classiques ardennaises.’ Ça ne marche plus ça. Si tu arrives à Bessèges sans être au moins à 90%, tu ramasses, tu ne peux même pas suivre le rythme. Le niveau général a clairement augmenté et dès les premiers stages de reprise en décembre, il faut être opérationnel. C'est pour ça que les coupures n'ont plus rien à voir avec ce qui pouvait se faire par le passé.

Moi, je débranchais à 100%: je n'étais plus du tout coureur pendant un mois

"Les nouvelles générations sont à la fois bien plus sérieuses et encadrées avec la data. Les gars ont des vacances, mais pas les mêmes. Ça interroge aussi sur leur longévité, combien de temps tiendront-ils comme ça?", questionne Pierre Rolland, qui en plaisantant "n'imagine pas Cian Uijtdebroeks ou Lenny Martinez finir au pub comme Geraint Thomas".

Une nouvelle génération plus sérieuse (et formatée)

Le Gallois d'Ineos Grenadiers, attendu cette année sur le Giro et le Tour de France, ne disait pas autre chose dans son interview pour The Times. "Il est rare aujourd'hui qu'un jeune coureur prenne un verre, observait-il. Non pas qu'il faille boire pour s'amuser. Cela montre simplement la différence de mentalité. Tout est mesuré et ils sont tous sur la brèche douze mois par an. Même en dehors de la saison, ils continuent à faire du vélo ou à courir des marathons."

Moi j'ai l'impression d'avoir pu profiter de mon temps

Jérôme Coppel note un autre changement propre à cette évolution. "Quand j'étais pro, il n'y avait pas vraiment de réseaux sociaux. Aujourd'hui, même en vacances, tu peux remarquer sur Strava (application qui permet d'enregistrer ses performances sportives, les partager et les comparer, ndlr) qu'untel ou untel a déjà repris l'entraînement et combien de bornes il a avalé pendant que tu étais à la plage. Tu vois aussi à la télé des phénomènes comme Wout Van Aert et Mathieu Van der Poel se préparer tout l'hiver avec des courses de cyclo-cross. Ça peut te faire cogiter, te donner l'impression que tu es peut-être en train de prendre un peu de retard et donc te pousser à ressortir le vélo plus vite que prévu."

C'est en novembre que les choses sérieuses reprennent. Les parasols sont déjà oubliés, les jambes à nouveau rasées, et les cuissards ressortent du grenier. Pour un redémarrage articulé en plusieurs temps. Avec d'abord du travail foncier de base, du renforcement musculaire et les retrouvailles avec sa machine, en solitaire ou escorté d'un coach pour se coltiner par exemple du "derrière-scooter", une méthode d’entraînement répandue qui permet de bosser l’intensité et d’emmener un gros braquet tout en étant abrité.

"Il faut que les premiers jours soient assez légers et que ça monte crescendo au niveau du volume. Certains aiment bien avoir un programme très strict dès le début, donc on leur dit combien de sorties ils peuvent faire, combien de séances de musculation… Pour d’autres, c’est beaucoup plus libre", indique Nicolas Boisson, membre du pôle performance de Groupama-FDJ.

Des sensations "pourries" à la reprise

Et n'allez surtout pas croire que le professionnel est épargné par le fameux mal aux pattes à l'heure de la reprise. Comme le cyclotouriste amateur, lui aussi peut avoir le sentiment d'être aux portes de l'enfer au moment de rappuyer sur les pédales. "Les gens ont tendance à penser qu'il n'y a pas pire qu'un Grand Tour en termes de souffrance et de fatigue pour un coureur", explique Quentin Pacher.

Mais pour moi, la semaine la plus horrible c’est la semaine de reprise

"C’est terrible, on a notre plus faible condition sportive de l’année. Dans le jargon, on dit qu’on est collé. Les sensations sont pas oufs, le coup de pédale n’est pas fluide, la condition physique est approximative. On a l’impression de s’étouffer sur la première bosse qu'on prend, puis ça revient petit à petit", témoigne le coureur français. Ces sensations "pourries", Jérôme Coppel les a aussi connues: "J'étais tellement dans le dur sur mes routes d'entraînement que je me demandais parfois s'ils n'avaient pas relevé la route pendant l'été!

J’avais l’impression de ne plus savoir faire de vélo, de repartir de zéro

"C'était horrible. Mais je savais que je devais en passer par ce processus où j'en chiais les deux premières semaines. Au bout de dix jours, les sensations commençaient déjà à revenir. Le corps a une mémoire."

Pour échapper au froid mordant et à la morosité des jours pluvieux, la rentrée des classes officielle et collective se passe bien souvent en Espagne. Mentions spéciales pour Majorque, la Sierra Nevada, les Îles Canaries et la Costa Blanca, des spots parfaits pour se jauger sur des ascensions à bride abattue avec vue sur les champs d’orangers. Le col de Rates, l'un des lieux mythiques de la côte orientale espagnole, est devenu la Mecque du peloton où les formations professionnelles affluent pour leurs stages hivernaux. C'est ici qu’un jeune Jonas Vingegaard avait bluffé les patrons de Jumbo-Visma en 2018 en pulvérisant le record de l'ascension (6,5km à 5%). Avec des routes plates pour travailler sprints et contre-la-montre, des bosses et les pentes du volcan Teilde, dont la silhouette trône à plus de 2000 mètres d’altitude, l’île de Tenerife réunit également tous les atouts d’un terrain de jeu unique.

Cap sur l'altitude en janvier

"Le stage de décembre est un stage d’équipe et de cohésion très important. C’est peut-être la seule fois de l’année où l’on peut réunir en même temps les sprinteurs, les grimpeurs, les spécialistes des classiques... Le travail va notamment être axé sur l’endurance et des exercices fondamentaux comme la vélocité et l’explosivité dans les cols", détaille Nicolas Boisson.

On augmente peu à peu la durée d’entraînement, ça permet de passer un premier cap avant les fêtes

"On attaque ensuite en janvier des stages plus spécifiques. Le but c’est d’individualiser au maximum pour coller aux spécificités de chacun en fonction de leur calendrier et de leur profil. On constitue différents groupes. Il y a ceux qui vont bosser avant tout les efforts lactiques et la puissance maximale aérobie (PMA), ceux qui vont se tester en altitude, ceux qui vont multiplier les longues sorties foncières...", précise l'entraîneur français.

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Et puisque la question de l’alimentation n’est jamais bien loin, c’est aussi en décembre-janvier que les staffs mettent au point des "plans nutritionnels". "On fait généralement un premier entretien nutritionnel avec les coureurs fin novembre, puis un deuxième lors du stage en Espagne pour réévaluer leur composition corporelle, précise Julien Louis, le nutritionniste de Décathlon-AG2R La Mondiale. A partir de ces données et de leur programme de courses, on adapte nos recommandations nutritionnelles. Un sprinteur qui débute sa saison dès janvier en Australie n’a pas forcément les mêmes besoins qu’un grimpeur tourné vers Tirreno-Adriatico ou le Tour de Catalogne en mars."

C’est justement au nord-est de l’Espagne, après s’être montré au Tour de l'Algarve, au Portugal, et sur les chemins blancs toscans des Strade Bianche, que Geraint Thomas passera un premier vrai test en vue du Giro. L’occasion de vérifier les bienfaits (ou non) de son régime à base de houblon. Et, peut-être, de garder la recette pour l'hiver 2024.

Article original publié sur RMC Sport