Réforme des retraites : j'exerce un métier pénible, qu'est-ce que ça change pour moi ?

Photo d'illustrration REUTERS/Stephane Mahe
Photo d'illustrration REUTERS/Stephane Mahe

On estime que près de deux millions de salariés sont concernés par la pénibilité de leur métier.

Dans cette série d'articles, nous examinons les conséquences du projet de la réforme des retraites sur différents profils types de travailleurs. Ici, pour ceux qui exercent un métier considéré comme pénible. Des changements peuvent toutefois avoir lieu dans le cadre de l'examen du projet de loi au Parlement.

"Moi j'adore pas le mot de pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible", affirmait Emmanuel Macron en octobre 2019 à Rodez, pour défendre la réforme des retraites version 2019, qui ne verra finalement pas le jour.

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La réforme des retraites version 2023 va pourtant changer la donne sur la pénibilité, avec des évolutions qui vont permettre chaque année à plus de 60 000 personnes supplémentaires de bénéficier d'un compte pénibilité, qui peut permettre de partir plus tôt.

  • Ce qui ne change pas

C'était l'une des demandes principales des syndicats sur la pénibilité : le retour des quatre critères de pénibilité supprimés en 2018 sous le gouvernement d'Édouard Philippe : les postures, les charges lourdes, les vibrations mécaniques et l'exposition aux agents chimiques. Le gouvernement n'a pas accédé à cette demande, qui émanait également de Xavier Bertrand ou encore Yannick Jadot.

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Les six critères restant sont les activités exercées en milieu hyperbare (hautes pressions), les températures extrêmes, le bruit, le travail de nuit, le travail en équipes successives alternantes et le travail répétitif.

  • Ce qui va changer

Désormais, à 45 ans, âge d'entrée dans la catégorie senior, une visite chez le médecin du travail sera obligatoire pour les métiers présentant l'un des six critères de pénibilité.

À l'issue de cette visite, le médecin du travail pourra demander que vous suiviez une formation pour changer de métier. Objectif : sortir les salariés du métier pénible le plus tôt possible.

Autre rendez-vous créé, à l'âge de 61 ans, toujours pour les mêmes secteurs d'activité. Cette fois, le médecin du travail pourra décider si vous devez partir plus tôt à la retraite pour votre santé. Si c'est le cas, ce sera au mieux à 62 ans avec une retraite à taux plein, soit deux ans de plus qu'actuellement. Le gouvernement assure que ce départ anticipé sera plus facilement accordé.

Autre changement, concernant le compte professionnel de prévention, le C2P. S'il reste bloqué à six critères, certains facteurs de pénibilité sont allégés pour être pris en compte. Désormais, le seuil de travail de nuit passera ainsi de 120 à 100 nuits par an et celui du "travail en équipes successives alternantes" de 50 à 30 nuits par an.

Avec la réforme, les points de pénibilité seront acquis plus rapidement pour les salariés exposés à plusieurs risques, sans limites de nombre, contrairement à ce qui est prévu à l'heure actuelle. Des points qui permettront de bénéficier d'un droit à la reconversion.

Par exemple, 60 points acquis sur le compte pénibilité permettront de financer une formation longue et qualifiante de 30 000 euros. Les droits à la formation seront également renforcés avec un point de C2P ouvrant un droit de 500 euros de financement de formation contre 375 euros aujourd'hui, rappelle TF1.

Les points acquis peuvent également permettre de bénéficier d'un temps partiel sans perte de salaire ou de valider des trimestres de majoration de durée d'assurance vieillesse et permettant de partir plus tôt à la retraite. Selon les estimations, près de 2 millions de salariés sont concernés, mais pour l'instant 9.600 ouvriers seulement ont terminé plus tôt en raison de la pénibilité de leur métier.

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