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Pourquoi Gabriel Attal a écarté l'idée d'un vote de confiance à l'Assemblée nationale

Une décision tout sauf surprenante. Gabriel Attal a écarté ce mardi 16 janvier la possibilité d'un vote de confiance, en marge de sa déclaration de politique générale devant le Parlement, a appris BFMTV ce mardi 16 janvier, confirmant des informations du Parisien.

Prévue la semaine prochaine, cet exercice consiste pour le chef du gouvernement à présenter aux parlementaires les grandes orientations de la politique de l'exécutif ainsi qu'une méthode. Charge à lui ensuite de se soumettre, ou non, à un "vote de confiance" et auquel cas d'engager sa responsabilité, comme le définit l'article 49.1 de la Constitution.

Le procédé peut permettre au Premier ministre en exercice d'asseoir sa légitimité s'il recueille la majorité absolue des suffrages exprimés, mais présente le risque d'entraîner sa démission en cas d'issue défavorable.

Autant le dire clairement: le jeu n'en vaut pas la chandelle pour Gabriel Attal, qui doit composer avec une majorité relative à l'Assemblée nationale. Dans tous les cas, rien ne l'y oblige. Cela relève davantage de la tradition républicaine, au même titre que la déclaration de politique générale. Avant lui, huit autres Premiers ministres, dont sa prédécesseure Élisabeth Borne, se sont passés d'un vote de confiance sous la Ve République.

Les insoumis ont promis une motion de censure

La décision de Gabriel Attal est donc plutôt logique. D'ailleurs, il n'en faisait pas vraiment de mystères jeudi dernier lors de son interview sur TF1, rappelant l'absence de "majorité absolue" au Palais Bourbon. Le peu de suspens autour du vote de confiance n'a pas empêché la gauche ces derniers jours de le réclamer à l'envi et de souligner que toutes les démocraties fonctionnent ainsi, comme l'a ensuite confirmé France Info.

Promettant une motion de censure si le Premier ministre ne se soumettait pas aux suffrages des députés, La France insoumise a anticipé le choix de Gabriel Attal. En étant votée à la majorité absolue, la disposition renverserait le gouvernement. Mais elle n'a abouti qu'une fois dans l'histoire de la Ve République, en 1962.

Et si l'on s'en tient aux déclarations de Jean-Philippe Tanguy sur France Inter récemment, ce n'est pas près de changer. Le vote de la motion de censure, "dépendra de ce qu'annonce monsieur Attal, mais je ne pense pas que les Français veuillent qu'on censure a priori un gouvernement qui n'a encore rien fait", avançait le président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale.

Sans ces voix de l'extrême droite, un hypothétique renversement du gouvernement n'a aucune chance d'aboutir.

"Hyperprésidentialisme"

Dans tous les cas, les insoumis s'offriront la possibilité de faire savoir leur franc désaccord, en prenant néanmoins le risque de caractériser un peu plus leur échec à faire adopter des motions de censure, après en avoir déposées à de nombreuses reprises.

Plus généralement, la gauche profite de la séquence pour dénoncer "l'hyperprésidentialisme" d'Emmanuel Macron, à l'image de la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot sur BFMTV-RMC. En cause: le fait que le président de la République organise une conférence de presse pour donner le cap de la suite du quinquennat, avant même que le Premier ministre ne délivre sa déclaration de politique générale.

Article original publié sur BFMTV.com