Parler climat devant un avion, appel au "sursaut républicain" : la séquence d'Emmanuel Macron fait vivement réagir

Emmanuel Macron sur le tarmac de l'aéroport d'Orly, le 14 juin 2022. (Photo by GONZALO FUENTES / POOL / AFP) (AFP)

Emmanuel Macron a pris la parole à cinq jours du deuxième tour des législatives, juste avant de s'envoler vers la Roumanie.

"Aucune voix ne doit manquer à la République", "il nous faut défendre nos institutions face à tous ceux qui les contestent et les fragilisent". En 5'40, avant de décoller pour Roumanie, Emmanuel Macron a pris la parole sur le tarmac de l'aéroport d'Orly mardi 14 juin, devant l'avion présidentiel, pour s'exprimer avant le deuxième tour des législatives.

Une séquence largement commentée et qui suscite de nombreuses critiques et interrogations. "Cela donne le sentiment que la séquence a été faite à la va-vite, c'est très surprenant, on a le sentiment que le Président va vaquer a ses fonctions internationales et qu'il gère le sujet des législatives, pourtant essentiel pour son quinquennat, en 2'40, qui plus est sur le tarmac, ce qui renvoie à l'image du chef d'État en fuite comme à Varenne ou Baden-Baden", analyse Arnaud Benedetti, politologue, rédacteur en chef de la Revue politique et parlementaire.

"Pour éviter de refaire mai 68 dans les urnes, votez Macron"

Une comparaison au chef d'État en fuite largement reprise, et que partage Philippe Moreau-Chevrolet. "C'est l'image de De Gaulle en mai 68 devant son hélicoptère en fuite à Baden Baden. C'est une référence qui parle aux électeurs seniors, qui ont connu mai 68. L'idée c'est de leur dire pour éviter de refaire mai 68 dans les urnes, votez Macron. L'électorat senior, de droite, c'est la cible de Macron", détaille le communiquant.

"Parler écologie devant un avion, ce n'est ni le bon message, ni la bonne façon de faire"

Toujours en lien avec l'avion présidentiel, une phrase a retenu l'attention, lorsqu'Emmanuel Macron explique qu'il souhaite aller vers "un avenir sans pétrole, sans gaz, sans charbon, un avenir sans carbone"."C'est très décalé de parler écologie devant un avion, ce n'est ni le bon message, ni la bonne façon de faire, d'autant qu'il y a une vive incertitude de savoir qui va s'en occuper dans le gouvernement puisque la ministre de la Transition écologique, Amélie de Montchalin, pourrait être battue aux législatives", complète Philippe Moreau-Chevrolet.

Au-delà de l'image de l'avion, c'est le discours en lui-même qui est aussi largement commenté. "C'est une confirmation de la ligne dure vis-à-vis de la NUPES, il dramatise les extrêmes comme si la démocratie était en danger. C'est la même stratégie qu'à la présidentielle, de dire que RN et LFI sont des dangers pour la démocratie, et de se placer comme le seul candidat de la démocratie", relève le communiquant.

Un écho à involontaire à "la République c'est moi!"

Symbole de cette stratégie, une phrase dans le discours a particulièrement marqué l'attention. "Nous sommes à l’heure des choix. Dimanche, aucune voix ne doit manquer à la République. Dimanche, je compte sur vous", lance le président à l'adresse des électeurs.

"C'est un écho involontaire à la phrase de Jean-Luc Mélenchon, 'la République c'est moi', ce n'est pas un message à combattre l'abstention mais bien à voter pour lui, comme si voter pour la majorité était le seul vote républicain", analyse Arnaud Benedetti, en référence à la phrase prononcée par Jean-Luc Mélenchon en 2018 lors d'une perquisition du local de LFI.

La menace d'un pays ingouvernable

En cas de majorité relative pour Ensemble ! à l'Assemblée, ou encore d'une victoire de la NUPES aux élections législatives, les membres de la majorité présidentielle prévoient un sombre avenir politique pour le pays.

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Selon les projections des instituts de sondage, Ensemble ! s'oriente vers une majorité relative, ce qui la contraindrait à nouer des alliances avec certains partis ou individuellement avec des députés d'autres tendances politique afin de faire voter les lois à l'Assemblée. Une situation toutefois incertaine en raison de l'abstention massive au premier tour, qu'Emmanuel Macron tente donc d'enrayer en brandissant le sursaut républicain chez les électeurs, face à la possibilité d'une majorité relative.

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