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Où et quand le PSG pourrait-il déménager en cas de départ du Parc des Princes?

Une sortie fracassante. Au sortir du congrès de l'UEFA organisé ce jeudi à Paris, le président du PSG Nasser al-Khelaïfi a profité d'une déclaration à la presse pour répondre au Conseil de Paris, qui a voté ce mardi 6 février contre une vente du Parc des Princes. Pour le dirigeant qatari, cette décision va clairement acter un déménagement du club. "C’est trop facile de dire maintenant que le stade n’est plus à vendre. On sait ce que l’on veut, on a gâché des années à vouloir acheter le Parc. C’est fini maintenant", a lancé le dirigeant devant trois médias français, dont RMC Sport.

"On veut bouger du Parc", a-t-il conclu.

Le Conseil de Paris, présidé par la maire Anne Hidalgo, avait réaffirmé "l'appartenance du Parc des Princes au patrimoine de la Ville", refusant une nouvelle fois la vente du stade au PSG. L'assemblée municipale dominée par les élus socialistes et écologistes a conforté cette position, demandant que la modernisation de l'enceinte sportive "soit réalisée dans le cadre d'un montage satisfaisant toutes les parties mais n'impliquant pas sa cession". A noter que la droite s’est abstenue sur le vote. Ses membres n’ont pas de position claire sur le sujet. L'idée pour eux est de garder toutes les options sur la table sans parler d'une vente.

Restent les questions du timing et de la destination d'un éventuel déménagement. RMC Sport fait le point sur cet épineux dossier.

Où le PSG pourrait-il déménager?

Ce mercredi, la déclaration de Nasser al-Khelaïfi marque une nouvelle étape dans le conflit entre le Paris Saint-Germain et la mairie de Paris, alors que le PSG considère l'acquisition du Parc des Princes indispensable pour mener à bien son projet d'agrandissement à 60.000 places - contre environ 48.000 places actuellement. Pour le club parisien, il s’agit du seul levier pour augmenter ses recettes et rester compétitif en Europe. Mais en cas de départ confirmé du Parc, où le PSG pourrait déménager? La situation est très compliquée.

Si l'on considère simplement les stades disponibles à Paris ou à proximité, la liste est courte: Charléty, Jean-Bouin et le Stade de France. Au-delà du problème de capacité des deux premiers, ils appartiennent à la mairie de Paris. Et au regard des relations entretenues avec le PSG, impossible d'imaginer une vente. Aucune de ces pistes n’est envisagée, pas plus que celle menant à la Paris La Défense Arena, propriété du Racing.

Quant au Stade de France, il n’est plus à vendre. Le PSG pourrait envisager de le louer le temps de construire un autre stade, mais il ne s’agirait que d’une solution intérimaire. Comme l’expliquait RMC Sport en janvier, le PSG a lancé un travail de réflexion pour la construction d’une enceinte à l’ouest de Paris.

L’une des pistes évoquées faisait état d’un intérêt pour l’hippodrome de Saint-Cloud. Ce projet ne verra jamais le jour, tout simplement parce que ce site est inconstructible et protégé par le Plan Local d’Urbanisme (PLU) en place depuis 2012. Certains ont également évoqué une solution à l’hippodrome d’Auteuil, qui appartient à la mairie de Paris avec une exploitation confiée à France Galop. Une solution "totalement impossible", selon plusieurs interlocuteurs. Le fait que ce lieu reste un hippodrome est inscrit noir sur blanc dans le contrat avec la mairie qui est en place jusqu’en 2056. Pour le reste, les pistes évoquées se heurtent à la question des transports et de l'accessibilité.

Sans compter les innombrables recours et oppositions que le club devrait probablement affronter sur la question de la bétonnisation et de l'utilité d'un tel projet dans un contexte environnemental tendu. Ces dernières semaines, l’option de Montigny-le-Bretonneux a ainsi fait le tour des médias. Cette commune des Yvelines possède un espace assez important pour une implantation du futur stade du PSG.

Sur le papier, cette idée, proche du Vélodrome et de la base de loisirs de Saint-Quentin-en-Yvelines, parait séduisante. Mais ce lieu, sous la gestion de la région, représente une grande énigme pour différents interlocuteurs. "Ils n’ont aucune prise de conscience sur les transports", confiait en janvier à RMC Sport une source proche du dossier. Une autre ajoutait : "En pleine crise environnementale bétonner des sols naturels et pour partie protégés, je leur souhaite bon courage".

Dans une interview récemment accordée au Parisien, Jacky Lorenzetti, qui connaît bien la question puisqu’il est le propriétaire de la Paris La Défense Arena et président du Racing 92, résumait ainsi le casse-tête parisien: "Il est très compliqué de trouver un endroit proche de Paris pour de telles constructions. (…) Je ne veux pas m’immiscer dans un dossier que je ne connais pas mais je pense que le PSG restera au Parc des Princes."

Quand le PSG pourrait-il déménager?

Le PSG est engagé jusqu'à fin 2043 dans un bail emphytéotique de trente ans avec la mairie, propriétaire du Parc des Princes. Cela veut dire que le PSG est obligé de louer et d'entretenir le Parc jusque-là. Ce bail contraint le club de la capitale à occuper les lieux et à mener à bien les aménagements prévus. Le loyer est actuellement compris entre 2 et 2,5 millions d'euros par an. Rien n’empêche toutefois le club de déménager l'équipe première masculine et de garder l'enceinte pour une autre équipe (les féminines, par exemple), mais l’addition serait salée. Autrement dit, Paris peut tout à fait déménager dès demain, mais il devra financer deux stades jusqu'en 2043.

Du côté des supporters, la sortie de Nasser al-Khelaïfi inquiète au sein du Collectif Ultras Paris, dont les membres souhaitent voir leur club rester dans son enceinte historique, comme ils l'ont fait savoir à RMC Sport. Pour eux, c’est clair: PSG rime avec Parc des Princes. Comme ils l’ont déjà fait savoir, ils n’envisagent pas de voir leur club quitter son stade historique pour s’installer ailleurs.

Article original publié sur RMC Sport