Noël Le Graët vers la sortie ? Qui a le destin du président de la FFF dans ses mains ?

FFF French president Noel Le Graet (L) and Olympique Lyonnais president Jean-Michel Aulas (R) attend a press conference to present the FIFA Women's World Cup France 2019, at the town hall of Lyon, on October 12, 2017. (Photo by JEFF PACHOUD / AFP)
JEFF PACHOUD / AFP FFF French president Noel Le Graet (L) and Olympique Lyonnais president Jean-Michel Aulas (R) attend a press conference to present the FIFA Women's World Cup France 2019, at the town hall of Lyon, on October 12, 2017. (Photo by JEFF PACHOUD / AFP)

FOOTBALL - « Maintenant il faut partir. » Les mots adressés à Noël Le Graët s’inscrivaient ce mardi 10 janvier en Une du journal Le Parisien, pourtant peu habitué aux prises de position. Ils figuraient aussi très certainement dans les pensées de la ministre des Sports. La veille, Amélie Oudéa-Castera avait improvisé une conférence de presse pour réagir au dernier dérapage en date du président de la Fédération française de football.

Avec des mots très durs, elle avait critiqué le Breton avec qui ses relations sont fraîches depuis qu’elle a pris ses fonctions au début de l’été. La ministre a même indiqué qu’Emmanuel Macron avait été « déçu et heurté » par les propos de Noël Le Graët sur Zinedine Zidane. Depuis, elle a également assuré de tout son soutien Sonia Souid, agente de joueurs, qui accuse NLG dans le cadre d’un scandale de harcèlement sexuel qui ébranle la fédération.

Il y a en revanche une phrase qu’Amélie Oudéa-Castera n’a pas encore prononcé : « Noël Le Graët doit quitter ses fonctions ». Et d’ailleurs, elle a encore moins « décidé » de limoger le président de la FFF

Pourquoi Oudéa-Castera ne limoge pas Le Graët

Pourquoi ? Tous simplement parce que le pouvoir politique n’a pas le pouvoir de destituer un président de fédération. S’il y a bien un lien entre le ministère des Sports et la FFF via une délégation de service public (elle permet à la FFF de toucher des subvention de la part du ministère mais aussi au ministère des Sports de commander un audit sur les agissements sexistes et secuelles au dein de la fédération), la FFF est libre d’organiser ses structures selon ses propres statuts.

Une telle décision, si elle venait à être prise, entraînerait par ailleurs la colère de la Fédération internationale (la Fifa) qui pourrait alors sanctionner l’équipe de France. « Toutes les fédérations membres doivent administrer leurs affaires de manière indépendante », rappelait la Fifa fin 2017 quand la fédération espagnole traversait une crise de gouvernance qui avait poussé le gouvernement à se positionner. Il était alors question de suspendre l’équipe nationale de la Coupe du monde 2018.

La balle dans le camp du Comex

Si Noël Le Graët décide de s’accrocher à son poste, une seule instance peut le pousser à partir : le comité exécutif (Comex) de la fédération. C’est d’ailleurs à ses membres qu’Amélie Oudéa-Castera s’est adressée lors de sa conférence de presse. « Il est important que le Comex de la Fédération française de football prenne toute la mesure de la situation, dans un temps d’échange que je l’invite à avoir, a-t-elle déclaré. Il y au sein du Comex des personnalités éminentes qui ont fait la preuve de leur valeur, de leur efficacité, de leur vision et du sens des responsabilités. Je sais qu’elles en feront preuve à nouveau dans les semaines à venir et qu’elles pourront peser pour remettre cette Fédération sur les bons rails. »

Ce Comex est composé de 14 membres, 12 élus sur la liste de Noël Le Graët lors des élections de mars 2021 (notamment Jean-Michel Aulas qui est, selon Franceinfo, à la manoeuvre pour exfiltrer le président) et deux membres de droits (notamment le président de la Ligue de football professionnel). Il ne peut pas, à proprement parler destituer le président mais il peut le pousser à démissionner. Dans ce cas, c’est le vice-président, en l’occurrence Philippe Diallo, qui assurerait l’intérim jusqu’aux prochaines élections prévues fin 2024. Plusieurs médias, dont Le Parisien et BFM, annoncent d’ailleurs que ce Comex va se réunir en urgence mercredi matin pour réclamer des explications à NLG.

Il n’y a en réalité que deux instances qui peuvent tout chambouler : la haute autorité du football (24 membres représentant 13 « collèges ») qui peut destituer tout le comité exécutif via un vote à la majorité des 2/3 ou l’Assemblée fédérale (des représentants de l’ensemble des clubs) qui peut voter l’organisation d’élections anticipées.

Les 14 membres du Comex de la FFF
Noël Le Graët, président - Philippe Diallo, vice-président délégué - Laura Georges, secrétaire générale - Aline Riera, trésorière générale - Jean-Michel Aulas, membre - Éric Borghini, membre - Albert Gemmrich, membre - Hélène Schrub, membre - Marc Keller, membre - Philippe Lafrique, membre - Pascal Parent, membre - Jamel Sandjak, membre - Vincent Nolorgues, président de la Ligue de football amateur - Vincent Labrune, président de la Ligue de football professionnel

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