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"Je ne m'inquiète vraiment pas pour lui" : Marilou Berry réagit à l'affaire Depardieu

Membre du jury du festival de l'Alpe d'Huez, la comédienne Marilou a évoqué l'affaire Depardieu et la libération de la parole des victimes d'agressions.

"Il ne va pas lui arriver grand-chose, comme à la plupart des hommes qui tuent des femmes, qui les violent et qui les agressent", a estimé Marilou Berry, membre du jury du festival de l'Alpe d'Huez, interrogée ce mardi au micro de BFMTV sur l'affaire Depardieu.

Gérard Depardieu, visé par trois plaintes pour viol et agression sexuelle, apparaît brièvement dans le film Maison de retraite 2, présenté hors compétition au festival de l'Alpe d'Huez.

"On ne va pas l'effacer"

"Depardieu est un acteur qui joue dans des films. Donc à partir du moment où il n'a pas été jugé, on ne va pas l'effacer, a poursuivi l'actrice qui est juré du festival. D'ailleurs, même quand il sera jugé, puisqu'il ne va pas lui arriver grand-chose, comme à la plupart des hommes qui tuent des femmes, qui les violent et qui les agressent. Donc je ne m'inquiète vraiment pas pour lui".

"C'est dur, c'est pénible, mais la parole est en train de se libérer, estime l'actrice. C'est pour ça que j'encourage toutes les victimes, et je sais que c'est dur. Et je soutiens toutes celles qui ne parlent pas, il n'y a aucun jugement sur le fait de parler ou de se taire".

"Les victimes commencent à parler, parce qu'elles se rendent compte qu'il faut arrêter d'avoir peur."

"La justice fonctionne mal"

"Mais je pense qu'on ne pourra pas faire sans la justice, ajoute-t-elle. La justice fonctionne mal, la justice ne fait pas tout le temps son travail, et je pense que c’est important que les gens s’informent sur comment la justice fonctionne. La justice n’est pas une valeur, la justice est une application de textes et de lois".

"On ne lâchera pas, il faut se battre, il ne faut pas lâcher. Moi je suis très pessimiste, mais je pense quand même qu’il ne faut pas lâcher et bon courage à tous."

Marilou Berry avait réagi en décembre dernier, à la tribune de soutien à Gérard Depardieu, dont plusieurs signataires se sont ensuite désolidarisés.

"Moyenne d'âge, 70 ans (autrement dit ça sent le sapin quoi) ils ne sont QUE 50, quand on regarde la liste de plus près, on sent bien qu'ils ont fait les fonds de tiroirs quand même", avait-elle publié sur Threads.

Depuis la diffusion de Complément d'enquête sur France 2 le 7 décembre dernier, le monde de la culture, et même la société française, se déchire sur ce qui est devenu l'affaire Depardieu.

Tribunes et débats

À l'origine de la controverse, des images inédites du voyage de Gérard Depardieu en Corée du Nord, en 2018, rendues publiques par l'émission de France Télévisions. Une séquence en particulier a provoqué la colère de certains téléspectateurs. Dans un haras, il affirme que "les femmes adorent faire du cheval (car) elles ont le clito qui frotte sur la selle (...) elles jouissent énormément".

Depuis, les tribunes se sont multipliées, pour défendre ou au contraire dénoncer la conduite de l'acteur et le système qui l'a permise. Le président de la république, Emmanuel Macron a lui-même pris part au débat en dénonçant la "chasse à l'homme" dont serait victime Gérard Depardieu. Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a quant à lui indiqué sur BFMTV et RMC que les propos de l'acteur "le choquent".

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - La Minute de Gérard Depardieu