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Mort de Thomas: Manuel Bompard réfute l'idée de "deux France côte à côte" et appelle à "l'unité"

Après le drame de Crépol, Manuel Bompard appelle sur BFMTV-RMC à l'unité et tance la droite ainsi que son extrême, responsables selon le coordinateur de La France insoumise de "plaquer" sur cet événement "une lecture du choc des civilisations" qui ne "correspond pas à la réalité".

Au départ, le député des Bouches-du-Rhônes est questionné sur une déclaration prononcée par Gérard Collomb, au moment de sa passation de pouvoir au ministère de l'Intérieur le 3 octobre 2018. "Aujourd'hui on vit côte à côte (...) Je crains que demain on ne vive face à face", déclarait l'ex-maire de Lyon qui partageait son constat sur les banlieues. Depuis son décès, ce samedi, cette phrase est exhumée par l'extrême droite, qui en fait un étendard.

À la justice de faire son travail

Manuel Bompard conteste le récit selon lequel deux France se confronteraient et appelle à "faire en sorte que ça ne se produise jamais". "On doit tous avoir chevillé au corps la question de l'unité du peuple français", déclare ce très proche de Jean-Luc Mélenchon. Et de citer les questions "sociale" et "climatique", ainsi que la "République", soit autant de sujets sur lesquels "on a besoin d'être unis".

Si la "mort du jeune Thomas est un drame", c'est à "la justice" de faire "son travail", souligne Manuel Bompard. Une façon de cibler l'ultradroite, qui a organisé plusieurs rassemblements en France pour demander "justice", dont un à Romans-sur-Isère, près de Crépol, qui a conduit à des affrontements avec les forces de l'ordre, avant que 6 personnes ne soient condamnées à la de la prison ferme.

Le coordinateur de la France insoumise fait également remarquer que la justice n'a pas retenu de mobile raciste lors des violences à Crépol, qui, en plus d'aboutir à la mort de Thomas ont fait plusieurs blessés. L'insoumis confronte ainsi les éléments du procureur de la République de Valence au discours de l'extrême droite et de la droite, accusant ces forces politiques de chercher à décrire ce drame comme un "choc des civilisations".

"Ce qui manifestement, ne correspond pas à la réalité, en tout cas, si j'en crois les faits qui sont retenus à ce stade", insiste-t-il.

Le discours d'un racisme "anti-blanc" est alimenté par le récit de 9 témoins parmi les 104 auditionnés après le drame à Crépol. Ces derniers disent avoir entendu des propos hostiles "aux blancs".

Éric Dupond-Moretti "a raison"

Manuel Bompard donne également le point à Éric Dupond-Moretti, après son intervention remarquée ce mardi à l'Assemblée nationale. Le ministre de la Justice a accusé le Rassemblement national d'opposer "la France rurale" à "la France des cités", avant d'inviter la formation d'extrême droite à "faire le ménage dans ses troupes", en écartant ses "identitaires", "nazillons", "racistes" et "antisémites". En réponse, Marine Le Pen, cheffe des députés RN, a fait part de son intention de déposer une plainte.

Le garde des Sceaux "a raison", approuve Manuel Bompard, qui profite toutefois de la séquence pour tacler les macronistes. L'élu de Marseille salue ainsi une réponse à "ceux qui essayent de donner des brevets de respectabilité" à la formation d'extrême droite. Il cite à ce titre sa présence à la manifestation contre l'antisémitisme.

Un rassemblement organisé à l'initiative de Gérard Larcher, président du Sénat, et de Yaël Braun-Pivet, son homologue à l'Assemblée nationale, issu des rangs de Renaissance. LFI avait boycotté l'événement - même si certains de ses élus se sont rendus à une manifestation à Strasbourg - en dénonçant la venue de l'extrême droite, qui n'a pas l'objet d'un refus explicite.

"Donc oui, sur ce point, monsieur Dupond-Moretti a raison, mais alors qu'il mette en cohérence ses paroles et ses actes", conclut Manuel Bompard.

Article original publié sur BFMTV.com