Ce que l'on sait sur le crash de l'avion au Népal qui a fait au moins 68 morts, dont un Français

Des secouristes sur les lieux d'un accident d'avion qui a fait au moins 68 morts à Pokhara, au Népal, le 16 janvier 2023 - Prakash MATHEMA / AFP
Des secouristes sur les lieux d'un accident d'avion qui a fait au moins 68 morts à Pokhara, au Népal, le 16 janvier 2023 - Prakash MATHEMA / AFP

Une catastrophe particulièrement meurtrière. Un avion partant de Katmandou s'est écrasé dimanche au Népal avec 72 passagers à son bord, faisant au moins 68 morts. Il s'agit du crash le plus meurtrier dans le pays depuis 31 ans.

• Un espoir "nul" de retrouver des survivants

Le bimoteur ATR 72 de la compagnie Yeti Airlines doit atterrir dimanche à l'aéroport de Pokhara, situé au centre du Népal, et en service depuis seulement le 1er janvier. Mais il plonge dans une grotte et s'écrase dans la matinée aux alentours de 11h15 heure locale, 6h15 heure française. Il compte 72 personnes à son bord, dont 4 membres d'équipage.

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Sur les lieux du crash, les secours découvrent une carcasse en feu située au fond d'un ravin de 300 mètres. Des militaires participent activement toujours aux recherches ce lundi. 69 cadavres ont été retrouvés jusqu'à présent. Cependant, les chances de retrouver des survivants ont été déclarées comme "nulles" ce lundi par un haut responsable local.

• Un Français parmi les passagers

On en sait encore peu sur les occupants de l'appareil. La compagnie d'aviation a indiqué que la majorité des passagers étaient népalais. 15 étaient de nationalité étrangère: cinq Indiens, quatre Russes, deux Sud-Coréens, un Argentin, un Australien, un Irlandais et un Français. Selon le Kathmandu Post, trois nourrissons et trois enfants étaient à bord.

Les noms des passagers ne sont pas encore connus, alors que 63 corps ont été pour l'instant envoyés pour identification à l'hôpital, selon le responsable de la police locale.

En raison de la présence d'un Français parmi les passagers, une équipe d'experts issus du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) hexagonal pour l'aviation civile est dépêchée sur place. Elle doit arriver mardi au Népal et participer à l'enquête technique.

• Un deuil national au Népal

Le Népal observe une journée de deuil national ce lundi en hommage aux victimes, au lendemain du crash. Le Premier ministre du Népal Kamal Dahal s'est rendu sur les lieux du drame.

La catastrophe survenue dimanche est le crash d'avion le plus meurtrier survenu au Népal depuis 1992. Cette année-là, un avion de la compagnie Pakistan International Airlines s'était écrasé avec 167 passagers à son bord. Aucun n'avait survécu.

• Les causes du crash encore inconnues

Un jour après le drame, il est encore trop tôt pour déterminer les raisons de du crash. Selon un porte-parole, "la visibilité était bonne" au moment du drame et il n'y avait "aucun problème avec la météo", rapporte la BBC. Le pilote aurait cependant demandé à atterrir sur une piste différente de celle prévue pour des raisons inconnues.

Un témoin de la scène raconte par ailleurs à l'AFP qu'une "forte explosion" a retenti, "comme si une bombe avait explosé".

Une enquête a été ouverte. Et bonne nouvelle ce lundi: les services de recherches ont retrouvé les boîtes noires de l'avion. Visiblement "en bon état", selon un responsable de l'aéroport de Katmandou, ces boîtes noires contiennent l'enregistrement des voix du cockpit et les données du vol.

• Des accidents récurrents au Népal

Les catastrophes aériennes impliquant des avions civils sont récurrentes dans le pays. Si le domaine s'est développé ces dernières années en raison de l'essor touristique de la région, qui attire notamment pèlerins et randonneurs, les pilotes souffrent d'un manque de formation. La maintenance des avions est également considérée comme insuffisante.

L'ensemble des compagnies aériennes népalaises, dont Yeti Airlines, sont d'ailleurs placées sur liste noire par l'Union européenne et sont donc interdites de survoler l'espace aérien européen pour des raisons de sécurité.

Autre difficulté: le Népal ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour établir des prévisions météorologiques précises. Impossible donc pour les pilotes d'anticiper certaines perturbations, en particulier dans les régions montagneuses reculées, où le temps est particulièrement changeant. Les pistes d'atterrissage sont par ailleurs réputées dangereuses, situées parfois près de pics vertigineux.

Article original publié sur BFMTV.com