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Guyane : une personne décède de la rage à Cayenne, faut-il s’inquiéter ?

Une personne est récemment décédée de la rage en Guyane, une première depuis 16 ans dans cette région d'outre-mer. Les autorités sanitaires sont sur le qui-vive.

Il s’agit d’une première en 16 ans. Selon un communiqué de la préfecture et de l'ARS de Guyane, un patient infecté par la rage est mort à l'hôpital de Cayenne, un malade qui avait été admis au service de réanimation aux côtés de deux autres patients, entre le 17 février et le 1er mars, "en provenance du site d'orpaillage d'Eau Claire", dans le sud de la Guyane. D’après les dernières informations rapportées, les deux personnes avec qui il a été hospitalisé ont également perdu la vie. Des analyses sont actuellement en cours afin de déterminer les causes de leur mort.

Face à cette situation, Anne Lavergne, la responsable du laboratoire des interactions virus/hôtes à l'institut Pasteur, s’est exprimée sur le sujet. "Le principal réservoir de la rage en Amérique du Sud, ce sont les chauves-souris vampires Desmodus rotundus", a-t-elle rappelé tout en expliquant être dans l’attente de nouvelles informations. Car pour le moment, la manière dont la victime a été contaminée n'est pas encore connue. Suite à cette nouvelle des plus préoccupantes, les autorités sanitaires ont donc pour mission de tracer les personnes susceptibles d'être entrées en contact avec le malade. En parallèle, une mission de santé publique va être menée sur le site d'Eau Claire pour évaluer la situation.

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Des dizaines de milliers de morts chaque année

Comme le rappelle l’Organisation mondiale de la Santé, la rage n’est pas une maladie du passé. C’est une maladie d’origine virale qui tue des dizaines de milliers de personnes chaque année, principalement en Asie et en Afrique, dont 40% sont des enfants de moins de 15 ans. Mais que les plus angoissés se rassurent : en France, aucun cas de rage humaine, acquise sur le territoire métropolitain, n’a été recensé depuis 1924. Un seul cas a été rapporté en 2008 en Guyane. Un incident qui aurait pu être évité si la victime avait été vaccinée.

À noter que chez l’être humain, l’infection découle en général d’une morsure ou d’une griffure profonde d’un animal porteur de la rage. La transmission peut aussi se produire par contact direct entre la salive d’un animal infecté et les muqueuses (par exemple les yeux ou la bouche) ou une lésion cutanée récente.

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Les symptômes initiaux comportent des signes communs comme de la fièvre accompagnée de douleurs ou de fourmillements, démangeaisons ou sensations de brûlure inexpliqués à l’endroit de la blessure. La propagation du virus dans le système nerveux central entraîne une inflammation progressive et mortelle de l’encéphale et de la moelle épinière.