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Festival de Cannes : pourquoi DiCaprio aurait pu avoir le prix d’interprétation ?

 Festival de Cannes : pourquoi DiCaprio aurait pu avoir le prix d’interprétation ? 
Crédit : Apple
Festival de Cannes : pourquoi DiCaprio aurait pu avoir le prix d’interprétation ? Crédit : Apple

Killers of the flower moon a créé l’événement sur la Croisette : Robert de Niro et Leonardo DiCaprio forment le duo le plus iconique de cette 76e édition et auraient chacun mérité un prix d’interprétation… si le film avait été présenté en compétition.

Mais c’est la loi du festival : tout film doit sortir dans les salles françaises pour concourir à la Palme d’or et autres récompenses. Or, Killers of the flower moon est un film Apple TV+ et ne sera disponible que sur la plateforme chez nous, à compter du 18 octobre. Mais la firme à la pomme a été la seule à accepter de produire cette fresque monumentale de Martin Scorsese qui dure 3h26. Sur le papier, cette durée pouvait effrayer les festivaliers cannois, épuisés par une première semaine de pluie, de festivités et de projections. Mais, malgré quelques longueurs, la maestria et l’engagement du réalisateur des Affranchis, de Casino et de Gangs of New York emportent la mise. C’est un véritable plaidoyer politique que signe le cinéaste américain dans ce récit qui raconte la façon dont les blancs américains ont spolié les terres et les biens des Indiens Osage : ayant hérité d’un petit bout de terre cachant des gisements pétroliers, cette communauté devient au début du 20e siècle « la plus riche du monde par habitant ». Il n’en fallait pas moins pour révolter les capitalistes racistes qui, afin de récupérer le pactole, se débrouillent pour épouser les femmes Osage en mal de mari et/ou tuer des familles entières.

C’est de cette histoire vraie, relatée dans un livre documentaire de David Grann, que part tout le film : tout en se faisant passer pour l’ami des natifs, un éleveur de bétails (Robert de Niro) demande à son pleutre et benêt de neveu d’épouser une héritière Osage. Mais l’amour s’en mêlera…

Entre western politique et drame intime, le long-métrage raconte un terrible conflit de loyauté et une histoire d’amour maudite en parallèle d’un épisode peu reluisant et très violent de l’histoire américaine. Leonardo Di Caprio, méconnaissable avec sa lippe pendante et son regard de chien battu, n’avait jamais incarné aussi bête et lâche que ce personnage. Robert de Niro lui n’est jamais aussi bon que chez son ami Marty qui lui offre ici un rôle jouissif de vilain manipulateur, raciste, fourbe, cynique. Quant à Lily Gladstone, c’est à ce jour la révélation féminine de ce festival malgré un personnage dont on peine d’autant plus à comprendre la naïveté et l’aveuglement qu’elle est installée comme une forte tête dans ses premières scènes.

Mais fort de ses grands numéros d’acteurs, d'un sens de la mise en scène hors pairs, de ruptures de ton d’une habileté impressionnante et d'un sujet éminemment politique, Killers of the flower moon est à ce jour le meilleur film du Festival.

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