Euro 2024: "les joueurs sont livrés à eux-mêmes", le constat inquiétant de Di Meco sur l’attaque des Bleus

Le visage de l’équipe de France à l’Euro 2024 laisse Eric Di Meco circonspect. L’ancien défenseur de l’OM, membre de la Dream Team RMC Sport, a étalé ses doutes sur le style tactique très flous des Français après leur match nul contre la Pologne (1-1). L’absence de fil conducteur ou de choix tactiques marquants le laissent sur sa faim.

"On est un peu dans le flou et c’est ce qui m’inquiète le plus"

"Il y a quand même de quoi être inquiet", a-t-il estimé dans Apolline Matin sur RMC ce mercredi. "Même si l’équipe de France ne nous a jamais fait lever du canapé sur les dernières compétitions après les matchs de poule, il y avait généralement un truc qui se passait, Didier trouvait la formule. En 2018, c’était le fameux poste de Matuidi un peu plus haut (à gauche), sur la dernière Coupe du monde, c’était Griezmann un peu plus bas au milieu et on savait dans quelle direction on allait. Là, en sortant de ces trois matchs, je ne suis pas capable de vous dire s’il va continuer avec ce milieu de terrain à trois - parce qu’il a l’air de ne pas vouloir choisir entre Tchouaméni et Kanté -, si Mbappé va enfin revenir dans son couloir gauche - qui est son meilleur poste pour moi plutôt que cette position d’avant-centre hybride - et si à droite Dembélé - qui a fait une bonne mi-temps sur six - doit occuper ce poste. On est un peu dans le flou et c’est ce qui m’inquiète le plus."

Si la défense dégage une très grosse solidité, l’attaque est sujette à de nombreuses interrogations. "Le gros problème, offensivement, c’est qu’on sent que les joueurs sont livrés à eux-mêmes, on joue sur un exploit de Mbappé ou de Griezmann qui n’était pas là hier (mardi) soir et on a vu qu’on ne peut pas se passer de Griezmann."

"Didier compte beaucoup sur le talent de ses attaquants, c’est vrai qu’il n’y a pas de liant ou de phases de jeu offensives qui semblent travaillées régulièrement avec des situations qui se reproduisent de match en match au point de se dire, tiens, ‘ça, c’est l’identité de jeu française’", remarque-t-il.

Il ajoute une dernière remarque sur l’un des sujets les plus discutés du moment: l’état de forme et le positionnement de Kylian Mbappé. "Pour moi, il fallait prendre le risque de faire jouer Mbappé contre les Pays-Bas", lance-t-il au sujet de la fracture du nez du Madrilène subie face à l’Autriche. "Ce match était trop important puisque finir premier de ce groupe permettait d’être dans la partie la plus facile. Malgré son masque qui est un peu gênant, c’est quand même l’attaquant le plus dangereux à chaque fois, même dans cette position de 9 où il a moins de profondeur. Mbappé n’est jamais aussi fort que quand il joue dans le couloir gauche et on doit faire avec ça."

Article original publié sur RMC Sport