Dictée, calcul mental... Contre la baisse de niveau à l’école, Pap Ndiaye recycle les vieilles recettes

Des directives doivent être publiées jeudi par le ministère de l’éducation à destination des enseignants de primaire.
Laurence Mouton / Getty Images/PhotoAlto Des directives doivent être publiées jeudi par le ministère de l’éducation à destination des enseignants de primaire.

ÉCOLE - Les mesures se suivent et se ressemblent. Le ministre de l’Éducation nationale devrait annoncer jeudi des directives à destination des enseignants du primaire, qui seront, selon Le Monde, publiées dans le Bulletin officiel du 12 janvier. Parmi elles, un accent sur la dictée, la rédaction et le calcul mental. Des mesures très classiques, que ses prédécesseurs avaient déjà proposées.

En 2018, Jean-Michel Blanquer sortait un guide de 130 pages de recommandations à destination des enseignants, dans lequel figuraient notamment 15 minutes de dictée et de calcul mental par jour dans les classes, ainsi que deux exercices d’écriture quotidiens. En 2015, Najat Vallaud-Belkacem annonçait une « refondation de l’école », prônant « une dictée, du calcul et de la lecture tous les jours ».

On prend donc les mêmes recettes et on recommence. Interrogé le 4 janvier sur BFMTV par Apolline de Malherbe, Pap Ndiaye annonçait : « Nous allons mettre en place des mesures, relatives à des choses classiques, à la dictée, à la conjugaison », pour les classes de CM1 et de CM2. Il invoquait alors une étude publiée en décembre par le ministère de l’Éducation, montrant que les performances en orthographe des élèves de fin d’école élémentaire sont toujours en baisse en 2021, mais de façon moins marquée qu’en 2015.

Deux fois plus d’erreurs qu’en 1987

Selon cette enquête sur l’orthographe, menée à quatre reprises depuis 1987, avec la même dictée pour des élèves de CM2, le nombre moyen d’erreurs a augmenté régulièrement, passant en 34 ans de 10,7 erreurs à 19,4, indique l’agence des statistiques du ministère de l’Éducation (Depp).

« Dès ce mois de janvier, des recommandations pédagogiques (par exemple sur la pratique régulière de la dictée, la pratique quotidienne de la rédaction, la régularité du calcul mental) sont adressées aux professeurs de CM1 et de CM2, aux formateurs et aux inspecteurs afin de leur donner les moyens de faire réussir tous les élèves », indiquait un communiqué de presse du ministère publié dans la foulée.

À l’entrée en sixième, 27 % des élèves n’ont pas le niveau attendu en français et près d’un tiers ne l’a pas en mathématiques. Le communiqué annonçait donc également la création d’une heure par semaine de renforcement ou d’approfondissement en français ou en mathématiques en 6e, assurée par des enseignants d’école élémentaire. Pap Ndiaye a souligné que cette mesure allait permettre « un agrafage meilleur entre le primaire et le secondaire ».

Autre nouvelle mesure : « À compter de la rentrée 2023, tous les élèves de CM1 passeront des évaluations nationales en français et en mathématiques qui donneront aux professeurs des repères pédagogiques afin d’éviter que les difficultés ne s’installent », a annoncé le ministre.

Ces annonces, « vues moult fois depuis longtemps », selon Stéphane Crochet, du SE-Unsa, ont laissé les enseignants dubitatifs. « Tout ça pour ça », a également réagi auprès de l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, qualifiant ces mesures de « cosmétiques ». « Pour nous, l’urgence sur la classe de 6e est la diminution des effectifs en classe, qui implique évidemment un recrutement d’enseignants », ajoute-t-elle.

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