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Quels sont les dangers du CBD ? Un addictologue nous dévoile ce qu'il faut savoir

Le CBD a gagné en popularité en France ces dernières années. Cette substance présente-t-elle un risque ? Un addictologue nous informe sur les potentiels dangers du cannabidiol.

Selon un sondage, un Français sur dix a consommé du CBD en 2022

Le CBD suscite un intérêt grandissant en France. Selon un sondage de l’Inpes pour Santé Publique France, en 2022, les trois quarts des Français ont déjà entendu parler du CBD et un Français sur dix en a consommé dans l’année. Alors que la consommation de CBD se démocratise, des préoccupations existent sur ses potentiels dangers. David Saint Vincent, responsable d'établissements médicosociaux en addictologie, nous en apprend davantage sur les risques liés à la consommation du CBD.

Le CBD n'est pas un stupéfiant

Le CBD, ou cannabidiol, est un composé que l'on retrouve dans les plantes de cannabis. Contrairement au THC, le tétrahydrocannabinol, un autre composé du cannabis, le CBD n'est pas psychoactif, ce qui signifie qu'il ne produit pas les effets récréatifs associés au cannabis. Comportant moins de 0,2 % de THC, il ne permet pas d’obtenir un quelconque effet planant, ne modifie pas la perception et n’altère ni les fonctions cognitives ni les fonctions motrices.

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"Le CBD n’est pas considéré comme un stupéfiant, nous explique l'addictologue, c’est-à-dire une substance qui peut créer une accoutumance et/ou une dépendance, ni un psychotrope qui altère de façon importante le fonctionnement du cerveau et du psychisme de la personne qui la consomme." Contrairement à certaines idées reçues, le risque de dépendance est considéré comme très faible, voire nul.

"Attention tout de même, si le CBD est consommé en combustion, mélangé à du tabac, ce qui est le mode de consommation le plus courant, la nicotine contenu dans la feuille de tabac associée au CBD est susceptible de générer une dépendance à la nicotine qui crée une forte dépendance. Mais ce n’est pas le CBD qui est le responsable ici", insiste l'expert.

Comment consommer du CBD ?

Le CBD étant très peu, voire pas addictif, l’abus de CBD n’est pas en soi une inquiétude majeure. En revanche, il est important que le consommateur soit informé qu’il existe des façons de consommer moins risquées que d’autres. "Lorsqu’il est fumé, le CBD comporte tous les risques liés à la combustion (goudron, monoxyde de carbone, etc.) et présente donc un risque majeur pour la santé, en particulier sur les risques de cancers et de maladies cardiovasculaires", précise David Saint Vincent.

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Pour ne pas être exposé à ces risques pour la santé, il existe d'autres manières de consommer du CBD. "L’utilisation la moins dommageable reste donc sous forme ingérée, en infusion ou sous forme d’huile déposée dans la bouche, ou encore par voie cutanée, sous forme de pommades ou de crèmes, recommande l'addictologue. Sous ces formes, le consommateur réduit considérablement les risques sur sa santé."

L’utilisation la moins dommageable du CBD est la forme ingérée, en infusion ou sous forme d’huile déposée dans la bouche (Getty Images)
L’utilisation la moins dommageable du CBD est la forme ingérée, en infusion ou sous forme d’huile déposée dans la bouche (Getty Images)

Un risque de sanctions... au volant

"Le seul véritable problème avec le CBD, c’est qu’il peut positiver un test au cannabis : si vous subissez un test cannabis salivaire par un fonctionnaire de police, il peut être positif, même si vous n’avez consommé que du CBD, met en garde David Saint Vincent. La personne sera alors considérée comme usagère de produit illicite, alors que ce n’est peut-être pas le cas, et les conséquences peuvent être lourdes pour la personne concernée". Il est important de clarifier que le cannabidiol n'est pas classé comme stupéfiant en France, ni comme un psychotrope. Par conséquent, l'utilisation de produits à base de CBD est autorisée, à condition que leur teneur en THC ne dépasse pas le seuil légal établi, qui doit être inférieur à 0,2%.

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En revanche, toute personne ayant consommé du CBD, testée positive lors d’un contrôle routier et déclarée sous l’emprise d’un produit stupéfiant, s’expose à des sanctions. "Les sanctions pénales peuvent aller d’un stage de sensibilisation aux risques routiers et dangers des drogues, associé à une suspension du permis de conduire, voire en cas de récidive, à l’annulation automatique du permis de conduire, outre une peine de prison, assortie ou non de mesures de sursis ou sursis probatoire", expliquait Me Adrien Pujol à Ouest France.

"Le CBD à ranger du côté des tisanes apaisantes"

Un conducteur de 38 ans, contrôlé positif au cannabis par des gendarmes de l'Orne en mars 2023, assurait aux juges qu'il ne consommait que du CBD. Jugé pour conduite sous stupéfiants, il a plaidé le "flou juridique" entre CBD et cannabis, indique Ouest France. Sans succès. Le prévenu a finalement été déclaré coupable et condamné à quatre mois de prison avec sursis probatoire pendant dix-huit mois.

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"Si un effort est fait pour d’une part différencier le CBD des cannabinoïdes, et d’autre part, pour promouvoir des utilisations à moindre risque, le CBD sera probablement un produit de consommation à ranger du côté des tisanes apaisantes et des produits 'bien-être' qui ont des vertus intéressantes, avance l'addictologue. Les propriétés pharmacologiques du CBD intéressent les professionnels de santé et pharmaciens depuis plusieurs années déjà, poursuit-il. L’important est d’avoir des idées claires sur les indications du CBD et pour quelles situations il est vraiment efficace et à quelle dose. Il faut aussi être conscient que comme dans beaucoup de cas, ce n’est pas en augmentant les doses qu’on augmente nécessairement l’efficacité".

Des conseils pour les novices

Si le CBD s'est très largement démocratisé ces dernières années, il est compliqué de bien s'informer sur le sujet. "Les boutiques de CBD peuvent être une source, estime l'expert, mais il est parfois difficile pour un client de faire la différence entre le vendeur renseigné et rigoureux dans ses informations et celui qui fait semblant de s’y connaitre. Et puis le problème d’un vendeur, c’est que son objectif est aussi de vendre".

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Autre moyen de s'informer judicieusement : les livres. "Il existe des ouvrage accessibles au grand public comme "le petit livre du CBD" de Nicolas Authier, psychiatre et addictologue, qui a beaucoup travaillé sur cette question", recommande David Saint Vincent. En parler à des professionnels de santé comme votre pharmacien ou médecin traitant peut également vous apporter des réponses. "Les professionnels de l’addictologie et des CSAPA (Centres de soins d’accompagnement et de soins en addictologie) s’intéressent souvent à ces questions et proposent des rendez-vous confidentiels et gratuits et pas uniquement lorsqu’on est 'accro' à un produit", conclut le spécialiste.

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