Coronavirus : quels scénarios possibles pour la reprise de l'école le 11 mai ?

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L'école a partiellement repris au Danemark. La France pourrait suivre plusieurs pistes pour en faire de même le 11 mai prochaine.
L'école a partiellement repris au Danemark. La France pourrait suivre plusieurs pistes pour en faire de même le 11 mai prochaine.

Dans son allocution du 13 avril, Emmanuel Macron a annoncé une date de sortie confinement. Il a aussi abordé le sujet de l’école, évoquant une reprise dès les 11 mai. Quels sont les scénarios possibles ?

Cette annonce a quelque peu surpris. Dans son discours du 13 avril, Emmanuel Macron a affirmé que le début du déconfinement - le 11 mai si les conditions sanitaires le permettent - s’accompagnerait de la réouverture des crèches, des écoles, des collèges et des lycées.

Dès le lendemain de cette annonce, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, assurait le service après-vente sur différents plateaux télévisés. Si l’idée est de permettre aux parents de retourner travailler, l’objectif est aussi “social”, a-t-il martelé. Il faut ramener les décrocheurs sur les bancs de l’école, mais aussi éviter que les inégalités ne se creusent encore chez ceux qui n’ont pas le matériel nécessaire pour suivre les cours à distance et aider les enfants victimes de violence à domicile. Interrogé à de nombreuses reprises sur la mise en oeuvre, le ministre a précisé que différentes pistes étaient à l’étude et que des détails seraient donnés dans une quinzaine de jours.

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Une chose est sûre, la rentrée du 11 mai ne sonnera pas un retour à la normale. “Le gouvernement, dans la concertation, aura à aménager des règles particulières : organiser différemment le temps et l’espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants, avec le matériel nécessaire”, expliquait Emmanuel Macron dans son allocution du 13 avril. Quels sont les différents scénarios possibles ?

Une rentrée progressive

Jean-Michel Blanquer l’a précisé sur France 2 le 14 avril, le retour en classe sera “progressif”, à l’instar de ce qui se fait actuellement au Danemark, où l’école a pour l’instant repris dans la moitié des communes et dans 35% des établissements de la capitale.

Chez nous, plusieurs pistes sont envisagées. La rentrée pourrait se faire par tranche d’âge. Priorité semble être, pour l’heure, donnée aux plus jeunes - qui ne peuvent pas rester seuls à la maison - ainsi qu’aux lycéens professionnels, qui seraient les principaux décrocheurs. “Le président de la République a parlé d’une réouverture des crèches et des écoles, puis des collèges et des lycées” a d’ailleurs éclairci Jean-Michel Blanquer lors de son passage au JT de France 2.

Autre possibilité, un retour à l’école envisagé par zone géographique, en fonction des nombres de cas de Covid-19 ou de places en réanimation, par exemple. “Il est important d’avoir un cadre national, avec une adaptation locale”, soulignait le ministre de l’Éducation nationale sur France 2 ce 14 avril.

Des petits groupes et moins de cours

Une autre solution sur laquelle devra se pencher le gouvernement sera celle de faire reprendre les cours en petits groupes. “Il est hors de question d'avoir des classes bondées dans la situation actuelle, ça, c'est une certitude”, affirmait Jean-Michel Blanquer sur France 2. “Pour arriver à ces résultats, il est possible que l'on ait une charge horaire moins importante pour les élèves. On peut très bien imaginer des petits groupes à certains moments de la journée et la suite se passe à distance, notamment pour les élèves les plus grands”, précisait-il.

Il est donc possible que la reprise de l’école se fasse, par exemple, par demi-journée, afin de diviser les effectifs en deux. Pour les plus grands, certaines matières pourraient être lésées pour que seule une partie des cours soit dispensée en présentiel.

Masques et éloignement

Le ministre a également assuré réfléchir à la possibilité du port du masque pour tous les élèves comme pour les enseignants. Si cette solution n’est “pas exclue”, elle pose tout de même la question de l’accès au matériel d’ici le 11 mai, alors que la distribution est encore limitée, y compris pour les soignants. Sans oublier que “certains établissements manquent déjà cruellement de matériel en temps normal”, souligne Claire Gueville, secrétaire nationale responsable du lycée au SNES-FSU. Difficile d’imaginer qu’ils seront tous fournis non seulement en masque, mais aussi en gel hydroalcoolique et qu’ils offriront un accès aux points d’eau d’ici quatre semaines.

Des dispositifs d’éloignement pourraient aussi être mis en oeuvre en classe. Le Danemark a, par exemple, placé les tables à deux mètres les unes des autres. Un réaménagement qui nécessite forcément de réduire l’effectif des classes.

Pour la récréation et la cantine, les plages horaires pourraient être largement étendues, afin qu’un nombre restreint d’enfants s’y trouve en même temps.

Des tests pour tous ?

La possibilité de proposer des tests à tous les enseignants ne semble pas convaincre le gouvernement. “Même si nous étions capables de faire un test pour tous, on peut très bien tomber malade le lendemain du test. Donc ça voudrait dire un test tous les jours pour tout le monde, et ça, ça n'est pas possible sur un plan pratique”, a rapidement réagi Jean-Michel Blanquer.

Or, outre les parents d’élève, le retour à l’école inquiète également toutes les personnes travaillant dans les établissements scolaires, dont certaines sont à risque pour le coronavirus. L’une des solutions serait donc de permettre aux équipes éducatives de revenir sur la base du volontariat. Une idée qui ne sera sans doute pas retenue. Le ministre de l’Éducation est d’ailleurs resté relativement flou sur le sujet. “Si certains ont des problèmes de santé, je serai le premier à considérer qu'ils ne doivent pas revenir,” a-t-il expliqué ce 15 avril sur LCI, sans développer la teneur des “problèmes de santé”.

Des vacances studieuses

Si les vacances estivales sont bien maintenues à partir du 4 juillet, elles pourraient être plus studieuses qu’à l’accoutumé afin de rattraper une partie du retard accumulé durant ce confinement.

Jean-Michel Blanquer a notamment avancé l’idée de “colonies de vacances apprenantes”, ainsi que la mise en place du dispositif école ouverte, permettant l’accueil d’élèves durant l’été.

Autant de solutions qui devraient être discutées avec les syndicats et les associations de parents d’élève dans les prochains jours.

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