Coronavirus : les inquiétudes sont-elles justifiées ?

Depuis le début de l'année, le nouveau coronavirus cristallise toutes les inquiétudes. Est-ce justifié ?

Le nouveau coronavirus venu de Chine, s’est rapidement étendu, dépassant les frontières jusqu’à toucher des habitants de plus de 30 pays différents. Une situation qui génère beaucoup d’inquiétudes. Sont-elles justifiées ?

Une nouvelle source d’angoisse a vu le jour en même temps que l’année 2020 : le coronavirus Covid-19. Les premiers cas ont été enregistrés en décembre dernier dans la ville Chinoise de Wuhan. Mais très vite, la maladie s’est étendue à toute la province du Hubei, puis à l’ensemble du pays, et finalement, à l’international. Après plus de deux mois, des malades ont été dénombrés dans 30 pays.

L’étau se resserre

Si l’OMS a d’abord temporisé, elle a finalement déclaré l'urgence de santé publique de portée internationale, le 30 janvier dernier. La maladie fait désormais le quotidien des médias et chaque journée est rythmée par l’actualisation du nombre de contaminés et de victimes.

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Dans l’Hexagone, 12 personnes ont pour l’instant contracté le nouveau coronavirus. L’une d’entre elles est décédée, une est encore hospitalisée et les dix autres sont guéries. Mais, alors que le nombre de cas augmente d’heure en heure au nord de l’Italie, la France s’inquiète et les autorités se préparent.

Un taux de mortalité de 2,3%

L’angoisse autour de la maladie est indéniable, mais est-elle justifiée ? “On l’a beaucoup dit dès le début, il s’agit d’un virus qui est un peu de l’ordre de celui de la grippe avec un taux de létalité légèrement supérieur”, nous décrit Christophe Batejat, responsable adjoint à la Cellule d’intervention biologique d’urgence de l’Institut Pasteur

Selon une vaste étude menée sur 72 000 patients par le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies, reprise notamment dans Sciences et avenir, le Covid-19 est mortel dans 2,3% des cas. Les personnes âgées de plus de 80 ans sont les plus à risque.

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Le taux de létalité de la grippe est légèrement inférieur à 1%, comme nous précise le spécialiste. Des chiffres à relativiser puisque “si les cas sévères sont diagnostiqués, il y a aussi beaucoup de cas asymptomatiques qui ne sont pas forcément testés”, précise-t-il, et n’entrent donc pas dans les calculs.

Le risque de mutation

“On a des inquiétudes parce que c’est nouveau, ça émerge, mais il y a énormément de maladies qui, chaque année, font beaucoup plus de morts”, explique Christophe Batejat, citant notamment Ebola ou le paludisme.

Le nouveau coronavirus pose tout de même des questions sur son évolution, et notamment auprès des scientifiques. “La grippe, on sait comment elle se modifie, elle est connue depuis des années”, décrit le spécialiste. “Là, on espère que le Covid-19 ne va pas évoluer, qu’il ne va pas y avoir des mutations qui vont le rendre plus pathogène”, rapporte-il. Un risque qui n’est donc pas écarté, même si le taux actuel de mortalité fait que le virus n’est, pour l’instant, pas “plus inquiétant que ça”.

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