Virus respiratoire en Chine : faut-il craindre son arrivée en France ?

Un nouveau virus sévit en Chine depuis fin décembre. Il commence à se répandre dans d'autres pays d'Asie.

Le mystérieux virus apparu en Chine fin décembre continue de se répandre. À quelques jours du nouvel an lunaire, qui implique le déplacement de millions de personnes à travers le monde, l’inquiétude grandit. 

Un virus inconnu sévit en Chine depuis la fin du mois de décembre. Selon les autorités, près de 200 cas seraient désormais recensés dans le pays, deux ont été observés en Thaïlande, un au Japon et un en Corée du Sud. Une troisième personne aurait succombé au virus, ce lundi 20 janvier. 

Le foyer de l’épidémie est vraisemblablement le marché de Wuhan, au centre de la Chine, spécialisé dans la vente de fruits de mer et poissons, où se trouvent aussi des oiseaux, serpents et lapins. Selon les autorités, toutes les personnes contaminées ont d’ailleurs en commun de s’être rendues dans l’agglomération de Wuhan ces dernières semaines. 

Un virus inconnu

Ce virus fait partie de la famille des coronavirus, qui compte par exemple dans ses rangs des choses assez courantes comme “les rhumes ou les maladies respiratoires”, détaille Christophe Batejat, responsable adjoint à la Cellule d’intervention biologique d’urgence de l’Institut Pasteur, mais aussi le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et le MERS (Middle East respiratory syndrome). “Les scientifiques ont pu isoler la séquence de ce virus : il s’agit d’un nouveau, qu’on ne connaît pas”, poursuit le spécialiste. 

Alors que le nouvel an lunaire approche, engendrant chaque année le déplacement de 10 millions de personnes à travers la Chine et dans le monde, la crainte d’une propagation à grande échelle commence à poindre. 

Transmission humaine

Pour le moment, on en connaît peu sur la transmission du virus. “Il est respiratoire, donc il y a sans doute une composante aérienne”, nous explique le spécialiste. “On suppose qu’il peut se transmettre d’humain à humain”, poursuit-il. Une information confirmée ce 20 janvier par un pneumologue à la télévision chinoise.

“Mais, a priori, la transmission se fait de manière plutôt limitée”, explique Christophe Batejat, citant l’exemple des soignants. Selon les informations officielles, ils n’ont pas été contaminés. Or, lorsqu’un nouveau virus apparaît, ils ne connaissent pas encore ses risques de transmission lors des premières prises en charge, ils sont donc généralement atteints. 

Des cas en augmentation

“On s’attend quand même à ce que le nombre de cas augmente encore pas mal”, précise le scientifique. Il tient cependant à relativiser. Non seulement la transmission ne semble pas si sévère, mais en plus, lors du nouvel an lunaire, la tradition implique de rendre visites à ses aïeux. “Il va donc d’abord y avoir une migration vers la Chine, avant un retour vers les autres pays du monde”, complète-t-il. 

Selon les scientifiques d’un centre de recherches de l’Imperial College (Londres), qui se sont appuyés sur les données disponibles au 12 janvier, le nombre de personnes contaminées aurait dépassé les 1700. Leur scénario le plus prudent faisait état de 190 cas. Un chiffre désormais officiellement atteint. “Ça montre que leur modélisation est plutôt bonne”, commente Christophe Batejat. 

Pour l’heure, les symptômes sont assez méconnus, d’autant que le gouvernement chinois ne distille les informations qu’au compte-goutte. “A priori, il s’agit d’un syndrome respiratoire assez classique de pneumopathie”, dévoile le scientifique. “Selon les informations qu’on a, ce virus n’est pas si féroce, mais il peut être mortel pour les personnes plus sensibles ou avec un système immunitaire plus fragile”, poursuit-il.

Des mesures pour rassurer

Alors que le président chinois, Xi Jinping, a demandé ce lundi 20 janvier une mobilisation nationale pour “enrayer résolument” la propagation du virus, certains pays ont déjà pris des mesures en ce sens. Les États-Unis filtrent depuis quelques jours les vols en provenance de Wuhan. La Thaïlande a, elle aussi, renforcé sa surveillance dans les aéroports.

Cependant, pour Christophe Batejat, “l’expérience a montré que le contrôle aux frontières dans les pays de destination n’est pas vraiment efficace”. D’ailleurs, le Japonais contaminé est passé sous les radars simplement parce qu’il avait pris un paracétamol qui a eu pour effet de faire tomber sa fièvre. “Ce sont surtout des mesures pour rassurer la population”, conclut-il. Pas certain que cela suffise.

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