"Certains clients viennent quasiment tous les jours" : le désarroi d'une employée de supermarché face à l'attitude des clients

Comme les éboueurs et bien d'autres, les employés de supermarché doivent continuer à travailler "normalement" pendant la crise sanitaire...

Alors que des millions de Français sont confinés chez eux depuis le 17 mars, d'autres sont obligés de continuer à travailler "comme avant", pour faire tourner le pays. C'est le cas de Fanny, employée de supermarché, dont le quotidien est chamboulé par l'épidémie de Covid-19. Elle témoigne.

Eux n'auront ni médaille, ni augmentation. Et ils n'ont pas vraiment droit non plus aux applaudissements quotidiens des Français à 20h00. Pourtant, comme les éboueurs et bien d'autres, les employés de supermarchés doivent actuellement continuer à travailler "comme avant", pour permettre à la population de se nourrir. Enfin pas vraiment "comme avant" puisque depuis le 16 mars, veille de l'annonce du confinement, tout a changé pour ces "autres guerriers".

Concrètement, leur masse de travail a explosé. "Je n'avais jamais connu ça”, fait remarquer Fanny, 25 ans, employée dans un supermarché indépendant du 8e arrondissement de Marseille. “Il y a vraiment beaucoup plus de clients que d'habitude, et beaucoup moins de personnel".

Venir travailler est devenu une source d’angoisse

Pour de nombreux habitants du quartier, venir au supermarché est "une bonne excuse pour sortir", constate Fanny. "D'ailleurs certains clients viennent quasiment tous les jours". Et pour quelques employés, venir travailler est progressivement devenu source d'angoisses. "Après l'afflux dingue du 16 mars, dernier jour avant le confinement, certains d'entre-nous ont préféré arrêter, sûrement à cause du fait qu'il y avait trop de travail et que c'était trop anxiogène".

"On nous matraque à longueur de journée de rester confiné, et nous, au magasin, on croise beaucoup plus de personnes que d'habitude"

Fanny les comprend. "On nous matraque à longueur de journée de rester confiné, et nous, au magasin, on croise beaucoup plus de personnes que d'habitude". Dans ce contexte, après 3 premiers jours "très stressants", et "sans protection", il a fallu faire appel au système D. "Comme partout, on a fait face à une pénurie de masques et de gels hydroalcooliques, donc on s'est débrouillé tout seul. Par exemple, on a obtenu des masques grâce notamment à des clients infirmiers et on a réussi à fabriquer du gel nous-mêmes".

Contrairement à Auchan ou d'autres grands groupes, son supermarché n'a par contre pas eu les moyens de "faire fabriquer des plexiglas en 5 jours pour protéger les caisses". La direction a également fait le choix de ne pas interdire les paiements en espèces. Du coup lorsqu'elle est à la caisse, Fanny essaye de "toujours porter des gants" et d'appliquer du gel sur ses mains "entre chaque client". "J'essaie de ne pas penser aux risques que je prends", confie-t-elle.

"Certains clients angoissés nous reprochent de ne pas faire assez de contrôles"

Si son supermarché a installé de nombreux affichages pour inciter à respecter les règles, et que des bouts de scotch ont été posés au sol pour délimiter la distanciation physique d'un mètre, “certains clients semblent très angoissés” et “font régulièrement des reproches aux employés”, guettant le moindre faux-pas sécuritaire.

"Lorsque l'un d'entre nous enlève temporairement son masque, les clients, paniqués, nous le font remarquer”, détaille Fanny. “Dans les rayons, il y a parfois des gens qui ne respectent pas forcément la distance de sécurité, et certains clients nous reprochent de ne pas assez contrôler. Mais vu qu'on est en sous-effectif, on ne peut pas être partout à la fois".

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