TOUT COMPRENDRE - États-Unis: en quoi consistent les midterms qui se tiennent le 8 novembre?

TOUT COMPRENDRE - États-Unis: en quoi consistent les midterms qui se tiennent le 8 novembre?
Un panneau indiquant un bureau de vote aux États-Unis  - MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Un panneau indiquant un bureau de vote aux États-Unis - MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

C'est un rendez-vous immuable de la vie politique américaine. Ce mardi, deux ans après les élections présidentielles aux États-Unis, les électeurs américains sont de nouveau appelés aux urnes dans le cadre des midterms, comprendre les élections de mi-mandat, un scrutin au cours duquel seront entre autres désignés les membres du Congrès.

BFMTV.com fait le point sur le fonctionnement et les enjeux de cette élection si particulière, qui pourrait priver l'actuel président Joe Biden de toute liberté d'appliquer son programme politique d'ici la fin de son mandat en cas de victoire des Républicains.

• Qui élit-on au cours des midterms?

Le président américain ne figurera pas sur le bulletin de vote cet automne. Comme c'est le cas tous les deux ans, l'ensemble des 435 sièges de la Chambre américaine des représentants sont remis en jeu.

En revanche, au Sénat, qui compte 100 élus, les mandats durent six ans. Plus d'un tiers seront renouvelés le 8 novembre: 35 sièges. Les nouveaux élus entameront leur mandat le 3 janvier 2023.

Les Américains éliront également certains de leurs gouverneurs et toute une série d'élus locaux, qui décident des politiques de leur État en matière d'avortement, de régulation environnementale, etc.

• Quels sont les enjeux du scrutin?

L'impact de ces scrutins pourrait être déterminant dans l'ensemble du pays pour les deux années à venir. À l'heure actuelle, les Démocrates ont un contrôle ténu du Congrès. À la chambre des représentants, ils ne disposent que de huit sièges d'avance tandis que Kamala Harris, la vice-présidente, a dû faire jouer son "101e" vote afin de donner à son camp le contrôle du Sénat, où l'égalité était parfaite avec 50 sièges des deux côtés.

Seulement, si l'une de ces deux chambres venait à tomber dans l'escarcelle républicaine, ceux-ci pourraient alors fortement freiner la marge d'action de Joe Biden et de son gouvernement. Dans le cas où ils s'empareraient de la chambre des représentants, les Républicains auraient la possibilité de bloquer différents textes de lois. Les actions du président seraient limitées à la politique étrangère et militaire.

Côté Sénat, le parti majoritaire dispose d'un droit de blocage législatif total, comme pour la Chambre des représentants. Il a également un rôle primordial dans la nomination des juges de la Cour Suprême, centre névralgique du pouvoir américain.

Les enjeux sont capitaux et Joe Biden ne s'y trompe pas. Ces dernières semaines, l'homme fort de la Maison Blanche a imploré les Américains de lui confier des majorités suffisantes pour contourner des règles parlementaires qui l'empêchent actuellement de légaliser l'avortement sur tout le territoire ou d'interdire les fusils d'assaut.

Détail important à prendre en compte quelques jours avant le scrutin, cette majorité parlementaire permet également l'ouverture d'enquêtes parlementaires, comme les Démocrates l'avaient fait à l'encontre de Donald Trump.

En réponse, les candidats du "Grand Old Party" ont promis d'ouvrir des investigations sur Joe Biden, son conseiller sur la pandémie Anthony Fauci et son ministre de la Justice Merrick Garland. Ils prévoient également d'enterrer les travaux de la commission enquêtant sur l'attaque contre le Congrès américain menée par des partisans de Donald Trump.

En filigrane, ce vote est également un test grandeur nature pour l'avenir politique de Donald Trump, qui s'est jeté à corps perdu dans la campagne, multipliant les meetings à travers le pays. Pour ces deux hommes, qui flirtent avec une candidature à l'élection de 2024, le résultat pourrait faire figure de couperet, stoppant l'élan de l'un ou, au contraire, accélérant celui de l'autre.

• Que disent les sondages?

Début octobre, selon les enquêtes d'opinion, l'opposition républicaine a de grandes chances de s'emparer d'au moins 10 à 20 sièges à la Chambre des représentants, assez pour y être majoritaire. À date, selon le site FiveThirtyEight, les Républicains ont 84% de chances de s'emparer de la chambre basse. Dans le détail, ils pourraient obtenir entre 230 et 250 sièges, ce qui leur offrirait la majorité.

En revanche, le scrutin s'annonce bien plus serré en ce qui concerne le Sénat. Si les Démocrates espèrent y conserver leur courte majorité, les mêmes sondeurs estiment que l'opposition a 52% de s'emparer de la chambre haute et d'obtenir entre 21 et 23 sièges lors de l'élection. Si ces pronostics venaient à se réaliser, le revers serait alors total pour Joe Biden.

Comme le souligne le Huffington Post, plusieurs sénateurs démocrates pourraient se voir défaits, notamment ceux de Géorgie et du Nevada. La victoire dans l'un de ces États suffirait alors à donner la chambre haute à l'opposition.

Toujours selon FiveThirtyEight, les Républicains auraient 52% de chances de remporter les deux chambres, un chiffre qui baisse à moins d'1% pour une double victoire démocrate. Mais, illustration d'une élection serrée, les Démocrates ont 33% de remporter au moins le Sénat.

• Que s'est-il passé en 2018?

Il est de coutume de dire que les midterms sont un moyen de punir le président en poste. Or, selon l'agrégateur de sondages RealClearPolitics, de plus en plus d'Américains sont mécontents de l'action de Joe Biden à la tête du pays. Dernière enquête en date, celle de l'institut Quinnipac, qui fait part d'une augmentation 17 points des mécontents.

Une hypothèse qui s'est vérifiée en 2018, lorsque les Démocrates avaient pris possession de la Chambres des représentants en occupant au moins 218 de ses 435 sièges tandis que les Républicains conservaient le Sénat avec 51 sièges. Malgré ce résultat mitigé, Donald Trump avait revendiqué un immense succès électoral et remercié ses partisans.

Article original publié sur BFMTV.com