Au Pérou, le gouvernement décrète l’état d’urgence pour les trente jours à venir

PHOTO KLEBHER VASQUEZ/Anadolu Agency via AFP

Samedi 14 janvier, le gouvernement péruvien a décrété l’état d’urgence à Lima et dans plusieurs autres régions du pays, notamment les départements de Cuzco et Puno, à dater du 15 janvier. Le décret publié dans le journal El Peruano précise que la mesure restera en vigueur durant trente jours. Elle suspend plusieurs droits constitutionnels, notamment la liberté de circulation et de réunion ainsi que l’inviolabilité du domicile. L’armée est autorisée à intervenir pour maintenir l’ordre.

Cinq autoroutes sont également concernées par le décret. Samedi 14 janvier, plus d’une centaine de barrages bloquaient la circulation dans le pays, principalement dans le sud et autour de Lima. En tout, une trentaine de provinces étaient paralysées par les manifestations contre le gouvernement de Dina Boluarte, qui a succédé début décembre à Pedro Castillo, accusé d’avoir tenté un coup d’État, rapporte le portail argentin d’information Infobae.

Depuis le début des manifestations, au moins 41 manifestants sont morts au Pérou dans les affrontements avec les forces de l’ordre tandis que sept autres personnes ont perdu la vie notamment dans des accidents de la circulation liés aux manifestations, rappelle Infobae.

“Nous ne sommes plus en démocratie !”

À Juliaca, sur les hauts plateaux du sud du pays, on a déploré lundi 9 janvier la mort de dix-sept manifestants. “Un vrai film d’horreur”, rapporte le journaliste Renzo Gómez Vega dans un reportage publié par El País. Sur cinquante-deux blessés, trois sont encore dans le coma. Le lendemain, un jeune policier a été tué par la foule.

“Pour la première fois depuis le début des troubles, les médias ont cessé de détailler les dégâts collatéraux (combien de millions perdus chaque jour à cause des barrages routiers, quelles conséquences sur le tourisme, les mines à l’arrêt) pour s’intéresser aux morts. Surtout au dernier en date”, écrit Renzo Gómez Vega.

Au milieu de la semaine, la tragédie s’est transportée à Cuzco : trente blessés et un mort – le leader d’une organisation paysanne, abattu d’une balle en pleine poitrine. “Nous ne sommes plus en démocratie, déclare Josue Marocho, président de l’assemblée régionale des jeunes de Cuzco. La démocratie n’est plus qu’un paravent pour justifier les meurtres.”

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