Au Brésil, Lula crée la surprise en limogeant le chef de l’armée de terre

RICARDO STUCKERT / AFP

C’est une décision qui a pris par surprise les généraux brésiliens, raconte O Globo. Le président brésilien Lula a limogé samedi 21 janvier le chef de l’armée de terre Julio César de Arruda, deux semaines après les attaques contre des centres du pouvoir à Brasília. Il sera remplacé par le général Tomas Ribeiro Paiva, 62 ans, commandant militaire du sud-est depuis 2021, selon des sources à la présidence.

Arruda dirigeait l’armée de terre par intérim depuis le 30 décembre, deux jours avant la fin du mandat du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Il y avait été confirmé début janvier par la nouvelle administration de Lula.

Si son limogeage a surpris les militaires, “c’est principalement parce que cette décision a été prise un jour après une rencontre” entre le commandement des forces brésiliennes et le parti au pouvoir “au Palais du Planalto”, au cours de laquelle “la conversation avait été positive”, note O Globo.

“Manque d’alignement”

“Lula avait publiquement exprimé sa méfiance à l’égard de l’armée après les événements du 8 janvier mais des conseillers avaient déclaré qu’il ne limogerait pas le général avant la fin des enquêtes pour éviter d’aggraver les tensions entre l’exécutif et les forces armées”, rappelle de son côté le Washington Post.

Le ministre de la Défense brésilien José Múcio a déclaré samedi à des journalistes que les émeutes du 8 janvier avaient provoqué “une fracture de confiance” entre le gouvernement et l’armée de terre. L’exécutif a alors décidé qu’un “changement était nécessaire”.

Selon O Globo, le remplacement du chef de l’armée de terre est lié “à un manque d’alignement du général avec Lula et au comportement des militaires face aux campements antidémocratiques” de bolsonaristes “installés devant l’état-major de l’armée, à Brasília”. Des membres du gouvernement estiment en effet qu’Arruda aurait retardé l’évacuation de la caserne et, qu’après l’invasion du siège des centres du pouvoir, il se serait montré “résistant à pacifier les relations” entre le président et l’armée.

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