Accusée de faire l'apologie des rodéos urbains, la réalisatrice de "Rodéo" s'explique

Lola Quivoron, réalisatrice du film
Lola Quivoron, réalisatrice du film

Lola Quivoron sort du silence. Alors que son premier long-métrage Rodéo, dans le milieu du cross bitume se dote d'une bande-annonce, la réalisatrice de 33 ans revient dans les colonnes du Parisien, sur ses propos qui avaient fait polémique, en mai dernier, lors de la projection de son film au Festival de Cannes.

Dans le cadre de la promotion de son long-métrage, présenté sur la Croisette dans la catégorie "Un certain Regard", Lola Quivoron avait évoqué en interview les accidents liés aux rodéos urbains, ces courses illégales de deux-roues ou de quads, auxquels est souvent assimilé le cross bitume, pointant la responsabilité des forces de l’ordre.

"Les accidents sont souvent causés par les flics qui prennent en chasse et qui poussent les riders vers la mort", avait-elle déclaré à Konbini.

"Salves d'insultes quotidiennes"

Lola Quivoron explique avoir reçu, à la suite de ces propos, de nombreux messages accusateurs notamment de la part d'élus locaux mais aussi de syndicats de police. "Cette phrase sortie de son contexte, a généré beaucoup d’incompréhension et de violence. Violence reçue par la police qui s’est sentie visée. Violence reçue par les familles des victimes causées par les accidents sur la voie publique. Violence que j’ai moi-même reçue à travers des salves d’insultes quotidiennes", évoque-t-elle.

La réalisatrice assure que ses déclarations ont été tronquées: "les journalistes m’interrogent sur le cross bitume en effaçant leurs questions. Ma phrase [...] volontairement érigée en slogan, a été totalement tronçonnée, saucissonnée et recomposée."

"Mes propos ont été caricaturés, surinterprétés, extrapolés au fil des articles et des plateaux TV par des journalistes, qui n’avaient eux-mêmes pas vu mon film", ajoute-t-elle.

"Une pratique marginale"

Dans son interview au Parisien, Lola Quivoron appelle "à la pacification des débats" autour des rodéos urbains et assure que les bavures policières ne sont pas le sujet de son film, qui dresse le portrait d'une bande de motards adepte de la "bike life".

"On a très vite associé mon film aux rodéos sauvages, terme qui qualifie une pratique marginale, dangereuse, qui a lieu sur la voie publique, au milieu des voitures et des piétons. Or je ne mets en scène aucun rodéo urbain. On ne voit pas de riders rouler en ville dans mon film, pas non plus de course-poursuite avec la police qui n’apparaît jamais", précise-t-elle.

Si le sujet "éveille les réactions" et "génère beaucoup d'a priori" c'est parce que cet univers est encore méconnu, estime la réalisatrice. "Il y a un refus d’admettre la part culturelle du cross bitume, qui se développe comme un véritable mouvement alternatif urbain populaire, tels que le skateboard et le graffiti, d’autres pratiques criminalisées en leur temps", indique-t-elle.

Lors de sa présentation au Festival de Cannes, Rodéo a été récompensé par le prix Coup de cœur du jury dans la catégorie "Un certain Regard". Il sortira en salles le 7 septembre prochain.

Article original publié sur BFMTV.com

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