Publicité

À 3 mois des Européennes, qui sont les principaux candidats au Parlement européen?

Huit têtes de liste se détachent de la vingtaine de candidats qui se présentent aux élections européennes de 2024.

Du Rassemblement national en tête dans les sondages au parti animaliste, voici les principaux candidats:

  • Jordan Bardella, le médiatique

À 28 ans, Jordan Bardella est pour la 2e fois consécutive tête de liste du Rassemblement national. Au Parlement européen, il a été pendant 5 ans vice-président du groupe nationaliste Identité et démocratie. Ex-directeur du mouvement de jeunesse du RN, il est devenu président du parti à la place de Marine Le Pen en 2021.

Figure très médiatique, il a lancé sa campagne en grande pompe à Marseille dimanche 3 mars, sans la présence du drapeau européen et avec le slogan "La France revient, l'Europe revit!". Avec les thèmes de "l'effacement de la France" et de l'immigration en tête de son programme.

Se défendant de vouloir un "Frexit caché", Jordan Bardella promeut dans son programme une sorte d’Europe à la carte dans laquelle les États auraient tout le loisir de participer ou non à des "coopérations" et un pacte migratoire à l'instar du "Green Deal'" européen.

  • Valérie Hayer, la rigoureuse

À 37 ans, l'eurodéputée sortante mène la liste Renaissance, MoDem, Horizons sous le slogan “Besoin d’Europe”. Au Parlement de Strasbourg depuis 2019, elle se distingue par son expertise budgétaire au sein de l'Union européenne. Elle a ainsi été rapporteure sur des dossiers tels que le cadre financier pluriannuel 2021-2027, le plan de relance européen et les ressources propres de l’Union européenne. Elle a été élue Française la plus influente à Strasbourg, selon le baromètre Matrix de 2024.

En janvier 2024, avec l’entrée de son prédécesseur Stéphane Séjourné au gouvernement de Gabriel Attal, elle a pris la tête du groupe centriste Renew dont fait partie la coalition de la majorité. Fille, petite-fille et sœur d'agriculteurs, diplômée en droit public, ancienne vice-présidente du Conseil départemental de la Mayenne, Valérie Hayer, issue du parti centriste UDI, est également censée comprendre les problématiques agricoles.

Sa campagne va se concentrer sur l'intégration européenne et la solidarité économique. Son programme va se préciser ce samedi lors du lancement à Lille.

  • Raphaël Glucksmann, porte-parole des droits de l'Homme

Âgé de 43 ans, cet essayiste et eurodéputé n'a pas attendu que les partis de gauche modérée se rassemblent derrière lui pour lancer sa campagne. Il s'est officiellement présenté candidat de son parti Place publique. Le Parti socialiste (PS) s'est finalement rallié derrière lui.

Sa liste socialiste qui rassemblait en 2019 le Parti socialiste (PS), Nouvelle Donne (ND), le Parti radical de gauche (PRG) et Place publique avait obtenu 6,2 % des suffrages et 6 sièges en 2019. À Strasbourg, Raphaël Glucksmann s’est particulièrement distingué par son travail sur les questions de droits de l’Homme, notamment en tant que vice-président de la sous-commission consacrée à ce sujet. Il a également présidé la commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne.

Ces derniers mois, il s'est largement investi dans le soutien à l'Ukraine, la défense des Ouighours, la dénonciation de l'invasion russe et des persécutions chinoises. Les questions géopolitiques seront centrales dans son programme.

  • Manon Aubry, le libre-échange dans le viseur

Tête de liste La France insoumise à 34 ans, Manon Aubry fait campagne pour un deuxième mandat d'eurodéputée. Ces derniers mois, ses tentatives pour constituer une liste commune avec les autres formations de gauche partenaires de la Nupes ont échoué, malgré sa proposition de laisser à EELV le choix du candidat principal.

Pendant ces cinq dernières années à Strasbourg, l’ancienne porte-parole de l’ONG Oxfam s’est peu à peu imposée comme une figure du Parlement. Co-dirigeante du groupe de la Gauche (GUE/NGL), elle prend régulièrement position sur les sujets de libre-échange, de protection des travailleurs d'Amazon en passant par les dossiers géopolitiques et de corruption.

La lutte contre les inégalités, pour l'imposition des multinationales et l'accélération de la transition écologique sont au centre de son investissement pour juin prochain.

  • François-Xavier Bellamy, le philosophe

À 38 ans, ce professeur de philosophie et eurodéputé sortant représente Les Républicains pour le 9 juin prochain. Selon son souhait et en l’absence de grande figure de droite pour prendre la tête de cette liste, le choix de le reconduire s’est imposé. Le parti d'Éric Ciotti garde en tête le faible score de 2019: 8,48%.

Au Parlement, il s'est illustré depuis 2019 sur les sujets allant de la guerre en Ukraine au pacte migratoire, en passant par l’agriculture ou le nucléaire.

Pendant sa campagne, ce conservateur insiste sur l'agriculture, soutenue par sa numéro 2 sur la liste, Céline Imart, porte-parole médiatique d'Intercéréales. L'éducation et la culture européennes font également partie de ses combats.

  • Marie Toussaint, la militante de l'"Affaire du Siècle"

Cette militante EELV de 36 ans a d'abord été numéro 4 sur la liste de Yannick Jadot en 2019, avant de prendre la tête des écologistes pour 2024. La pression est grande pour Marie Toussaint: tous les Verts ont en effet encore en mémoire le score surprise de 13,5 % d'il y a cinq ans. Pour cette édition, les sujets écologiques ne sont plus en tête des préoccupations des votants et passent derrière la lutte contre l’inflation et devant l’immigration, selon le sondage Elabe pour BFMTV publié le 10 février.

Depuis bientôt deux ans, la candidate est vice-présidente du groupe écologiste européen (Verts/ALE) à Strasbourg. Méconnue du grand public, elle s’est imposée sur la scène militante en 2019 avec "L’affaire du siècle". Cette opération a assigné l’État en justice pour lui enjoindre de respecter ses engagements en faveur du climat et a été encouragée par plus de 2 millions de signatures citoyennes. En 2021, la France a été condamnée par le Conseil d’État pour inaction climatique.

Une Europe verte et la justice climatique sont les thèmes centraux de sa campagne lancée parmi les premières, en décembre dernier.

  • Marion Maréchal, la candidate d'Éric Zemmour

Petite-fille de Jean-Marie Le Pen, nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal a été désignée à 33 ans candidate de Reconquête, le parti d'Éric Zemmour. Ex-députée FN en 2012, alors âgée de 22 ans, elle rejoint ensuite le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Après un retrait de la vie politique en 2017, elle soutient le chroniqueur d’extrême droite Éric Zemmour à la présidentielle de 2022 et devient vice-présidente exécutive du parti Reconquête.

Aux législatives de 2022, dans le Vaucluse sur la liste menée par Stanislas Rigault elle perd face au RN. Ces élections européennes sont une façon pour elle de récupérer un mandat politique.

Son programme s'annonce d'ores et déjà comme un référendum sur l’immigration, avec la défense des traditions conservatrices et identitaires en étendard.

  • Léon Deffontaines, l'œil de Fabien Roussel

Âgé de 27 ans, l'ex-secrétaire général des Jeunes communistes, Léon Deffontaines, assume une candidature "anti-Bardella". Amiénois, d'une mère psychologue et d'un père ancien fleuriste, il fait lui aussi le pari de la jeunesse. Et compte bien tabler sur son image de jeune homme ordinaire.

Porte-parole de Fabien Roussel à la présidentielle de 2022, il est resté très proche de l'ancien candidat à l'Élysée, omniprésent dans sa campagne. Peu connu du grand public, Léon Deffontaines compte bien rester dans la droite ligne de la stratégie médiatique de son mentor. À coups de punchlines, il a l’objectif délicat d’améliorer le score du PCF. En 2019, ce dernier n'avait recueilli que 2,49% des voix.

Le jeune candidat entend s'adresser aux territoires qui ont voté "non" au référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Sa campagne a comme objectifs la réorientation de la politique européenne vers les questions sociales et la lutte contre la progression des idées d'extrême droite.

  • Hélène Thouy, la surprise de 2019

Pour la deuxième fois consécutive, cette avocate de 36 ans et cofondatrice du Parti animaliste mène son parti aux élections européennes. En 2019, elle avait créé la surprise en recueillant 2,2% des voix. Sans envoyer d'élus au Parlement européen, elle a imposé le thème du bien-être animal dans la précédente campagne.

Elle défendra à nouveau pour ce scrutin 2024 les droits des animaux. Avec l’abolition de la corrida et l’amélioration des conditions d’élevage en tête de programme. Sa campagne a officiellement été lancée le 2 décembre dernier lors de son congrès à Lille.

Mise à jour: Le candidat Nicolas Dupont-Aignan a annoncé mardi 26 mars sur Cnews-Europe1 qu'il renonçait "après mûre réflexion" à présenter une liste aux élections européennes du 9 juin.

Article original publié sur BFMTV.com