Young Thug jugé pour crime organisé : ce qu’il faut savoir du procès

(FILES) In this file photo taken on December 02, 2018, US rapper Young Thug attends at the Versace Pre-Fall 2019 Runway Show in New York City. - A rap vanguard essential to the Atlanta scene that's for years been the genre's nerve center, Young Thug is one of contemporary hip hop's most famous, most idiosyncratic figures. Starting January 9, 2023, the rapper, who maintains he is innocent, is among 14 defendants set to stand in the wide-ranging trial expected to last at least six months. (Photo by Angela Weiss / AFP)

JUSTICE - Le rappeur Young Thug est-il membre d’un gang ? Son label musical sert-il de façade à des activités criminelles ? Et les paroles de ses chansons constituent-elles des preuves pouvant être retenues contre lui ? Le procès de cette figure du hip-hop jugée avec 13 autres personnes a commencé, ce lundi 9 janvier, à Atlanta par une très longue sélection du jury.

Il faudra peut-être des semaines avant que les parties ne s’entendent sur des jurés, pour un procès qui pourrait durer une bonne partie de l’année.

Young Thug, originaire d’Atlanta, et ses coaccusés ont été inculpés au printemps par un grand jury de l’État de Géorgie pour leur appartenance présumée à une branche du gang des « Bloods » identifiée comme « Young Slime Life », ou YSL. Des initiales qui correspondent à celles de son label fondé en 2016, Young Stoner Life Records.

Une figure de la trap

Les quatorze protagonistes sont jugés pour association de malfaiteurs en vue d’extorsions de fonds. À l’appui de cette accusation : des faits présumés de meurtres, trafic de drogue, vols de voiture avec violence... Young Thug, lui, est jugé pour association de malfaiteurs et participation aux activités criminelles d’un gang de rue.

Son arrestation au mois de mai 2022 a été un choc pour l’influente scène hip-hop d’Atlanta, dont le rappeur de 31 ans, qui a collaboré avec les plus grands noms du genre, est une figure. Jeffery Williams, son vrai nom, a grandi dans les quartiers pauvres d’Atlanta. Comme 2 Chainz, il avait tapé dans l’œil de Gucci Mane, qui l’a signé en 2013. Ses singles Stoner et Danny Glover lui ont ensuite apporté la célébrité.

Tatoué jusqu’au visage, il est connu pour son style psychédélique et flamboyant, et ses rimes teintées de craquements de voix en font l’un des meilleurs représentants du courant trap.

Des paroles comme preuves ?

L’affaire est emblématique parce que les procureurs ont utilisé comme preuves des paroles de certaines chansons de Young Thug, celles d’un autre rappeur, Gunna - qui a plaidé coupable -, ainsi que les vers d’une chanson posthume de Juice WRLD, mort en 2019 d’une overdose. « Si vous décidez d’admettre un crime sur un beat, je vais m’en servir », avait assuré la procureure, Fani Willis, lors de l’instruction.

Ce n’est pas la première fois que des vers de hip-hop atterrissent dans une salle d’audience. La défense, qui insiste sur le fait qu’YSL n’est rien d’autre qu’un label artistique, a cité comme témoin un spécialiste du sujet, le professeur à l’université de Richmond, Erik Nielson.

Dans son livre Rap on trial : Race, Lyrics, and Guilt in America sorti en 2019, ce dernier indique que les tribunaux utilisent fréquemment cette méthode controversée : sortir des morceaux de textes artistiques de leur contexte pour appuyer des poursuites criminelles et condamner des rappeurs ou artistes en herbe, le plus souvent afro-américains.

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