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Xavier Dupont de Ligonnès: le procureur de Nantes répond à la version "sans crédit" de sa sœur

Une thèse qui ne tient pas, selon la justice. Le procureur de la République de Nantes Renaud Gaudeul a répondu ce jeudi 21 mars via un communiqué à la version défendue par la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès, Christine, concernant la mort de l'épouse et des quatre enfants du père de famille en 2011.

Le procureur rappelle que la théorie selon laquelle toute la famille serait encore en vie, défendue par Christine dans livre Xavier, mon frère présumé innocent paru mi-mars, ne s'appuie sur aucun élément juridique.

Christine Dupont de Ligonnès a soutenu début mars, lors d'une interview sur France 2 pour promouvoir son livre, que son frère Xavier, disparu depuis 2011, était encore "vivant" et a affirmé que les corps retrouvés enterrés sous la terrasse familiale à Nantes, en Loire-Atlantique, n'étaient pas ceux de la famille, évoquant une "mise en scène".

• Une version sans "aucun crédit"

Le procureur de Nantes évoque dans le communiqué les propos de Christine Dupont de Ligonnès et souligne que "rien ne permet de donner judiciairement du crédit à cette version".

Il souligne que, dans le cas où cette théorie serait vraie, cela impliquerait "la falsification d'actes judiciaires non seulement par des enquêteurs, mais également par les experts ayant procédé aux autopsies et aux analyses d'identification par empreintes génétiques, lesquelles ont été réalisées à partir de prélèvements musculaires opérés sur les corps découverts". Un scénario hautement improbable et rejeté en bloc par le procureur.

L'avocat de Christine Dupont de Ligonnès, Me Stéphane Goldenstein avait déjà reconnu sur BFMTV que sa cliente était probablement dans le "déni". "C'est difficile de la croire lorsqu'elle conteste des vérités scientifiques tirées de l'ADN et des corps, et de l'existence des corps même. Où a-t-on pu trouver cinq corps de remplacement?", arguait-il.

• Les investigations toujours en cours

Le procureur Renaud Gaudeul répond par ailleurs à certains médias qui ont assuré que l'instruction sur cette affaire était soit achevée, soit qu'elle allait être prochainement fermée.

"Cette affaire est toujours en cours d'instruction au pôle criminel de Nantes" plus de 10 ans après les faits, assure Renaud Gaudeul qui précise que "1.750 signalements" ont été "reçus et exploités" sans succès.

"Contrairement à ce qui a pu être publié, une clôture prochaine des investigations n'est pas aujourd'hui à l'ordre du jour", soutient-il encore.

Des "enquêteurs de la Direction interdépartementale de la police nationale à Nantes", mais aussi de "l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP)" et de "la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF)" continuent bien leur travail "sous l'égide d'un magistrat instructeur nantais" pour "localiser Xavier DUPONT DE LIGONNES", assure le procureur.

• Pas de demande d'audition de sa part

Le procureur souligne, en outre, que si Christine Dupont de Ligonnès a accordé de nombreuses interviews en amont de la parution de son livre, elle n'a "jamais demandé à être entendue par le magistrat instructeur".

Elle n'a pas non plus "formé de demande d'actes d'investigation supplémentaires, ni par elle-même, ni par le truchement de son avocat", note-t-il. La sœur de Xavier Dupont de Ligonnès est partie civile dans cette affaire.

Le procureur souligne par ailleurs que "les enquêteurs qui ont travaillé et travaillent encore sur ce dossier", ainsi que la famille d'Agnès Dupont de Ligonnès, épouse de Xavier, retrouvée morte en 2011, ont été "heurtés" par les sorties récentes de Christine Dupont de Ligonnès.

Philippe Cussac, commissaire central de Nantes en 2011 lorsque s'est déroulée l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès, avait déjà dénoncé le 16 mars les propos de sa sœur, l'accusant d'être dans le "déni".

Article original publié sur BFMTV.com