Vosges: une quatrième plainte pour homicide involontaire contre l'hôpital de Remiremont

Le centre hospitalier de Remiremont dans les Vosges. - Capture d'écran - Google Street View
Le centre hospitalier de Remiremont dans les Vosges. - Capture d'écran - Google Street View

Les dossiers s'accumulent contre l'hôpital de Remiremont, dans les Vosges. Ce mercredi, une nouvelle famille annonce son intention de déposer plainte pour "homicide involontaire" après le décès inexpliqué d'un parent dans le centre hospitalier, a appris BFMTV, confirmant une information de France info. L'établissement de santé est désormais visé par cinq plaintes dont quatre pour "homicide involontaire".

Le 5 décembre 2018, l'épouse de Silvio Zanin est prise en charge par les urgences pour de violentes douleurs dans le bas ventre. Un médecin diagnostique à Claudette une pancréatite aigüe qui nécessite son hospitalisation et son suivi par un cancérologue. Contre toute attente, la femme de 51 ans meurt d'un arrêt cardiaque trois jours après son admission à l'hôpital de Remiremont. Quelles sont les raisons qui ont conduit à ce décès?

Silvio Zanin s'interroge sur la prise en charge de son épouse qui comportent, selon lui, de nombreuses incohérences, avec un diagnostic minimisé. Durant son sejour à l'hôpital, la tension et la fréquence cardiaque de la patiente étaient par exemple élevées alors que Claudette est alitée. Ses proches se demandent si son traitement pour la tension arterielle lui a bien été administré.

"Il était complètement perdu"

La famille Zanin pointe un manque de moyens et de personnel dans cet hôpital et affirme ne jamais avoir vu de médecin durant le séjour de Claudette. Après le décès, aucun médecin, selon Silvio Zanin, n'aurait été en mesure de donner l'heure exacte de la mort, ni d'en expliquer les raisons.

"Le médecin qui s'est occupé de ma femme s'est mis à pleurer en me disant: 'Je ne sais pas, je ne sais plus'. ll était complètement perdu", explique-t-il à France info.

L'avocate de Silvio Zanin, Me Nancy Risacher, indique à BFMTV.com que la plainte pour homicide involontaire sera déposée dans le courant de la semaine. Elle s'ajoutera ainsi aux trois dossiers précédents déjà en cours, que nous annoncions mi-décembre.

La première plainte pour homicide involontaire contre l'hôpital remonte au mois de mai 2022: Jean-Bernard Rouillon a engagé une procédure après le décès inexpliqué de son épouse de 59 ans qu'il impute, lui aussi, à une négligence des équipes médicales, nous exlique-t-il.

"Des similitudes troublantes"

Le 9 novembre, la famille Souque s'engage à son tour dans la procédure judiciaire après la mort de Martine, 67 ans. La sexagénaire a été admise l'été dernier à l'hôpital après s'être cassé le fémur. Mais quelques jours après son opération, la patiente, pourtant en bonne santé, meurt sans explications.

"On est tombé des nues car on est passé d'une situation où il n'y avait rien de grave à une dégradation subite et inexpliquée", expliquait fin novembre à BFMTV.com Angélique, la fille de la victime.

Quand la famille essaye de comprendre ce qui est arrivé à Martine Souque, elle se heurte à un mur: "Des décès on en a tous les jours, on n'en connaît pas toujours la cause", lui aurait-on dit. L'incompréhension est la même du côté d'Azidine qui a appris le décès de sa maman en juillet après une opération bénigne au genou. Il a lui aussi décidé de déposer plainte, le 7 décembre dernier.

Les similitudes entre ces affaires sont "très troublantes", réagit Me Nancy Risacher. "Est-ce-que l'hôpital a commis des erreurs car il manque de personnel et de moyens, ou est-ce qu’il s'agit d'une incompétence notoire?", interroge-t-elle.

D'autres plaintes à venir?

"Hélas, ce n'est pas fini", nous glisse ce mercredi l'avocate qui est en train d'étudier les dossiers d'autres familles pour des faits similaires et qui pourraient à leur tour décider de déposer plainte.

"D'un côté, les langues se délient, c'est une bonne chose, mais de l'autre, ce déferlement de victimes potentielles est glaçant", commente Me Risacher.

En parallèle de ces quatre procédures pour homicide involontaire, une cinquième plainte vise ce même centre hospitalier, cette fois-ci pour une erreur de diagnostic. "Mon client s'est fracturé dix côtes sans que cela ne soit relevé lors du scanner effectué par l'hôpital de Remiremont. Une erreur dont il subit à ce jour les conséquences, notamment au niveau des poumons", souligne l'avocate.

Contacté début décembre par BFMTV.com, le directeur de l'hôpital, Dominique Chauveau, reconnaît "des erreurs de communication" avec les familles des victimes. Auprès de nos confrères de France info, il ajoute: "D'un point de vue médical, rien ne nous permet d'analyser une faute quelconque du service public hospitalier."

Article original publié sur BFMTV.com