Volkswagen va introduire Porsche en Bourse malgré la crise

photo RINGO CHIU/REUTERS

La crise, quelle crise ? Volkswagen prépare “l’une des plus grandes introductions en Bourse de ces dix dernières années en Europe”, celle de sa filiale de voitures de sport Porsche, et ce “malgré les turbulences sur les marchés financiers”, rapporte Die Zeit.

Après “plusieurs heures de délibérations” du directoire et l’accord du conseil de surveillance lundi 5 septembre en soirée, le constructeur automobile allemand a décidé de “viser une introduction en Bourse des actions préférentielles [et sans droit de vote] de Porsche et leur cotation sur le marché de Francfort” pour fin septembre ou début octobre, détaille le site de l’hebdomadaire.

Un “moment historique”

Le président de Volkswagen et Porsche, Oliver Blume, “a parlé d’un moment historique” en évoquant cette vente d’actions de “sa filiale très rentable de Stuttgart”, note Handelsblatt. Porsche “pourrait être valorisé entre 60 et 80 milliards d’euros lors de l’opération”… alors que “la capitalisation boursière de l’ensemble du groupe Volkswagen s’élève à 86 milliards d’euros”.

De quoi “donner un élan sensible à la transformation de Volkswagen”, comme l’explique son directeur financier Arno Anlitz. “La vente des actions Porsche pourrait rapporter de 15 à 20 milliards d’euros à la maison mère”, traduit le quotidien économique.

Financer le passage à l’électrique

“Avec la vente de ses actions, Volkswagen veut avant tout financer sa transformation vers l’électromobilité”, résume la Süddeutsche Zeitung. La marque Porsche est “toujours aussi attractive” et contribue largement aux bénéfices du groupe, son chiffre d’affaires ayant progressé de 15 %, à 33 milliards d’euros, en 2021.

Le calcul de Volkswagen est cependant risqué, selon le quotidien du sud de l’Allemagne. D’abord parce que les marchés boursiers ces derniers temps “ont surtout baissé, en raison de la crise énergétique et de la guerre en Ukraine”, et que “les incertitudes quant à l’avenir de la conjoncture compte tenu de la pénurie de gaz et des coûts élevés de l’électricité sont grandes”. Sans oublier l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et les perspectives d’une “chute brutale de l’économie”. Le groupe automobile a fait savoir qu’une “annulation n’est envisageable qu’en cas de ‘situation géopolitique très grave’.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :